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Les mots de l'actualité

Tremblement de terre

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La terre a tremblé en Indonésie, même si l’on sait que l’épicentre du séisme se situait sous la mer. Et quand on dit la terre tremble, on sait bien à quoi on fait allusion : à ce qu’on appelle un tremblement de terre. L’expression est si usuelle qu’on ne la met pas en question, qu’on n’a pas conscience que c’est une image. Une image qui s’explique : en effet les premiers symptômes du tremblement de terre peuvent ressembler à un genre de tremblement du sol qui peut se déplacer, s’effondrer, se dérober sous les pieds, se fissurer, se fendre. De là l’image du tremblement, qu’on retrouve d’ailleurs dans d’autres langues que le français. Quant à dire « la terre tremble » pour dire qu’il y a un tremblement de terre, c’est plus rare. Et d’une certaine façon, c’est une utilisation du cliché : on file la métaphore, et ça fait un peu journalistique. On l’a compris, en tout cas, l’expression tremblement de terre n’est pas une désignation scientifique. En revanche si l’on parle de séisme, ça fait tout de suite plus sérieux. C’est un mot, qui semble abstrait : ce n’est pas une construction imagée. Pourtant le sens qu’il porte est sensiblement le même, à une génération près. Le terme vient du grec « seismos », qu’on rattache au verbe « seiein » : trembler, ébranler, secouer. Mais c’est le terme qu’utilisent les scientifiques, et son origine grecque lui donne un mystère, et donc une caution que ne peut avoir l’image transparente du tremblement. Quant aux puristes de la langue, ils pourront toujours dire que l’expression « secousse sismique » est à éviter car c’est un pléonasme. En effet, on y dit deux fois la même chose : une secousse sismique est une secousse qui secoue. Et pourtant, l’expression secousse sismique a un sens très clair, et l’adjectif est tout à fait utile. Par exemple, si, à l’issue d’un heureux événement royal (la naissance d’un prince héritier par exemple), on fait tirer vingt et un coups de canon, on sentira la terre trembler. Ça n’aura rien d’une secousse sismique. Si un pan de montagne s’éboule, la terre tremble. Rien de sismique là-dedans. On voit donc que l’expression secousse sismique peut être bien utile, et nettement plus précise que « secousse » tout court ! Du point de vue de la forme, on notera les deux versions des mots qui dérivent de « seismos ». Soit on a le « é », comme dans séisme ; soit on ne l’a pas, comme dans la plupart des autres mots : sismique, sismographe etc. Le mot sisme a d’ailleurs existé, mais pour une raison étrange, il a disparu laissant séisme seul maître du pavé. Les informations qui nous parviennent sur les tremblements de terre font souvent apparaître des mots surprenants. On parle de réplique par exemple, pour désigner une deuxième secousse qui succède à une première, en général importante. Yvan Amar Article publié le 29/05/2006 Site langue française de RadioFranceInternationale - « Les mots de l'actualité »

Cette chronique est issue de l'émission Les mots de l'actualité produite par Yvan Amar et diffusée sur RFI - Plus de Mots de l'actualité sur RFI

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