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Michael Buckland, précurseur et préservateur de l’histoire des sciences de l’information

par Olivier Le Deuff,
[novembre 2017]

Mots clés : sciences de l'information, document numérique, documentation

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Michael Keeble Buckland est bien connu des spécialistes du document. Il est également reconnu pour avoir fait avancer la recherche en sciences de l’information sur plusieurs plans notamment en étudiant les travaux de Opens external link in new windowSuzanne Briet. Nous avions consacré un article à Opens external link in new windowEmanuel Goldberg il y a quelque temps, un chercheur et un inventeur dont nous connaissons désormais l’œuvre grâce aux travaux de Michael Buckland. Il faut donc voir Buckland à la fois comme un précurseur en ce qui concerne ses travaux sur l’histoire des sciences de l’information, et en même temps un préservateur des œuvres clefs de cette histoire, notamment celle de Briet et d’Otlet.

Il est désormais professeur émérite à l’Université de Californie à Berkeley, au sein de la School of information. Il est né en Angleterre en 1941 mais il vit désormais aux États-Unis où il a fait une brillante carrière.

Il a exercé dans plusieurs bibliothèques notamment à la bibliothèque bodléienne de l’Université d’Oxford où il a étudié l’histoire. Il obtient un diplôme de bibliothécaire à l’Université de Sheffield en 1965 avant de devenir bibliothécaire de l’université de Lancaster un an après sa création. Il sera alors responsable d’un service dédié à la recherche en bibliothéconomie où il mènera des études sur les usages et sur d’autres aspects bibliothéconomiques. Il obtiendra ensuite un doctorat de l’Université de Sheffield. Son travail doctoral est publié en 1975 sous le titre Book Availability and the Library User (Pergamon, 1975).

Il part vivre et travailler aux États-Unis comme directeur adjoint de la bibliothèque de Purdue et deviendra doyen de l’école de bibliothéconomie et d’information de Berkeley entre 1976 et 1984. 

Nommé par la suite vice-président de l’Université de Californie chargé des questions concernant les bibliothèques des neufs campus, il écrira dans ce cadre un manuel de gestion des bibliothèques destiné aux directeurs des établissements universitaires. Initialement conçu comme un nouveau plan pour l’université californienne, il va le transformer en publication destinée à un plus large public.

Michael Buckland est aussi codirecteur d’Opens external link in new windowElectronic Cultural Atlas Initiative qui rassemble des documents à portée culturelle en faveur du très grand public. Il participe à ce projet avec Fredric Gey et Ray Larson et a été président de l’Opens external link in new windowAmerican Society for Information Science and Technology en 1998.

On retrouve les différents aspects de la pensée de Michael Buckland dans son ouvrage écrit récemment : « Information and society » (Buckland, 2017). Il y replace l’importance de la question informationnelle en rappelant qu’elle intéresse de nombreuses disciplines, mais qu’une seule lui a accordé une place centrale : les sciences de l’information.

« La discipline qui a l'information comme seul objet d'intérêt est la science de l'information. Celle-ci a grandi au cours du XXe siècle à partir des préoccupations du «mouvement de la documentation», qui cherchait à comprendre la nature des documents de toutes sortes, et donc à en donner accès d'une manière beaucoup plus sophistiquée que les catalogues et les index classiques pourraient fournir. L'avènement de l'ordinateur numérique a donné une impulsion à la nouvelle discipline, qui s'est chevauchée avec l’information tout en restant distincte. La science de l'information se préoccupe de tous les aspects de l'organisation et de la communication de l'information enregistrée, de l'information et des littératies digitales nécessaires pour l'utiliser, ainsi que des questions éthiques connexes. Les idées de la discipline sont d'une importance cruciale dans le développement de l'infosphère radicalement changeante ». (Buckland, 2017)

L’infosphère est ici une référence aux travaux de Opens external link in new windowFloridi qui y voit un nouvel âge informationnel. Buckland considère que nous sommes plutôt rentrés dans un âge informationnel complexe avec des productions d’informations diverses et qui échappent aux organismes de production documentaire les plus classiques.

Une vision de l’information en trois points : 

  • L'information en tant que savoir, c'est-à-dire la connaissance transmise par la communication ;
  • L'information en cours, le processus d'information ;
  • L'information en tant que chose, dénotant des bits, des octets, des livres et d'autres supports physiques

Buckland rappelle que ce troisième sens est en fait très proche de celui de document.

Trois visions principales du document peuvent alors être dégagées :

1. Une première vision repose sur la matérialité et sur le fait que le document requiert un contenu qui permette une inscription (papier, microfilm, écran). Les limites de la matérialité restent sujettes à discussion puisqu’il est possible de considérer un globe terrestre comme un document. La matérialité suppose de prendre en compte également les objets numériques depuis les écrans aux différents supports d’enregistrement.

2. Une seconde vision est d’ordre instrumental. C’est l’objet qui va devenir un document en constituant une sorte de preuve. Les outils et jouets éducatifs, les collections d’histoire naturelle et les traces archéologiques peuvent être considérés comme tels. Buckland rappelle que dans l’histoire galloise durant les époques où les uniformes n’existaient pas encore, le port du poireau permettait de reconnaître l’allié de l’ennemi. L’étiquette est de fait une sorte de document. C’est dans ce cadre que peut être replacée la fameuse antilope de Suzanne Briet qui devient un document lorsqu’elle est dans un zoo. Il faut considérer ici que l’objet est utilisé comme un document, même si ce n’est pas initialement sa fonction première.

3. La troisième conception est davantage sémiotique et privilégie la question du sens, ce qui implique de considérer le document comme ayant un créateur avec une intention. Buckland rapproche aussi cette dimension avec le fait que les documents présentent des fonctionnalités sociales dans la lignée des travaux du philosophe italien Maurizio Ferraris. Buckland préfère d’ailleurs évoquer une conception culturelle plutôt que sociale.

Les trois visions ne sont pas exclusives les unes des autres. Buckland précise donc qu’il faut dépasser la seule vue physique ou matérielle du document, sans pour autant renier qu’il existe des éléments physiques encore dans les infrastructures numériques. Il évoque la nécessité d’articuler finalement une dimension mentale avec la dimension physique ou matérielle.

Espace-temps

Les documents entretiennent une relation avec les questions spatiales et temporelles. « L’histoire de la technologie documentaire – écrire, imprimer, les télécommunications, copier- peut être vue comme un effort continu pour réduire les contraintes de temps et de place. » (Buckland, 2016).

Cette relation à l’espace-temps est la question clef de l’accessibilité, une accessibilité qui se rapproche d’une immédiateté, mais qui ne doit pas être réduite à un simple échange d’informations qui s’opérerait de façon magique. La pensée de Buckland replace justement l’importance documentaire face aux discours de la société de l’information.

La fameuse société de l’information est surtout une société du document

« L’avènement de la société de l’information ainsi nommée pourrait être mieux décrit comme étant surtout l’avènement d’une société du document. » (Buckland, 2016). La masse des documents devient plus importante et nous dépendons de plus en plus des documents.

Buckland précise également qu’il ne peut y avoir de société non informationnelle (Buckland, 2013), ce serait un non-sens absolu tant les sociétés humaines fonctionnent sur des échanges d’informations. Il s’agit d’examiner plus étroitement quels sont les conditions documentaires de ces échanges et les aspects sociaux et culturels qui les entourent.

Buckland explicite aussi d’ailleurs que les théories de Shannon et Weaver n’ont pu pleinement fonctionner dans les sciences de l’information du fait justement de l’absence des dimensions sociales et mentales qui sont essentielles.

Penser les étapes de la documentation sur du long terme

Cela nécessite de repenser les dispositifs documentaires sur des périodes longues et de tenter d’en comprendre les évolutions. Buckland distingue quatre principaux changements : 

  • l’écriture
  • l’imprimerie
  • les télécommunications
  • les possibilités de copier les documents 

Selon Buckland, ce dernier aspect a été négligé et beaucoup moins étudié que les précédents. Or, il faut étudier les processus de copie et les dispositifs techniques différents qui ont émergé depuis le papier carbone jusqu’à la xérographie et plus particulièrement les usages et transformations organisationnelles qu’ils ont amenés. Cela implique de dépasser les oppositions trop rapides entre l’imprimé et le numérique et d’examiner les formes intermédiaires qui ont été en vogue et que nous continuons d’utiliser de manière intensive, notamment les systèmes d’impression et de copies. Et pour cela, étudier les différentes inventions qui ont permis l’amélioration de l’accessibilité de l’information, son transport, sa diminution de place, etc. C’est d’ailleurs dans ce cadre que les inventions d’Emanuel Goldberg peuvent être replacées notamment le Mikrat et bien sûr sa machine statistique que Buckland qualifie de premier véritable moteur de recherche.

Des formes documentaires à faire évoluer

Buckland rappelle la volonté de Paul Otlet de faire évoluer le médium du codex, car il le jugeait inefficace d’autant plus que les auteurs étaient trop bavards et qu’ils se répétaient bien de trop. Les positions d’Otlet et de Briet permettent de mieux appréhender la question du document digital ou numérique.

La confiance documentaire via la recherche bibliographique

Buckland décrit sept points clefs de la recherche bibliographique ou documentaire qui permettent de resituer notre relation au document et à sa pertinence :

« 0. Création : le document doit avoir été créé et doit exister

1. Découverte : il nous fait connaître son existence

2. Lieu : nous devons pouvoir en trouver une copie

3. Autorisation : nous pouvons avoir besoin de permission pour l'utiliser. Il peut y avoir des contraintes légales

4. Condition : est-il en état d'utilisation ? Est-il trop détérioré et/ou trop obsolète pour être utilisé ?

5. Interopérable : est-il suffisamment normalisé pour être utilisable ? Les matériaux numériques ou microformes peuvent nécessiter un équipement indisponible pour en réaliser la lecture

6. Description : est-elle suffisamment claire pour comprendre ce qu’il représente ?

7. Confiance : sommes-nous assez confiants de l'origine, de la provenance, de la version et du taux d’erreur qu’il est susceptible de contenir ? » (Buckland, 2013)

Robert Gitler et The Japan Library School

Michael Buckland a consacré une partie de ses recherches à un personnage peu connu, Robert Gitler qui a mis en place l’école de bibliothéconomie japonaise en 1951. Elaboré durant l’occupation américaine au Japon, le projet a pu réussir grâce aux soutiens de l’American Library Association, de la Japan Library Association et de la fondation Rockfeller. L’école va être implémentée au sein de l’Université Keio de Tokyo qui a développé précédemment des études occidentales. La structure s’est depuis autonomisée au point d’être devenue la School of Library and Information Science du Japon. Le rôle de Robert Gitler, fondateur et créateur de l’école, va être essentiel dans ce cadre. Il va parvenir à formaliser une structure qui ne soit pas inscrite dans l’idéologie américaine mais qui soit réellement et pleinement une structure japonaise. Cette période va marquer une étape importante autant pour l’histoire des sciences de l’information et des bibliothèques américaine que japonaise.

L'indexicalité

Buckland évoque le concept d’indexicabilité (en français notamment) pour décrire une opération qui se situe à mi-chemin entre l’indexation et le fait de considérer le document comme un élément indiciaire qui apporte une preuve à l’appui d’un fait. Il fait référence pour cela aux travaux de Suzanne Briet qui montre que le document renvoie à « ... tout indice concret ou symbolique, conservé ou enregistré, aux fins de représenter, de reconstituer ou de prouver un phénomène ou physique ou intellectuel. » (Briet, 1951).

« On ne peut pas considérer que le métier de documentaliste (ou bien "Information Management") s'occupe de textes, mais, plutôt, de toute espèce de preuve, de témoignage, d'évidence et que cette preuve ("le document") est de forme concrète et non pas abstraite. Remarquons que Briet a employé le mot "indice." À mon avis, le mot "indice" veut dire qu'un objet ne devient une preuve (un document) que si on a placé cet objet en rapport avec des autres preuves (des autres documents). C'est à dire que les documents doivent être arrangés "indexicalement," les uns avec les autres. Une approche plus contemporaine serait de dire que le sens est construit par le spectateur. Que tout objet pourrait, dans certaines situations, être preuve, être un document. » (Buckland, 2009)

L’origine de l’antilope : un gorille en cage

Récemment, lors du colloque international de l’ISKO, chapitre français à Paris, il a fait une étonnante révélation historique. Les professionnels de l’information et de la documentation connaissent tous la fameuse histoire de l’antilope dans un zoo qui est un document pour Suzanne Briet dans son ouvrage de 1951. Cependant, Michael Buckland a révélé un détail historique d’importance, qui laisse planer le doute de la paternité réelle de cette définition.

En effet, en 1946, un étudiant au CNAM dans le programme de documentation de Briet et Jean Clémandière, Opens external link in new windowRobert Pagès, effectue des recherches intéressantes. Il publie en 1948, un article dans la revue de documentation de la Fédération Internationale de Documentation. On y trouve des idées proches de Briet et notamment le fait qu’« un gorille en cage » peut être considéré comme un document. Cette proximité entre Briet et Pagès intéresse Buckland à plus d’un titre, afin de savoir qui a influencé davantage l’autre. Pagès est notamment connu pour avoir créé un vocabulaire destiné à l’indexation (le CODOC). Il est surtout reconnu en tant qu’ancien résistant et spécialiste en psychologie sociale. Voilà qui mériterait de plus amples examens en épistémologie des sciences de l’information.

Qu’est-ce qu’un document numérique ?

Les travaux sur le document et leur élargissement définitionnel impulsé par Otlet et Briet ainsi que par le chercheur Lund permettent de mieux appréhender le document sans être uniquement attaché à la question matérielle. Pour Buckland, il s’agit donc bien de poser la question dans une perspective historique et non pas vouloir à tout prix réinterroger le concept sans prendre en compte les démarches définitionnelles précédentes qui permettent déjà de mieux saisir ce qu’est un document et donc un document numérique. La perspective de la documentation permet déjà selon Buckland de répondre aux spécificités du numérique, car la documentation a envisagé l’étude des documents de façon élargie en ne demeurant pas uniquement sur la prise en compte des documents textuels. À cet effet, la question de la preuve introduite notamment par Briet demeure un élément important à prendre en compte. Son importance est finalement plus grande que la prise en compte de la dimension matérielle. L’enjeu repose sur la nécessité de considérer davantage l’objet qui est fait et utilisé comme document, plutôt que de s’arrêter au fait qu’un document est simplement un contenu sur un support.

Buckland explique cette perspective définitionnelle ici :

« Une réponse est que tout ce qui est affiché sur l'écran ou imprimé est un document. On pourrait dire que l'algorithme fonctionne comme un document, comme un genre de document dynamique, qui nous rappelle la position d'Otlet selon laquelle un jouet éducatif devrait être considéré comme une sorte de document. Ce serait cohérent avec la tendance, décrite ci-dessus, à définir un document en termes de fonction plutôt que de format physique. Chaque technologie différente a des capacités différentes, des contraintes différentes. Si nous soutenons la vision fonctionnelle de ce qui constitue un document, nous devrions nous attendre à ce que les documents prennent des formes différentes dans le contexte des différentes technologies. Nous devrions donc nous attendre à ce que ce document puisse être différent dans un environnement numérique. L'algorithme de génération de logarithmes, à la manière d'un jouet éducatif mécanique, peut être vu comme un document dynamique, contrairement aux documents papier ordinaires, mais toujours en accord avec les origines étymologiques du «docu-ment», un moyen d'enseigner - ou évidence, quelque chose dont on apprend. Les tentatives de définition de documents numériques sont susceptibles de rester insaisissables, si l'on veut plus qu'une définition ad hoc, pragmatique. Les définitions basées sur la forme, le format et le support semblent être moins satisfaisantes qu'une approche fonctionnelle, suivant la voie du raisonnement sous-tendant les discussions largement oubliées des objets d'Otlet et de l'antilope de Briet. » (Buckland, 1997).

Les métadonnées

L’importance des métadonnées est à repenser dans un cadre qui prend en compte les documents ainsi que les infrastructures qui les gèrent :

« Pour résumer, la première utilisation originelle des métadonnées est pour décrire des documents, et le nom metadata (au-delà ou avec des données) ainsi que sa définition populaire «données sur les données» sont basés sur cette utilisation. Une deuxième utilisation des métadonnées consiste à former des structures d’organisation au moyen desquelles des documents peuvent être organisés. Ces structures peuvent être utilisées à la fois pour rechercher des documents individuels ainsi que pour identifier des modèles au sein d’un groupe de documents. Le deuxième rôle des métadonnées implique une inversion de la relation entre document et métadonnées. Ces structures peuvent être considérées comme une infrastructure. » (Buckland, 2017, p.120)

Au final, ce que montre Buckland, c’est que les métadonnées ont fini par prendre une importance aussi grande, voire supérieure à celle du document, notamment au travers la création de nouvelles infrastructures spécifiquement dédiées aux métadonnées. Leur gestion dépasse désormais largement la seule question de l’organisation des connaissances.

L’étude de la documentalité digitale

L’évolution documentaire implique de nouvelles études, notamment dans l’examen des formes documentaires qui évoluent. Buckland prend ainsi l’exemple du passeport :

« Mon passeport a plus de pouvoir dans le sens que je ne peux pas légalement traverser les frontières sans lui, mais il peut les traverser sans moi. »

Il reste néanmoins d’autres cadres à étudier et les travaux dans le domaine n’ont pas encore fait totalement le point sur les aspects définitionnels et pratiques. Il relie l’importance de ses travaux à ceux de Lisa Gitelman. (Buckland, 2015)

Buckland finalement considère que nous n’en avons pas fini avec l’étude du document et qu« il y a ici plein de possibilités dans l’étude du problème de base de la documentation dans les vingt prochaines années ». (Buckland, 2016)

Pour aller plus loin

Bibliographie

  • Page personnelle de Michael Buckland (régulièrement mise à jour) et qui contient de nombreuses références sur l’histoire des sciences de l’information : Opens external link in new windowhttp://people.ischool.berkeley.edu/~buckland 
  • A consulter également, un article d’octobre 2017 sur l’encyclopédie en ligne de l’ISKO « Document theory » Opens external link in new windowhttp://www.isko.org/cyclo/document
  • Buckland, M. (1997) "What is a ‘document’?". Journal of the American Society for Information Science, 48(9), Sept 1997, pp. 804-809. Reprinted in: Hahn, T. B. & M. Buckland, eds. Historical Studies in Information Science. Medford, NJ: Information Today, 1998, pp. 215-220. 
  • Buckland, M. K. (1991). Information as thing. Journal of the American Society for Information Science (1986-1998), 42(5), p. 351.
  • Buckland, M. K., Gorman, M., & Gorman, M. (1992). Redesigning library services: a manifesto. American library association Chicago, IL.
  • Gitler, Robert L. ( 1999) Robert Gitler and the Japan Library School: An autobiographical narrative. Edited by Michael Buckland, Lanham, Maryland, Scarecrow Press, 173 p.
  • Buckland, M. (2014). Documentality beyond documents. Monist, 97(2). Disponible sur : Opens external link in new windowhttp://escholarship.org/uc/item/55v7p74x
  • Buckland, M. (2016). The physical, mental and social dimensions of documents. Proceedings from the Document Academy, 3(1). Disponible sur : Opens external link in new windowhttp://ideaexchange.uakron.edu/docam/vol3/iss1/4
  • Buckland, M. (2013). Document theory: an introduction, pp 223-237. In: Records, archives and memory: selected papers from the Conference and School on Records, Archives and Memory Studies, University of Zadar, Croatia, May 2013. Ed. by Mirna Willer, Anne J. Gilliland and Marijana Tomi?. Zadar: University of Zadar, 2015. (Pré-print disponible sur : Opens external link in new windowhttps://escholarship.org/uc/item/87s642x7
  • Buckland, M. K. (2015). Paper knowledge: toward a media history of documents. Journal of the Association for Information Science and Technology, 66 (5).
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