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Accueillant

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découvrez l’origine et la composition du mot « accueillant » et apprenez à accueillir en français dans différentes situations.

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Un visage, un hôte, un endroit accueillants… On voit qu’avec ce mot, on a toujours affaire à des images agréables. Mais d’où vient-il ? C’est un adjectif, formé à partir du participe présent d’accueillir… Ce beau verbe français qu’on a envie de prononcer les bras ouverts et le sourire aux lèvres, évoque tout d’abord une image de partage et de générosité. On doit bien reconnaître pourtant qu’il a fait un étonnant parcours avant d’arriver là. Il nous vient du latin en suivant un itinéraire long et sinueux, mais clairement repéré. Le verbe legere (qui nous donne lire) s’est compliqué en colligere (qui nous donne cueillir), qui lui-même se complique à nouveau en accolligere… et voilà d’où vient notre accueillir. Mais ce mot dont on trouve trace dès le 11ème siècle (avec quelques variantes : accoillir, acoildre) correspond à des sens divers et stupéfiants. D’après les dictionnaires les plus savants, il signifie tour à tour réunir, associer, attaquer et même chasser : pratiquement l’inverse de son sens actuel ! Par bonheur il a aussi le sens de saisir, prendre ; et c’est à partir de ces emplois qu’il aboutit au sens moderne de recevoir quelqu’un. Les bons sentiments l’emportant sur les mauvais, le mot a gardé une valeur presque toujours positive, même si bien sûr on peut le retourner par un effet d’ironie : accueillir quelqu’un à coups de fusil… Mais dans la plupart des cas, le mot (et sa famille) suggèrent une idée d’invitation et de bienvenue. Accueillir quelqu’un à la porte, par exemple, c’est aller à sa rencontre pour lui rendre hommage, et l’assurer qu’on est content de sa visite. Accueillir quelqu’un chez soi donne l’idée qu’on lui ouvre sa porte, qu’on lui fait une place dans sa maison, à sa table, ou même dans une équipe professionnelle – les usages s’élargissent facilement. Etre accueillant veut dire également qu’on se met en frais pour le nouvel arrivant : on lui montre que sa présence nous est agréable. Alors est-ce qu’être accueillant est absolument synonyme d’être hospitalier ? Les deux mots sont proches, certainement, mais l’hospitalité a peut-être un sens plus précis, plus technique : il s’agit de recevoir quelqu’un chez soi, de le traiter en invité, le plus chaleureusement possible. Mais la plupart du temps, cette idée d’hospitalité correspond à un séjour provisoire… alors qu’on peut accueillir quelqu’un chez soi pour le restant de ses jours.

Matériel pédagogique produit par le SCÉRÉN [CNDP-CRDP] dans le cadre de l'opération organisée par le ministère de la Culture et la Communication/DGLFLF.

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