Adapter l'environnement pour un élève avec des troubles des fonctions auditives

Niveau : 1er degré  2nd degré 
Types de besoins :
  • Structuration de l'espace
  • Repenser la communication avec l'élève

Description

L’enseignant s’assure de mettre en place un environnement non bruyant, sans agitation, afin de favoriser de bonnes conditions d’attention pour un élève sourd ou malentendant.

Il adapte la classe à l’accueil d’un élève sourd ou malentendant.


En savoir plus

Pour permettre à l’élève sourd ou malentendant d’être dans une posture d’élève et lui faciliter l’accès aux apprentissages, il est nécessaire d’être vigilant à :

  • l’environnement sonore de la classe au sein de l’école ;
  • l’emplacement de l’élève sourd dans la classe par rapport à l’enseignant et à ses camarades ;
  • le mode de communication qui répond aux besoins de l’élève ;
  • l’utilisation de matériel de compensation ;
  • la mise en place d’un partenariat avec des services ou des professionnels spécialisés dans la surdité.

L’environnement sonore de la classe

  • Dans la mesure du possible, éviter de choisir une salle de classe à côté de la cour de récréation, d’un préau, de tout lieu bruyant.
  • Éviter les bruits parasites tels que frottements de chaises, ouverture de trousse, règle en fer (ex. : minimiser le bruit ambiant en mettant du feutre sous les pieds de chaises).
  • Distribuer la parole de chacun à tour de rôle (pointer du doigt l’élève ou l’adulte qui a la parole).
  • Répéter les paroles des élèves pour s’assurer de la bonne réception du message par l’élève sourd. Entendre n’est pas comprendre.

L’emplacement de l’élève dans sa classe

  • Une disposition des tables en U est à privilégier.
  • Mettre l’élève à une place qui facilite l’utilisation de la gestuelle, du pointage, l’expression corporelle, les expressions du visage sans trop l’isoler du groupe (par exemple au deuxième rang, sur le côté pour qu’il voie tout le groupe en même temps et qu’on ne parle pas dans son dos).

Le mode de communication

  • S’assurer de l’état émotionnel et de la fatigue de l’élève.
  • Utiliser le timbre de voix habituel sans exagérer l’articulation.
  • Permettre une lecture labiale optimale en évitant de parler les mains devant la bouche ou trop loin de l’élève.
  • Limiter les déplacements dans la classe, se placer face à l’élève et non pas dos à lui (il ne pourra pas lire sur les lèvres).
  • Les expressions du visage doivent être congruentes avec le contenu du discours (ex. : sourire, sourcils froncés…).
  • Les propos au second degré ne sont pas accessibles à l’élève sourd ou malentendant.
  • S’initier à la langue des signes française (LSF), à la langue parlée complétée (code LPC) en fonction du projet de communication de l’élève.
  • Utiliser des modes de communication alternative : pictogrammes, cartes représentant les émotions…
  • Ponctuer la journée de temps d’apaisement (respiration consciente, temps calme…).

Le matériel de compensation

  • Permettre l’utilisation d’un micro HF (haute fréquence).
  • Favoriser l’utilisation d’un tableau numérique interactif (TNI), être vigilant aux reflets lumineux et éventuellement au bruit généré par certains matériels.

Le partenariat avec des services spécialisés dans la surdité

Prendre en compte dans la séance la présence éventuelle d’une tierce personne AESH ou professionnels de la surdité : interface de communication, codeur LPC en classe, interprète en LSF.

Quelques suggestions d’adaptations pédagogiques

  • Mettre en place dans la classe des panneaux d’affichage, supports visuels permettant à l’élève de se repérer dans le temps (ex. : emploi du temps, horloge).
  • Favoriser des supports écrits, clairs, sans surcharge.
  • Utiliser des images, des photos, des dessins, des signes significatifs, des gestes.
  • À la maternelle, utiliser des marionnettes, des objets à manipuler, notamment pour la compréhension des histoires.
  • Permettre l’utilisation ou l’accès à des dictionnaires, des imagiers pour chercher et comprendre les mots nouveaux (ex : mise en place d’un répertoire par thème avec les mots nouveaux, qui peut être enrichi tout au long de l’année avec une définition simple, courte et illustrée).