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Nous avons demandé à Séverine Bourgnon Petit, documentaliste en Haute-Vienne, sur deux établissements ayant engagé une démarche de mutation de leurs CDI en 3 C, de témoigner de ses premières réflexions à l'heure des questionnements sur le sujet. Son témoignage bien que plutôt favorable à la mise en place des 3C (ce qui est loin d'être le cas d'une partie de la profession), éclairé de la description des pratiques innovantes de la modélisation CdR de l'enseignement agricole, permet d'appuyer le nécessaire besoin d'une dynamique d'établissement pour la mise en place de Centres de Connaissances et de Culture, et soulève s'il en était besoin, la question fondamentale des moyens qui seront attribués à cet objectif.

Séverine Bourgnon-Petit : L'idée des 3 C a suscité une levée de boucliers de la part de la profession… Pourtant, je vois là d'une part l'occasion de véritablement faire évoluer les pratiques culturelles et documentaires des élèves, et d'autre part une avancée pour le métier de professeur documentaliste. Aujourd'hui, un collégien qui a une heure libre entre 2 cours se rend en salle d'étude où il est accueilli par un AED. Là, si le professeur documentaliste est disponible, l'élève peut choisir de passer l'heure au CDI. Mais les activités peuvent se recouper, même si la formation des personnels encadrants est différente. La question première est celle de la disponibilité du professeur documentaliste : un poste partagé sur 2 établissements, le choix, légitime, de donner de nombreux cours se traduisent par une fermeture fréquente du CDI. Nombre de salles d'étude se sont progressivement équipées d'ordinateurs, d'espaces lectures avec BD, périodiques.., voire de point CDI, système de transfert de ressources du CDI à la salle de permanence pour une durée déterminée. La disposition de tables alignées entre 4 murs ne correspond plus aux besoins d'un élève du XXIème siècle.

Par ailleurs, il fut un temps où l'ouverture du CDI par un autre personnel que le professeur documentaliste faisait aussi grincer des dents, pour finir semblerait-il par être accepté… D'une part, l'accès aux ressources doit être permanent pour les élèves et personnels : quel professeur documentaliste n'a pas trouvé à son retour sur le bureau les petits mots des collègues qui, au mieux, ont relevé le numéro d'exemplaire de leurs emprunts pendant leur absence… ? Combien de temps les élèves qui doivent réaliser leur exercice avec un manuel numérique devront attendre l'accès à leur outil de travail

Et d'autre part notre métier évolue : pour une réelle mise en place d'un curriculum info-documentaire, il va bien falloir parer aux absences du professeur documentaliste. Bien sûr, l'autre question essentielle reste celle de l'accompagnement des élèves au centre de ressources en l'absence de son responsable formé en information documentation. Mais aujourd'hui, dans les salles d'étude équipées en informatique, la situation n'est-elle pas similaire ? Les 3C sont sans doute l'opportunité de mettre en cohérence ces pratiques, en permettant l'accès permanent aux ressources, à la condition de former des AED, mais aussi de permettre aux professeurs documentalistes d'assurer pleinement leur rôle pédagogique.

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