
Accueil de l’élève à mobilité réduite dans un établissement scolaire
- Réflexion collective en équipe
Description
Anticiper l’arrivée d’un élève avec un trouble des fonctions motrices dans un établissement scolaire est indispensable. Un établissement accessible facilite les déplacements. C’est ensuite l’installation en classe et surtout les adaptations pédagogiques qui seront garantes d’une inclusion scolaire réussie.
En savoir plus
Tout élève a le droit d’être inscrit dans un établissement scolaire de son secteur.
Des aménagements peu coûteux peuvent être réalisés pour améliorer l’accessibilité quand ils sont demandés à temps : installation de rampes, de plans inclinés, aménagement des sanitaires, alors que des travaux plus importants, comme l’installation d’un ascenseur, sont souvent difficiles à obtenir. Ce sont les communes, les départements ou les régions qui financent ces travaux.
Une visite de l’établissement d’accueil en présence de l’élève peut se révéler bénéfique afin d’aborder les problèmes de circulation au sein de l’établissement.
L’organisation d’une réunion d’équipe de suivi de scolarisation ou d’équipe éducative est souhaitable dès que possible : concertation, information et sensibilisation sont indispensables pour élaborer et ajuster le projet individuel de scolarisation de l’élève.
Ce projet se construit par l’équipe éducative en partenariat avec les parents, les enseignants spécialisés et ressources, l’enseignant référent, les accompagnants (AESH, éducateurs) et les professionnels chargés du soin :
- kinésithérapeutes, psychomotriciens, ergothérapeutes pour les rééducations motrices ;
- orthophonistes pour les troubles de la déglutition, de la parole, du langage ou les troubles logico-mathématiques.
L’intervention, le cas échéant, d’une équipe spécialisée : CMP, CMPP, CAMSP, Sessad, hôpital de jour est précieuse.
Une information sur le handicap à la classe est toujours intéressante, surtout en réponse aux questions des élèves. Certains élèves peuvent eux-mêmes, avec l’aide des thérapeutes ou des parents, expliquer leurs troubles. On peut s’appuyer sur des vidéos ou par exemple sur le kit de l’Onisep « Handicap et école inclusive » permettant de sensibiliser les élèves.
Il est indispensable de réfléchir aux aspects matériels : transport, accès aux classes dont les salles spécialisées dans le 2nd degré (physique-chimie, SVT, arts plastiques, éducation musicale), accès aux locaux communs (cantine, bibliothèque-CDI, gymnase, toilettes), accès aux soins, installation du poste de travail.
Si l’établissement scolaire n’est pas accessible en totalité, il faut privilégier une classe en rez-de-chaussée qui sera la classe de l’élève tout au long de sa scolarité.
Au collège ou au lycée, il faudra veiller à limiter les changements de salles suivant les disciplines, et même, si possible, privilégier le déplacement des professeurs plutôt que celui des élèves.
L’emploi du temps de la classe peut être modifié afin de limiter les déplacements des élèves, notamment lorsque des cours spéciaux nécessitent un changement de salle. Il faut veiller à l’installation de l’élève à chaque changement de salle.
En collège, les élèves bénéficient d’un casier où ils peuvent déposer les livres, cahiers, classeurs le matin à leur arrivée. À chaque récréation, ils peuvent prendre les outils dont ils ont effectivement besoin pour les cours, par demi-journée. Le choix de la position du casier doit être réfléchi, et un accompagnement est souvent nécessaire afin de faciliter les transferts de matériel. Il peut être intéressant de scotcher un emploi du temps de l’élève sur la porte du casier afin de n’oublier aucun des supports de cours utilisés par demi-journée.
Dans les salles de cours spécialisées, il est possible d’adapter les activités pratiques afin que l’élève puisse effectuer des manipulations malgré les difficultés motrices. L’épreuve d’évaluation des capacités expérimentales (ECE) de physique-chimie et SVT, peut être aménagée, le choix des sujets proposés à chaque session permet de sélectionner un ou des sujets réalisables par l’élève tout en respectant les consignes d’évaluation de l’examen.
La place dans la classe et l’installation doivent être pensées en concertation avec l’équipe de soin, notamment les ergothérapeutes :
- table adaptée à encastrement permettant l’appui des avant-bras, inclinable pour une meilleure exploration visuelle ;
- siège adapté à roulettes avec un repose-pieds, siège moulé (ou coque) fixé sur une chaise libérant les tensions des membres supérieurs et prévenant les déformations des hanches et du dos ;
- éventuellement station debout ;
- case aménagée pour une meilleure autonomie ;
- ordinateur et logiciels spécialisés : pour la lecture, pour l’écriture (correcteurs orthographiques, prédictifs, dictées vocales, éditeurs d’équation, stylos numériques), pour la géométrie (outils virtuels, géométrie dynamique) ;
- imprimante ou scanner ;
- prises de courant pour recharger les batteries (fauteuil, ordinateur).
Le mobiler adapté peut être financé par les CAS et le matériel pédagogique adapté par les rectorats.
Des aides aux déplacements – fauteuil, déambulateur, cannes – sont bien sûr possibles.

Chaise adaptable Tripp Trapp ®, Design : Peter Opsvik
© Stokke

Siège moulé rigide fabriqué par la société Albatros France
© Albatros France, albatros-france.fr

Chaise adaptée
© Dupuy, dupuy-map.fr

Table adaptée
© Dupuy, dupuy-map.fr

Mise en pratique cantine
Droits réservés

Mise en pratique infirmerie
Droits réservés

Mise en pratique toilettes
Droits réservés
Il faut également prévoir l’installation au réfectoire afin d’éviter d’avoir du mobilier à déplacer. L’élève peut être accompagné au réfectoire par des pairs, deux par exemple, et avoir avec ses camarades un statut prioritaire afin de ne pas faire la queue, de disposer de suffisamment de temps pour manger et se reposer avant la reprise des cours. L’AESH peut superviser uniquement l’installation et le portage du plateau.
Certains enfants ont aussi besoin de préparations alimentaires spécifiques : risques d’allergie, nourriture mixée… qu’il faut pouvoir stocker et réchauffer de façon séparée.
Des lieux de repos pour les interclasses peuvent être nécessaires. L’organisation des récréations et des temps périscolaires doit être pensée.
Il faudra aussi veiller éventuellement à trouver un lieu qui préserve l’intimité de l’élève si des mesures spéciales sont nécessaires au niveau de l’hygiène (changement de protection, sondage urinaire, aspirations endo-trachéales). L’infirmerie est souvent le lieu en collège et lycée où les élèves vont se reposer et procèdent aux soins d’hygiène en présence de l’AESH et/ou de l’infirmière.
Un double jeu de livres pour la maison ou des livres dématérialisés (livres numériques) permettent de limiter le poids du cartable.
Annexe 1. Proposition d’un modèle de fiche accueil pour collecter les informations

