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Dis-moi dix mots dans tous les sens

Cheval de Troie

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Découvrez comment une expression issue de la mythologie grecque peut évoluer et s’appliquer à un autre domaine.

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Le cheval de Troie à l’honneur ? Pourquoi pas, puisque justement il fait partie des dix mots ou expressions, on ne va pas chipoter. Des 10 mots qui sont mis à l’honneur en 2010 pour représenter la langue française et sa vivacité. Et pourtant, le cheval de Troie, même si c’est une belle image, ça évoque la ruse perverse, celle qui permet de prendre l’ennemi à revers, de le prendre par derrière. Seulement, c’est une image qui est ambigüe, qui évoque tout autant l’intelligence de celui qui l’a inventée. Un bref retour en arrière pour savoir ce que c’est que ce cheval de Troie. C’est un mythe, c’est une légende. Alors, imaginons que nous sommes en pleine guerre de Troie. Voilà une guerre qui traîne, elle dure dix ans, les Grecs ont assiégé la ville de Troie sans parvenir à la prendre. Et, Ulysse, le plus rusé des guerriers Grecs, suggère une manœuvre à la fois habile et perfide. Il dit : « voilà, on va construire un cheval gigantesque, on va le laisser devant les portes de la ville de Troie comme si c’était une offrande à la déesse Athéna, et puis on va disparaître comme si on abandonnait la guerre. Et il faut se débrouiller pour qu’ensuite les Troyens soient convaincus qu’ils ont intérêt à amener ce cheval à l’intérieur de leur cité. » Il va leur apporter, croient-ils, ces malheureux Troyens, une protection supplémentaire. Seulement on sait très bien comment tout ça a tourné, dans le cheval étaient cachés des guerriers qui ainsi peuvent s’introduire dans la ville qui est convoitée par les Grecs. Et pendant la nuit les guerriers sortent et vont ouvrir une porte dérobée de Troie par là où le gros de l’armée grecque pourra investir la cité des Troyens. Alors la légende, elle sert justement de métaphore, d’image pour décrire un processus informatique qui sert à prendre le contrôle d’un ordinateur. Ce n’est pas vraiment un virus, mais c’est un logiciel qui, une fois installé peut diffuser certaines informations, peut détruire d’autres informations, mais surtout peut permettre que le poste soit piloté à distance par quelqu’un qui n’en est pas le possesseur, mais qui pourra s’en servir comme il veut. Il y a un lien invisible qui permet cette manipulation. Alors, on file la métaphore : c’est comme si le cheval de Troie avait ouvert une porte dérobée dans l’ordinateur pour faire entrer les intrus, comme s’il avait ouvert, depuis l’intérieur, une brèche dans le système de sécurité. Cet emprunt à la mythologie grecque est d’abord le fait de la langue anglaise, c’est par cette langue que cette expression nous est arrivée. Ce qui explique que parfois on entende d’autres équivalents, d’autres traductions. On dit trojan horse ou bien un Troyen ou bien un Trojan – traductions assez illogiques parce qu’il s’agit plutôt des Grecs qui sont introduits dans Troie, que des Troyens eux-mêmes. La légende a été popularisée par Homère dans l’Iliade, mais surtout par Virgile dans l’Enéide.

Cette chronique est issue de l'émission Les mots de l'actualité produite par Yvan Amar et diffusée sur RFI - Plus de Mots de l'actualité sur RFI

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