Aller directement au contenu de la page
Aller au plan du site
Aller au menu bas de page

Voyage avec les motsVoyage avec les mots

Explorez l'univers des mots et maîtrisez la langue française

Dis-moi dix mots qui te racontent

Transports

Regarder le film animé

écouter la chronique

Par Yvan Amar.

Lire le script
Un transport, tout le monde sait ce que c’est ! Le fait de déplacer des choses ou des personnes : on parle de transport de matériel, de transport de troupes… Mais attention, ce mot n’a pas exactement le même emploi au singulier et au pluriel. Parce que quand on lui met un « s », il est presque synonyme de déplacement. On dira « les transports sont faciles dans cette région », c’est-à-dire les déplacements sont faciles. Parfois il s’agit d’ailleurs des moyens de se déplacer. On parle des transports en commun, c’est-à-dire des transports, des moyens de transports organisés par des sociétés privées ou publiques et qui peuvent servir à tout le monde. Cette idée de déplacement correspond à la première signification du mot, qui reste aujourd’hui la principale. Mais un autre sens est venu s’ajouter au précédent et il a été très courant à ce qu’on appelle la période classique, surtout au XVIIIe siècle, avant de s’affaiblir. Qu’est-ce que c’est qu’un transport ? C’est la manifestation très vive d’un sentiment : « Oh, il a revu Bernadette, il a revu celle qu’il aime avec des transports d’amour et de tendresse. » C’est-à-dire que non seulement son amour était vif, mais cela se voyait, cela s’entendait, cela se sentait. Le plus souvent le mot s’emploie avec des sentiments positifs : on parle de transport de joie, de transport d’admiration… Mais il peut arriver qu’on le trouve dans un contexte opposé et qu’on parle de transport de jalousie ou de transport de colère. L’image se comprend assez bien : il s’agit d’être porté hors de soi, de quitter sa maitrise habituelle. On ne se contrôle plus, on exprime ce qu’on ressent de façon forte et même excessive : le transport est un emportement. Ce sens existe encore aujourd’hui, moins fréquent qu’il y a deux ou trois-cents ans, avec un usage plutôt littéraire. Et il est presque toujours réservé à ce qu’on appelle les « transports amoureux ».

Matériel pédagogique produit par le SCÉRÉN [CNDP-CRDP] dans le cadre de l'opération organisée par le ministère de la Culture et la Communication/DGLFLF.

Découvrir dans la même série