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Les mots de l'actualité

Nuit blanche

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Le week-end dernier a été marqué à Paris par la « nuit blanche » qui devait illuminer les arts dans la capitale. Nuit blanche, c’est-à-dire, une nuit où l’on ne dort pas. La nuit, traditionnellement est considérée comme noire, et comme propice au sommeil. La nuit blanche est donc comme le négatif de la nuit du sommeil, par conséquent une nuit où l’on ne dort pas, que l’on aille se coucher ou pas, que ça soit intentionnel ou pas. Car une nuit d’insomnie peut très bien être qualifiée de nuit blanche. Mais le plus souvent, la nuit blanche est active : pleine de plaisirs ou de travail, même si l’on n’y dort pas, ce n’est pas une nuit « pour rien ». Alors que c’est souvent le sens que prend cet adjectif « blanc », notamment dans des expressions assez récentes. « Une année blanche » par exemple, d’un point de vue universitaire, est une année qui ne compte pas dans le cursus, où les cours n’ont pu être dispensés dans des conditions satisfaisantes, et qui ne sera pas validée : l’année n’a pas eu de contenu. De même que, en ce qui concerne « un mariage blanc », l’union n’a pas eu de contenu non plus : le mariage n’a pas été consommé. Et par là, on entend plus généralement un mariage de pure convention, de convenance réciproque, qui arrange chacune des deux parties, mais ne repose sur aucun projet familial, aucun désir de vivre ensemble, et en tout cas aucun amour conjugal. « Tirer à blanc », ou « tirer une balle à blanc », témoigne de la même image : le fusil n’est pas chargé à balle ; aucun projectile n’est réellement tiré. Pourtant, il y a bien eu explosion : toutes les apparences étaient là, on a bien tiré, mais à blanc. C’est un peu comme un simulacre. De même « un examen blanc », « un concours blanc », « un bac blanc » : on mime l’épreuve. Le candidat pourtant travaille, on corrige sa copie, mais rien de tout ça ne compte vraiment : c’est pour s’entraîner. Et quand on parle d’une « opération blanche », en particulier dans le monde de la finance, on entend une opération où le plus équivaut au moins : on n’a rien perdu, mais à l’inverse, on n’a rien gagné non plus. Yvan Amar Article publié le 09/10/2006 Site langue française de RadioFranceInternationale - « Les mots de l'actualité »

Cette chronique est issue de l'émission Les mots de l'actualité produite par Yvan Amar et diffusée sur RFI - Plus de Mots de l'actualité sur RFI

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