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Les mots de l'Outre-Mer

Madras

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Par Frédérick Gersal.

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Madras, qui s’écrit M.A.D.R.A.S, désigne une étoffe fabriquée avec du coton et de la soie, dans des couleurs généralement très vives. Petit à petit au fil du temps, le mot madras a défini non seulement le tissu mais aussi les objets fabriqués avec ce tissu, comme les mouchoirs ou les foulards qui sont noués dans les cheveux par les femmes aux Antilles. Pourtant le mot madras n’est pas originaire de ces îles de l’Atlantique, il vient de l’autre bout du monde, des rives du Golfe du Bengale. Madras est le nom d’une ville portuaire du sud-est de l’Inde, située à environ 120 kilomètres au nord de Pondichéry. Aux côtés d’autres villes comme Calcutta ou Bombay, Madras fait partie de ces premiers comptoirs commerciaux créés au XVIIème siècle par la Compagnie Anglaises des Indes Orientales. Puis viendront ensuite s’installer une Compagnie Hollandaise et une Compagnie Française… À Madras, depuis longtemps on travaille le coton et la soie, on réalise des mousselines et des tapis de laines. Mais plus encore que cette cité de Madras, c’est l’Inde, toute entière, qui a une importante production textile. Et notre vocabulaire en conserve bien des souvenirs. Par exemple les « indiennes » sont des étoffes de coton, peintes ou imprimées, fabriquées en Inde et acheminées en Europe par les vaisseaux des Compagnies des Indes Orientales. Ces toiles de coton, blanches, bleues, de couleurs variées, unies, rayées ou à carreaux, ont connu un énorme succès. Les robes de chambre en indienne étaient très à la mode sous le règne de Louis XIV. Et puis il y a le « cachemire », du nom d’une province du nord-ouest de l’Inde, où sont fabriqués des tissus et des châles, avec le duvet des chèvres du Tibet ou du Cachemire ! N’oublions pas le « jute », un mot qui désigne une plante importée du Bengale, mais aussi la fibre et l’étoffe, plutôt grossière, servant à fabriquer des sacs et des toiles d’emballage : les toiles de jute ! Parmi tous ces tissus et toutes ces étoffes venues d’Inde, seul le madras est parvenu à se glisser dans une chanson du folklore Antillais : « Adieu foulards, adieu Madras » ! Je vous laisse chanter !

Matériel pédagogique produit par le SCÉRÉN-CNDP dans le cadre de « 2011, année des Outre-mer »

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