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Les douze mots du son

Hauteur

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La hauteur d’un son correspond à sa fréquence. Alors on peut se demander pourquoi justement on a deux mots, quelle est la différence entre eux. Et bien la fréquence, c’est un mot technique. Ça peut être calculé par un oscilloscope ; alors que la hauteur d’un son, c’est quelque chose qui s’apprécie : il faut tendre l’oreille. Et là, on est dans le domaine de la perception. Seulement, on va se demander justement pourquoi cette image, pourquoi parle-t-on de hauteur ? Et bien, on imagine une représentation dans l’espace de tous ces sons qui se positionnent les uns par rapport aux autres. Donc on se figure une échelle sur laquelle on place les notes. Et cette représentation imagée, elle est si ancienne, elle est si profondément ancrée dans notre façon de nous exprimer, que très spontanément, on va penser que par exemple un la bémol est plus bas qu’un la, et qu’il est plus haut qu’un sol. Et ça nous paraît naturel de penser qu’une note est tout en haut, une autre tout en bas ; et que même quand on entend une fanfare, on a la flûte piccolo qui est en haut et le soubassophone, qui est en bas. Alors est-ce que c’est vraiment une pure représentation idéologique ? Est-ce que cette idée de haut et de bas est purement arbitraire ? Pas exactement parce que cette spatialisation, elle s’adosse quand même à une réalité corporelle. Et quand on chante, on sent bien que les points d’émission des notes s’étagent les uns au-dessus des autres, et là, on peut faire l’expérience vivante de ce que c’est que le bas et le haut en musique. Et bien sûr, cette sensation, elle va être relayée par tous les codes du langage et de l’écriture musicale. Par exemple, pour nommer les registres de la voix, ce qu’on appelle les tessitures, on parle d’une voix basse pour une voix très grave, on parle d’une voix d’alto – alto, ça veut dire haut en Italien ; et on parle aussi d’une voix de soprano, celle du dessus. Et tout cela se vérifie sur les portées quand on écrit la musique : les notes basses sont littéralement plus bas que les notes hautes sur les lignes de la portée justement. Alors à cette image verticale vient s’en ajouter une autre qui va du grave à l’aigu. Le grave, c’est lié à ce qui est lourd, c’est même le premier sens du mot, en latin, gravis, ça veut dire lourd. Il est compréhensible que cette évocation le rapproche de ce qui est en bas parce que c’est tout le principe de la gravité ! Alors on a le grave en bas, et en haut on a l’aigu. Bien, ce n’est pas exactement le léger mais cette image de finesse effilée qui est évoquée par l’adjectif aigu, spontanément, s’accorde beaucoup mieux à ce qui monte qu’à ce qui descend !

Matériel pédagogique produit par le SCÉRÉN [CNDP-CRDP] dans le cadre de la Semaine du son 2012.

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