Ajuster sa posture face aux difficultés à expression comportementale

Niveau : 2nd degré  1er degré 
Types de besoins :
  • Structuration de la relation sociale

Description

Face à un élève ayant des difficultés à expression comportementale, des postures professionnelles sont à privilégier. Elles visent à maintenir un cadre bienveillant pour permettre à l’élève de comprendre et d’intégrer les enjeux du contexte scolaire.


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Adopter une posture de fermeté bienveillante

Mots clés : fermeté bienveillante.

L’élève perturbe parfois la classe, s’agite, fait du bruit, se lève, attire l’attention sur lui… Autant d’attitudes variées qui interrogent la posture de l’enseignant.

L’enseignant doit adopter une posture professionnelle de fermeté bienveillante. Face à l’élève qui tente d’instaurer une relation de « proximité » avec l’enseignant, celui-ci doit adopter une attitude adaptée : être attentif à la recherche d’exclusivité de la part de l’élève. Il peut ignorer (seulement) les comportements destinés à attirer son attention (plainte, chuchotement, prise de parole intempestive, rêvasserie) et interrompre son retrait d’attention dès que l’élève se comporte correctement. Il est nécessaire de refuser de jouer certains rôles (autoritarisme, père, copain, grand frère…) afin d’éviter de tomber dans l’affect, situation qui risque de fragiliser l’enseignant en cas de crise, toute sanction pouvant être associée à la personne de l’enseignant. Il est important de veiller à dépersonnaliser sa posture professionnelle. Ceci ne signifie pas une absence de relation à l’élève : celle-ci peut passer par un contact visuel fréquent, le choix d’une place à proximité du bureau du professeur, une attention particulière qui permettra de valoriser l’élève dans ses réussites tout en veillant à canaliser les moments potentiels de tension.

Utiliser un renforcement positif

Mots clés : bienveillance et exigence.

L’élève ayant des difficultés à expression comportementale peut avoir du mal à suivre en classe et à se conformer aux consignes. Il présente couramment une lenteur d’exécution ; il fait régulièrement des fautes d’inattention et ne termine pas toujours les travaux qui lui sont confiés. Les écrits sont souvent brouillons, peu ordonnés, pas toujours lisibles. L’enfant peut oublier son matériel ou l’égarer, quand il ne le détériore pas volontairement. Au total, le rendement scolaire est souvent insuffisant. L’enfant peut accumuler des retards.

Face à ces situations, il est nécessaire d’accueillir l’élève et de lui permettre d’exister dans sa singularité : tenir compte de son manque d’estime, de sa difficulté à discerner le positif, le rassurer sur son avenir et sur sa capacité à réussir certaines tâches. Il est conseillé de garder sa posture d’enseignant et de lui permettre malgré ses difficultés de vivre une expérience pédagogique constructive. Pour cela, il est pertinent de s’appuyer sur la fierté d’avoir appris quelque chose. L’enseignant pourra le valoriser dans ses efforts, de manière à l’encourager à poursuivre ces derniers, le féliciter de ses réussites et des efforts accomplis. Ceci pourra passer par un tutorat avec un bilan hebdomadaire faisant la synthèse des points forts et des points à améliorer. Il faut veiller à proscrire toute démarche ayant un regard trop négatif et stigmatisant (« tu n’as pas… »).

L’enseignant pourra promouvoir l’autonomie de l’élève et son sens des responsabilités : ceci passe par le fait d’assigner des tâches qui peuvent être bien effectuées, par le fait de donner des responsabilités. Il peut également être intéressant de trouver des astuces quand le contexte l’exige : lui proposer d’aller faire des photocopies ou de distribuer des documents en classe…

Favoriser des pratiques pédagogiques adaptées

Mots clés : adaptabilité du cadre aux besoins, différenciation, individualisation.

Afin de ramener le plus souvent possible l’élève dans une situation d’apprenant, l’enseignant pourra adapter le cadre aux besoins en pratiquant la différenciation et l’individualisation. L’important est que l’élève reste en phase d’apprentissage. Pour cela, l’enseignant pourra l’aider à s’organiser pour qu’il accomplisse les tâches attendues de lui, en mettant en place des routines, des habitudes qu’il pourra intégrer au fur et à mesure, en fractionnant ces dernières, en lui proposant des mémos par exemple pour les tâches récurrentes. L’utilisation d’un time-timer peut être tentée pour apprendre à l’élève à se mobiliser sur une tâche dans un temps donné. Dans tous les cas, il sera pertinent de privilégier la qualité à la quantité de travail, de ne donner qu’une seule consigne à la fois et de veiller à énoncer la consigne par une phrase courte, simple, affirmative et positive.

Il est conseillé à l’enseignant de privilégier des postures pédagogiques adaptées : il faut éviter les situations qui sont de nature à mettre l’élève en grande difficulté : endroits très bruyants, lieux visuellement saturés, situations de groupe où il y a beaucoup d’agitation et de mouvement, situations où l’enfant doit rester assis très longtemps, délais d’attente importants qui mettent à mal sa patience… Il est important d’aménager des moments de détente, de lui permettre de faire une pause lorsque celle-ci lui est nécessaire, de lui permettre de bouger ou de s’isoler s’il souffre des trop nombreuses stimulations qui l’entourent.

Permettre à l’élève de bénéficier d’éléments susceptibles de le « relaxer » est également un levier à utiliser : ainsi, l’utilisation d’une balle anti-stress à malaxer (et autres objets : tangle, fidgets…) afin d’atténuer les tensions, la réflexion autour de la possibilité pour l’élève de quitter la salle pour se rendre à l’infirmerie ou chez le CPE sont des pistes qui peuvent être explorées.

Valoriser l’élève dans ses réussites et le rassurer en lui donnant confiance

Mots clés : adaptabilité du cadre aux besoins, différenciation, individualisation, garder de l’ambition pour l’élève, leviers de motivation

L’élève peut avoir une mauvaise estime de lui-même. Il maîtrise mal son corps, ses maladresses physiques ou comportementales sont involontaires et il ne peut pas modifier ou adapter son comportement. Il culpabilise de ce qu’il ne réussit pas à réaliser malgré ses efforts.

Une hyperréactivité émotionnelle, un faible seuil de tolérance (attente/frustration) et une faible estime de soi vont générer dans le domaine social : conflits avec l’autorité, faible jugement social, mauvaises relations avec les pairs.

La question de l’absence d’intentionnalité est importante à prendre en compte.

Dans tous les cas, il est conseillé à l’enseignant de faciliter la mise au travail par une attention accrue lors du démarrage de la tâche : l’enseignant pourra l’encourager, lui répéter la consigne, si besoin l’aider à démarrer. L’enseignant pourra également valoriser l’élève lorsque la phase de travail est finalisée. Le fait de privilégier un renforcement positif fréquent calme : valoriser les efforts comportementaux, de travail, d’attention, de respect des consignes…

Réfléchir sur les dynamiques de groupe-classe afin de favoriser l’école inclusive

Mots clés : l’élève face au groupe.

L’élève se dévalorise, se sent « nul », méchant ou « bête ». Il perd courage et motivation. L’enseignant doit dès lors veiller à éviter la marginalisation. Ceci doit favoriser une réflexion commune à l’échelle de l’équipe pédagogique et des possibles intervenants tiers (équipe socio-médicale, équipe de vie scolaire…).

L’enseignant devra veiller à s’appuyer sur la coopération entre élèves. Le travail en binôme ou en groupe pourra être un levier intéressant. La mise en place d’un tutorat entre élèves peut également être une piste de réflexion. Les temps de vie de classe ou les interventions dans le cadre des parcours santé ou citoyen pourront permettre de travailler sur l’acceptation de l’autre et le respect de la règle. Dans ce cadre, l’enseignant pourra s’appuyer sur le personnel ressource en établissement et hors de l’établissement pour construire ces temps.

Penser la sanction comme un élément parmi d’autres

Mots clé : le cadre, la sanction, le travail en équipe.

Il est conseillé de proposer à l’élève un cadre sécurisant, de rester sur des règles explicites et progressives. L’enseignant est attentif à maintenir le cadre fixé en toutes circonstances (ni trop rigide, ni trop laxiste). Ne pas chercher à éviter la sanction, qui doit être de préférence différée de la relation d’enseignement (dépersonnalisation de la sanction) : pour cela, il est conseillé d’établir les règles de vie de manière cohérente et de rester cohérent dans la manière de les appliquer, sans nécessairement punir l’enfant de manière systématique mais sans déroger aux règles essentielles qui ont été expliquées à l’enfant. L’enseignant doit veiller à ne jamais ignorer des comportements agressifs ou destructeurs. L’adolescent est totalement en lien avec son environnement qui a une influence considérable sur son attitude. Il est en recherche de cadre et de règles définies. C’est dans les réponses des adultes autour de lui qu’il va trouver des limites.

La posture d’adulte de l’enseignant est importante, elle doit être à une juste distance. L’enseignant ne doit jamais perdre de vue que l’élève est un adulte en devenir et qu’il a besoin de s’appuyer sur la bienveillance de l’adulte pour se construire. Ce qui est protecteur pour l’enseignant c’est le sentiment d’appartenance à une équipe : il n’est pas seul, d’où l’importance de travailler en amont, en équipe élargie, sur le protocole le plus adapté à la scolarisation de l’élève. Il est important de pouvoir différencier sanction et enseignement par une réflexion collective.