Les animations multimédia qui « marchent »
Trois caractéristiques des animations efficaces pour l'apprentissage sont : a) elles représentent explicitement le contenu à apprendre et ne sont pas purement décoratives, b) les phénomènes dynamiques, procédures et gestes moteurs sont clairement illustrés, c) la présentation reste schématique, même sur les vidéos. L'article résume une comparaison récente de plusieurs études sur la question.
Qu’est-ce qu’une animation multimédia qui « marche » ? On peut la définir comme celle qui permet aux élèves d’apprendre un contenu pédagogique, tout en étant plus efficace qu’une série d’images statiques avec le même contenu. L’intérêt de l’animation est justement de mettre en mouvement des images pour montrer un phénomène dynamique. Par exemple, la translation des planètes, l’accélération d’un corps, entre autres. Mais pour qu’une animation soit plus efficace qu’une image statique, elle doit respecter certaines conditions.
Tim Höfler et Detlev Leutner, deux chercheurs de l’université de Duisburg-Essen (Allemagne), ont établi les caractéristiques des animations efficaces après avoir comparé les résultats de 26 études choisies selon des critères précis.
Contenu à apprendre explicite
La principale caractéristique d’une animation qui marche est de présenter explicitement le contenu à apprendre de manière pertinente. Quand l’animation est purement décorative ou présente des éléments non essentiels à la compréhension du contenu, elle n’est pas plus efficace qu’une image statique représentant la même information, tout en étant plus coûteuse à développer !
Voici l'exemple d’une animation vidéo utilisée dans la formation professionnelle. Elle représente explicitement un contenu à apprendre.

Remontage d'un pneu, équilibrage d'une roue. Source : www.tfs.afpa.fr/ressources/.
Un autre exemple cité dans l’article de T. Höfler et D. Leutner est celui d’une vidéo qui montre comment réaliser le bandage d’une main (consulter une vidéo similaire dans le menu Voir aussi). En se centrant précisément sur les gestes à apprendre, la vidéo a permis aux élèves d’apprendre avec efficacité. Un contre-exemple provient d’un tutoriel pour apprendre à programmer en QuickBASIC. En utilisant un petit personnage comique (mais non essentiel) pour présenter le contenu, l’animation est source de distraction et elle est de ce fait moins efficace qu’une série d’images statiques.
Connaissances procédurales, plus que déclaratives
Les animations les plus efficaces sont celles qui servent à apprendre des procédures, comme celle de l'exemple ci-dessus sur le montage d'une roue.
Les animations qui servent à acquérir des connaissances « déclaratives » (encyclopédiques) ou à apprendre à résoudre des problèmes ont aussi des effets positifs en termes d’apprentissage, mais ces effets sont moindres par rapport aux animations « procédurales ».
Vidéo ou dessin animé ?
Sur la question de savoir si les vidéos sont plus efficaces que les animations réalisées sur ordinateur (dessins animés, images animées, etc.), la réponse est moins tranchée. Certaines études affirment que les vidéos entraînent de meilleurs résultats d'apprentissage que les animations informatisées mais, dans ces études, plusieurs facteurs interviennent dans la comparaison. Il est donc difficile de savoir si l'effet est dû au degré de réalisme des images vidéo ou à d'autres facteurs.
En revanche, il est prouvé que les animations présentant trop d’éléments visuels demandent un effort supplémentaire de compréhension, ce qui peut entraîner une surcharge cognitive pour les élèves. En conclusion, mieux vaut rester schématique, même lorsque l’on utilise la vidéo.
Méthode de l’étude
La question était : est-ce qu’une animation est plus efficace que des images statiques ? Les auteurs ont sélectionné des articles comparant une animation et une image, à partir d’une vaste base de données. Ils ont retenu uniquement les articles permettant de comparer statistiquement les résultats. Cela permet d’avoir un résultat plus objectif et mesurable. Cependant, certains articles sont laissés de côté, car ils ne répondent pas à tous les critères de sélection.
Mônica Macedo-Rouet - titulaire d'un doctorat en sciences de l'information et de la communication, ex-secrétaire de rédaction de la revue en ligne ComCiencia
date de publication : 09/04/2009
Recommandations
- S’assurer que l’animation multimédia représente bien le contenu à apprendre, et qu’elle ne contient pas d’éléments purement décoratifs.
- Sélectionner l’animation en fonction du type de connaissances à acquérir : les animations sont plus efficaces pour enseigner des procédures et des gestes moteurs.
- Réduire le nombre d’éléments visuels pour ne pas créer de surcharge cognitive pour l’élève.
Références bibliographiques
- Höffler,T. & Leutner, D. (2007) Instructional animation versus static pictures: A meta-analysis. Learning and Instruction, Volume 17, Issue 6, December 2007, Pages 722-738.