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Dis-moi dix mots qui nous relient

Cordée

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Par Yvan Amar.

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Cordée… Certainement c’est un mot qui relie, et qui tient ensemble ! Un mot du vocabulaire de l’alpinisme qui évoque à la fois le risque et la prudence, le défi et le réalisme, la conscience de la solitude et celle de la solidarité ! Mais qu’est-ce donc qu’une cordée ? Un chapelet de grimpeurs qui montent les uns derrière les autres, reliés par une corde. Chacun s’attache à la taille, et ainsi, on réduit les risques de se perdre. D’autre part, celui qui ouvre la route la teste en même temps, et l’on sait que là où il est passé, l’ascension est possible On comprend bien alors la fascination pour le « premier de cordée ». L’expression a donné son titre à un roman de Roger Frison-Roche, histoire dramatique, aux mille rebondissements, qui est devenu un film, puis à une adaptation télévisée, et qui ont beaucoup fait pour populariser l’exaltation de la haute montagne. Enfin, cette corde qui lie les alpinistes peut permettre de rattraper celui qui, au milieu de la corde, pourrait se trouver en difficulté ! Ainsi la cordée donne l’image d’une être multiple, fait de plusieurs individus, qui gravit les pentes les plus raides. On a donc à la fois une idée de solidarité et de dépendance, qu’on comprend bien en se remémorant l’origine de l’expression. En général ces mots féminins qui se terminent en « -ée » évoquent la contenance : une cuillerée, c’est ce que contient une cuillère ; une assiettée, ce que contient une assiette ; la poêlée, la bolée sont construites sur le même modèle. La cordée est à prendre dans un sens moins littéral, mais on a bien l’idée de ce qu’elle rend possible : une guirlande humaine, rythmée par ceux qui s’y attachent. On n’est d’ailleurs pas bien loin de l’image de la chaîne. Mais il faut se souvenir que la chaîne est, si l’on peut dire, à double tranchant ! Elle évoque d’abord l’emprisonnement, non pas ce qui relie, mais ce qui lie, tout court. Et là, on l’évoque souvent au pluriel : les chaînes de l’esclavage par exemple, expression figée mais encore très présente dans la langue d’aujourd’hui… Mais symétriquement, la chaîne évoque ceux qui s’attachent les uns aux autres pour s’entraider. On parle ainsi d’une chaîne de solidarité, lorsqu’un mouvement de soutien s’organise pour soutenir quelqu’un en difficulté. L’information et les compétences circulent alors et de très loin peut arriver le secours espéré, qu’on n’avait pas à portée de la main : une autre façon d’interpréter l’image de la cordée.

Cette chronique est issue de l'émission Les mots de l'actualité produite par Yvan Amar et diffusée sur RFI - Plus de Mots de l'actualité sur RFI

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