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Entretien avec Mme Yannick ELATRE, professeure de Lettres-Histoire pour Le Médaillon.

Comment est né ce projet ?

Durant l’année scolaire 2010/2011, un groupe d’élèves d’une 2nde Bac pro Electrotechnique du LPO Charles COËFFIN avait participé au Prix Bd de la Guadeloupe (actuellement Prix BDz’îles).

Enthousiasmés par l’expérience, mes collègues professeurs documentalistes Mme Bourriot, M. Gaspaldy et moi-même, nous avons décidé d’aller plus loin… Et pourquoi pas la réalisation d’une BD ? 

Faut-il être soi-même bédéphile pour vouloir faire réaliser un projet autour de la BD ?

Non, pas forcément. On peut s’entourer de professionnels. Mes collègues l’étaient un peu mais ni moi, ni les élèves ne l’étions. J’avais eu l’occasion de lire des albums d’Astérix, de Tintin…Mais, il faut avouer que le Prix Bd de la  Guadeloupe m’a permis d’avoir une autre approche du 9ème art. 

La BD est-elle très présente dans les programmes ?

Elle n’est pas présente officiellement. Mais,  les textes officiels n’interdisent pas d’en étudier. 

C’est un projet ambitieux, quels objectifs souhaitiez-vous atteindre à travers ce projet ?

Au départ, le projet n’était pas aussi ambitieux. Il a évolué progressivement.

Nous voulions juste que les élèves conçoivent une histoire, qu’ils passent du synopsis à la transcription en images et en bulles. Une histoire brève… Juste deux  planches.

L’un des objectifs était la découverte de la bd  mais il a été dépassé. De la simple découverte les élèves ont été initiés à la réalisation d’une bande dessinée. 

Quel est le profil des élèves ayant participé à ce projet et comment ont-ils été sélectionné ?

Ils  ont été choisis sur la base du volontariat au sein de ma classe. Seuls deux élèves aimaient dessiner. 

Combien de temps le projet a t-il duré ? Aviez-vous envisagé la publication dès le début ?

Le projet s’est étalé sur deux années scolaires (2010/2011 et 2011/2012).

Comme je l’ai dit précédemment, il a évolué au fil du temps. Nous n’avions pas envisagé de publication au départ. La présence à nos côtés de M. Thierry Petit-Lebrun, dessinateur mais aussi éditeur nous a particulièrement influencés. 

Combien d’heures de travail ?

Nous avons d’abord travaillé sur les heures de projet  incluses dans l’emploi du temps des élèves. Mais, les derniers mois précédant la publication, on a grignoté sur les temps libres. Au total, 70 heures de travail. 

Quel a été le montage financier ?

Il a fallu  prévoir le défraiement des intervenants, l’impression de la BD… avec le soutien financier du conseil d’administration du Lycée Charles Coëffin. Nous n’avons fait appel à aucun financement extérieur. 

Qu’en ont retiré les élèves à votre avis ? Avez-vous relevé un changement de comportement par rapport à l’école ?

A l’issue du projet, une véritable fierté. Fierté qui les anime encore quelques années après. Ce fût pour ces jeunes l’occasion de se rendre compte que l’on peut apprendre autrement et étendre ses connaissances autour d’un projet scolaire. Les relations entre élèves et encadrants aussi bien T. Petit Le Brun,  Diégo et les professeurs étaient plus « conviviales ». Alors que beaucoup entretenaient des rapports conflictuels avec l’école, ils sont aujourd’hui encore heureux de se présenter au lycée, ils nous donnent des nouvelles, ils apparaissent reconnaissants, cette aventure reste la leur. 

On ne va pas s’étendre sur le déroulement du projet, l’article sur votre site intitulé Au lycée, la bande dessinée se porte désormais en « Médaillon » retrace bien toute la démarche en montrant les différentes phases de création. La BD s’appelle Le Médaillon, on y parle d’un médaillon monté… Qu’est-ce que cela signifie ?

Un bijou « monté » (bague ou médaillon) permet grâce aux soins d’un « Gadèdzafè » ou « Quimboiseur » (sorcier) d’assurer la protection de son propriétaire contre les mauvaises actions, les maléfices…Une sorte de talisman. 

Il y a du créole, la BD s’adresse-t-elle exclusivement à un public créolophone de Guadeloupe ?

Pas du tout. Les expressions en créole replacent la BD dans son cadre, la Guadeloupe et par conséquent dans un cadre culturel créole. Mais l’album raconte avant tout une histoire de racket… Tout le monde peut s’y retrouver. 

Vous proposez également une séance d’exploitation pédagogique, à destination des collègues, pouvez vous nous en dire quelques mots ?

L’histoire d’Alan, le héros du Médaillon, cadre parfaitement avec l’un des objets d’étude du programme de français de 2nde bac pro : « Parcours de personnages » et à l’interrogation qui s’y rattache : « En quoi l’histoire du personnage étudié, ses aventures, son évolution aident-elles le lecteur à se construire ? »

Cependant, il n’est pas forcément aisé d’aborder une BD en tant qu’œuvre intégrale, même courte. Aussi, j’ai préparé une séquence que j’ai personnellement testée avec mes élèves, à l’intention des collègues souhaitant étudier Le Médaillon avec leurs classes. Elle sera disponible ici

Où peut-on trouver la BD ?

A la sortie de l’album, un article est paru dans le quotidien local. A l’initiative de l’éditeur, nous avons organisé un lancement dans l’établissement.

Aujourd’hui, quelques exemplaires sont disponibles en librairie. Sinon, s’adresser directement au CDI de notre lycée : LPO Charles COËFFIN CDI Trioncelle - 97122 BAIE-MAHAULT - cdi_coeffin[a]yahoo.fr