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Les douze mots du son

Hertz

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Parmi les caractéristiques qui déterminent un son, on trouve la fréquence – un mot qui renvoie au nombre de cycles par seconde. Bien entendu ces fréquences sont trop rapides pour qu’on puisse les compter à la simple écoute. Mais en gros l’oreille humaine peut entendre des sons, c’est-à-dire percevoir des fréquences qui vont de 20 à 20 000 oscillations par seconde. Pour mesurer ces fréquences, on a donc besoin d’une unité. Dans un langage plus technique, on dira donc que les fréquences audibles vont de 20 hertz à 20 000 hertz. Pourquoi ce mot de « hertz » ? C’était pour rendre hommage à Heinrich Hertz, un physicien allemand qui, à la fin du XIXe siècle a travaillé sur l’acoustique et en particulier a mis en évidence ces ondes, qui sont aussi restées attachées à son nom, on parle d’ondes hertziennes. Son patronyme, Hertz, est resté attaché à l’unité de fréquence. Pour accorder les instruments de musique, pour décider de la hauteur des notes qu’ils jouent, on fait donc appel à cette notion de fréquence. Il été décidé que les gammes de la musique moderne s’organiseraient autour d’une note dont la hauteur devait être fixée de façon arbitraire. On appelle diapason cette note qui sert de point de référence, d’étalon. Attention ! Ce même mot, diapason, sert aussi à désigner le petit objet à deux branches d’acier qui résonne selon une certaine fréquence quand on le frappe ; on peut l’approcher de son oreille ou bien on peut le poser sur un résonateur - une table, un couvercle de piano, ou même le sommet de son crâne – et à ce moment-là on l’entend beaucoup mieux. On considère donc que le la qui est situé à peu près au milieu d’un clavier de piano, on va l’accorder à 440 Hz. Pour en arriver là, il a fallu des discussions longues, difficiles, houleuses parfois, mais ce sont deux conférences internationales, l’une en 1939, l’autre en 1953 qui en ont décidé ainsi. Seulement personne ne peut obliger les musiciens, qui font ce qu’ils veulent, à respecter cette décision. Souvent les pianos sont accordés par rapport à un la à 442 Hz ou 444 et non pas 440. La différence n’est pas très grande, mais la hauteur du diapason a beaucoup varié de façon assez considérable selon les époques et selon les lieux : parfois c’est un peu plus haut – par exemple Berlioz parle d’un diapason élevé à l’Opéra de Paris en 1856 ; et souvent c’est beaucoup plus bas, notamment pour la musique occidentale antérieure au XIXe siècle. Bien entendu il est très difficile de savoir à quel diapason jouaient les musiciens qui vivaient il y a plus de deux siècles, mais l’étude des textes, des partitions et des instruments anciens nous aident. Les musiciens d’aujourd’hui qui interprètent les œuvres d’autrefois, en particulier ce répertoire que l’on appelle le répertoire baroque, abandonnent souvent le diapason à 440 pour essayer d’être plus proche de ce qu’était cette musique à l’époque où elle a été composée.

Matériel pédagogique produit par le SCÉRÉN [CNDP-CRDP] dans le cadre de la Semaine du son 2012.

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