NATHALIE MANGEARD : On rappelle le jeu, je commence à toucher la tête d'un enfant, cet enfant il vient faire une sculpture au milieu du tapis et il va en choisir une autre. L'idée de ce projet c'était de mettre en lien les œuvres de Rodin avec la danse. Oh, avec un appui sur la tête ! Vous avez vu ? Là c'était presque deux sculptures. C'est qui celle-la ? DES ÉLÈVES : La Victoire NATHALIE MANGEARD : Je dirais que les apprentissages se situent dans plusieurs domaines. D'abord, il y a le répertoire "agir, s'exprimer avec son corps" où les enfants ont d'abord exploré toutes les pistes corporelles, motrices qu'on pouvait faire à partir d'une sculpture. L'idée, c'était de dépasser la simple illustration des sculptures par le corps et d'entrer dans une démarche d'interprétation, et des sentiments, et des mouvements que pouvait inspirer la sculpture. Avec les grands, on va continuer le carnet de danse. Le carnet de danse c'est un projet "fil rouge", c'est une façon d'avoir une mémoire du projet sur toute l'année qui retrace les étapes, qui permet aux enfants d'avoir une visibilité, la spécificité de ce projet. C'est à la fois un projet collectif mais c'est aussi pour mettre en valeur le vécu individuel de l'enfant dans le projet collectif. Ce cahier, il est avec des dessins, avec des photos qui rappellent toutes les étapes du projet. Il est assez interactif parce que l'idée est que ce soit un peu le carnet dont il est le héros en quelque sorte. Pour qu'il se l'approprie vraiment et qu'il ait plaisir à le feuilleter, à le manipuler. Donc je n'hésite pas à faire des choses qui sont en volume, des choses à manipuler, à mettre vraiment en valeur les enfants, dans leur spécificité avec leurs dessins. Donc on va avoir aussi bien des photos et aussi des représentations. Et tout au fil de l'année c'est très intéressant de voir comment les représentations des corps évoluent et leurs perceptions aussi de l'espace peut se modifier par rapport à ce travail qui est engagé par rapport à la danse. Et on en arrive à des dessins qui sont vraiment très imagés. Par exemple, tout à l'heure, on a eu une séance où les enfants dictaient à l'adulte ce qu'il se passait mais qui sont vraiment très significatives. Et puis c'est le moyen d'avoir, par exemple, la mémoire de la chorégraphie qui a été élaborée, par exemple, à partir de la danse de la Victoire, et de se remémorer tout ce travail qui a été fait autour de la danse avec un travail qui demande une structuration de la logique de la pensée et où la danse et les œuvres se sont rencontrées mais on va, nous, en tirer une phrase dansée très longue qui va être mémorisée par les enfants, et dans la pensée et par l'intermédiaire de ces petites images. Donc ce carnet, son objectif c'est aussi d'associer les familles au projet parce que c'est un lien entre la famille et l'élève. C'est un support de langage à l'école parce qu'ils aiment les consulter entre eux. Mais c'est aussi, quand ils le rapportent à la maison, un moyen de discuter avec les parents et d'intéresser... que les parents aussi s'approprient le projet. Ensuite il y avait tout un pan qui était allié au langage. Où les enfants ont été amenés à verbaliser les expressions, les postures, les mouvements et à mettre des mots sur ce qu'ils observaient. Et puis ensuite des mots sur leur propre démarche puisqu'ils se l'appropriaient. Et grâce aux consignes de Vincent et au travail que Vincent a apporté c'était, comme ça, se confronter avec ces prismes-là. Il y a ensuite tout le travail de plastique, de logique, tout ce qui est un peu transversal à cette démarche de création qui a été abordé après dans les pistes qui ont été explorées en classe. Parce qu'à partir de ce qui a été vécu au sein de la danse on a dessiné, parlé, illustré et puis essayé d'ordonner au fur et à mesure à travers les carnets de danse, par exemple, tout ce travail en essayant que les enfants aient toujours en tête de se repérer dans le projet, d'évoluer en ayant toujours l'objectif de savoir quel lien a été créé quelle passerelle existait entre la danse, la sculpture et finalement les apprentissages plus fondamentaux que peuvent être le langage ou ordonner des images... Des choses qui sont plus liées à la logique. Je pense que c'est une grande liberté que de pouvoir, en tant qu'enseignant, offrir cet espace aux élèves pour exister dans le groupe. La réussite de ce projet elle tient beaucoup dans la capacité à pouvoir mettre en avant les personnalités de chacun et l'expression de chacun en respectant vraiment cette démarche tout au long de l'année.