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Les mots de l'actualité

Idéal

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Découvrez l’école idéale, la femme ou l’homme idéal… et toutes les utilisations de l’adjectif ou du nom « idéal ».

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Nicolas Sarkozy appelle de ses vœux « le lycée idéal ». En tout cas il a tenté de définir ce que devrait être ce type d’établissement, porté par une réforme qui devrait s’appliquer à partir de 2012. « Lycée idéal », la formule est ambitieuse, et elle sonne davantage comme un rêve, ou un horizon qu’on dessine et qui sert de modèle à ce qu’on voudrait atteindre. En effet, l’idéal n’existe pas dans la réalité : c’est plutôt une construction de l’esprit qui fonctionne comme un phare et qui guide. Le mot est intéressant : on comprend bien sa formation, mais le sens qu’il a dans la langue courante est sensiblement différent de ce qu’on pourrait imaginer à partir de sa construction. « Idéal » est formé à partir du mot « idée », c’est évident. Le premier sens du mot, pour les clercs, les intellectuels du Moyen Âge, évoque ce qui peut être envisagé par les idées mais pas par les sens. Mais bien vite, une autre signification vient se surajouter : l’idéal évoque la perfection, ce qui échappe à toute réserve, à toute critique. L’adjectif peut donc servir à qualifier une situation utopique, irréalisable, mais qu’on peut penser, et même qui est indispensable à une pensée. On peut, par exemple, imaginer une société idéale, où personne ne manquerait de rien, où l’envie, la jalousie, la pauvreté, l’ambition du pouvoir n’existeraient pas. Il s’agit donc d’un modèle d’idées, qui peut être utile comme référent, comme image dont il faut se rapprocher, dans le cours de la vie réelle. D’ailleurs, ce sens est encore plus présent quand le mot est utilisé comme nom commun : avoir un idéal, c’est avoir un but dans la vie, se fixer quelque chose à atteindre, même si on a bien compris qu’on ne l’atteindrait jamais. Mais le mot est très employé avec un sens nettement affaibli par rapport à ces emplois au sens littéral, ce qui n’enlève rien à la pertinence de son usage, d’ailleurs. Si je dis que cette maison jouit d’une situation idéale, que d’ailleurs elle me paraît être la maison idéale, le sens est encore fort : cela signifie qu’on ne pourrait rêver mieux, qu’on ne voit aucune critique à faire, aucune amélioration à proposer. Si je prétends que je vis seul parce que je n’ai pas encore trouvé la femme idéale, je vais paraître peut-être un peu prétentieux : qui suis-je pour prétendre qu’un jour la femme idéale voudra de moi ? Mais attention, le mot, s’il a un sens qui se rapproche de l’absolu, est malgré tout employé comme un mot relatif : la femme idéale pour moi, n’est pas la femme idéale pour mon voisin, on n’a que l’idée d’une convenance parfaite entre deux êtres. Et puis le mot parfois veut qualifier une situation qui serait tout à fait souhaitable : « Je ferai mon possible pour arriver à six heures. - L’idéal serait quand même que tu sois là à cinq heures et demie. » Et pour finir, une expression adverbiale bien utile quand on ose à moitié exprimer ce qu’on veut : « dans l’idéal ». « Vous cherchez une maison très belle et très confortable ? Ou vous cherchez surtout une maison abordable, pas horriblement chère ? - Dans l’idéal, j’aimerais bien trouver une maison très belle, très confortable, et pas horriblement chère ! » Yvan Amar Article publié le 04 juin 2008 Site langue française de RadioFranceInternationale - Les mots de l'actualité

Cette chronique est issue de l'émission Les mots de l'actualité produite par Yvan Amar et diffusée sur RFI - Plus de Mots de l'actualité sur RFI

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