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Les douze mots de l'histoire

Mémoire

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Voix-off de l'animation, par Yvan Amar

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« Devoir de mémoire », « lieu de mémoire », « mémorial »… voilà des expressions qui se sont largement répandues depuis une trentaine d’années, donc qui sont encore assez neuves au regard de l’Histoire.
Mais on voit bien que cette idée est tout à fait importante dans la constitution de l’histoire contemporaine, mais aussi de la morale républicaine d’aujourd’hui, parce qu’il y a comme une injonction à se souvenir ; c’est un ordre !
À se souvenir de quoi ? Principalement, des horreurs de la guerre. Pas de toutes les horreurs, d’ailleurs, mais de celles dont les victimes n’étaient pour rien dans le déclenchement des conflits : pas les combattants, pas les armées, mais les civils, les populations massacrées, martyrisées ou exterminées.
Et c’est pour que ces crimes d’état ne tombent pas dans l’oubli et ne soient pas sous-estimés qu’on a inventé les « lois mémorielles » : une formule qui ne s’applique qu’à certains textes législatifs. Ils servent en particulier à condamner la négation des génocides (le négationnisme, ou le révisionnisme). Ils servent aussi à présenter la traite négrière et l’esclavage comme des crimes contre l’humanité.
Ces lois ne sont pas les seuls efforts faits en faveur de ce « devoir de mémoire » : la constitution de musées, par exemple le Mémorial de la Shoah, sert également à constituer cette mémoire.
Mais il ne s’agit pas seulement de lutter contre l’oubli, il faut également bâtir une histoire qui comprend, qui établit, qui pense ce qui s’est passé d’horrible. Cette histoire se construit et elle se fabrique après coup, ce qui ne veut pas dire qu’elle invente des faits imaginaires. Au contraire, elle constitue le passé en tâchant de trouver son sens.
Ces patientes recherches de spécialistes et le partage de leurs conclusions par l’ensemble de la population constituent justement ce qu’on appelle un « devoir de mémoire ».

Matériel pédagogique produit par le SCÉRÉN [CNDP-CRDP].

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