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Les mots de l'actualité

Ballon

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Va-t-on acheminer le courrier en ballon pour économiser l’énergie ? C’est loin d’être fait. Peut-être d’ailleurs cette idée sera-t-elle abandonnée avant d’avoir abouti à un projet concret, mais il est vrai qu’en ce moment on en parle : on aimerait bien redonner vie à ces moyens de transport anciens, en les modernisant éventuellement, si on s’apercevait qu’ils offrent des garanties écologiques et économiques plus importantes que les solutions qu’on connaît actuellement. Donc on parle de ballon. Et le ballon, ça fait longtemps qu’on en parle. À la fin du 19e siècle, on en parlait de façon relativement courante. Enfin, il s’agissait encore d’un mode de transport expérimental, mais les expériences étaient anciennes déjà puisque la montgolfière date de 1782 : c’est en tout cas cette année que le nom apparaît, formé d’après celui de ses inventeurs, les frères Montgolfier. Quant à « ballon », c’est un nom qui est assez neutre, et qui renvoie à la forme de l’élément essentiel du dispositif : c’est un en effet un ballon, rempli d’un gaz plus léger que l’air (en général, c’est de l’hélium ou de l’hydrogène), qui peut s’élever sans moteur, sans mécanisme de propulsion mécanique. Parfois même on envoie dans l’atmosphère de petits ballons d’exploration, ne serait-ce que pour connaître la direction et la force des vents. On les appelle des « ballons d’essai », et cette expression est restée pour désigner une expérience qui sert de test, qui est tentée pour voir si une idée est viable, s’il est opportun de la déployer sur une dimension plus importante. Un coup d’essai, c’est un ballon d’essai. Mais les ballons se sont faits connaître parce qu’ils permettaient des ascensions, pour peu qu’on y fixe une nacelle, un genre de grand panier situé au-dessous du ballon et qui permet qu’on s’y tienne. Alors on se souvient du titre d’un roman de Jules Verne, « Cinq semaines en ballon », on se souvient de l’image de Gambetta quittant Paris en ballon durant le siège de la capitale en 1870. Ça montre bien que ce mot est courant. Il est pourtant concurrencé par un autre, qui semble plus technique : c’est l’« aérostat ». Mais la technique du ballon fait des progrès, et on va expérimenter des ballons dirigeables. Souvent pourvus d’un petit moteur, ils sont nettement moins soumis aux aléas des vents que ceux qu’on appelle des « ballons libres ». Ils se multiplient à tel point qu’on va finir par ne plus retenir que cette qualité de savoir se diriger : on les appelle donc des « dirigeables ». Leur forme va changer également : de ronds, ils deviennent ovales, souvent très allongés avec une forme en ellipse, et on les qualifie parfois de cigares. Un progrès décisif est opéré par le comte von Zeppelin, même s’il s’inspire des recherches de l’ingénieur français Spiess. C’est lui qui donne son nom à ces étonnantes saucisses pointues aux extrémités, qui vont parcourir fantomatiquement le ciel du début du 20e siècle, avec des vocations diverses, tantôt guerrière, tantôt commerciale, tantôt touristique. Yvan Amar Article publié le 11/07/2008 Site langue française de RadioFranceInternationale - « Les mots de l'actualité »

Cette chronique est issue de l'émission Les mots de l'actualité produite par Yvan Amar et diffusée sur RFI - Plus de Mots de l'actualité sur RFI

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