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Validation des sources

Validation des sources

I. La norme ISO 8402 définit la validité comme le statut correspondant à la «confirmation par examen et apport de preuves tangibles que les exigences particulières pour un usage prévu spécifique sont satisfaites». Cette définition, appliquée aux données informationnelles proposées dans les documents, projette sur l'écran de la recherche trois faisceaux d'interrogations distinctes : la validation, l'évaluation et la pertinence, concepts qu'il importe de distinguer.

La validation est un processus critique engagé par le destinataire d'une donnée informationnelle. Il consiste globalement à interroger la source de cette donnée, et plus particulièrement la responsabilité engagée dans sa production et dans sa publication. En cherchant à vérifier le poids de l'auteur, sa notoriété, les cautions d'autres auteurs dont il bénéficie, c'est bien la «force» de la source qui est testée.

En effet, à l'instar des mots évaluation et valorisation, le mot validation est un dérivé du verbe latin valere «être fort, bien portant». Une personne invalide, a contrario, est une personne privée de ses forces. De même, invalider une source revient à lui ôter tout pouvoir et tout effet. Tous trois tirent leur signification de valor qui désigne la «force». Cette idée de force attachée à la valeur montre que l'enjeu relatif à l'offre des données informationnelles est de réussir à s'imposer au récepteur. Ce dernier, en retour, se doit de les tenir en respect afin de pouvoir discriminer entre celles qui peuvent être retenues pour être utilisées, de celles qui peuvent être éliminées.

Ainsi, et afin de bien distinguer les différents concepts ici évoqués, la validité attribuée à une donnée informationnelle peut se définir comme étant le résultat d'un processus de valorisation de l'information qui prend appui sur différentes opérations mentales : l'évaluation de l'information, la détermination de sa pertinence, la validation des sources et l'examen de leur véridicité.

Ce processus de valorisation concerne bien l'attribution, par le destinataire, d'une valeur à la donnée. Mais tandis que l'évaluation se préoccupe de juger la qualité cognitive de cette donnée, et que la pertinence regarde du côté du besoin d'information exprimé par le sujet, nous dirons que la validation des sources s'intéresse, quant à elle, à déterminer les raisons de cette valeur, en termes de poids, d'importance, d'influence, voire de suprématie que peuvent conférer l'autorité et la notoriété acquises dans un domaine par l'auteur de ces données.

Par ailleurs, on peut rapprocher le concept de validation de celui de véridicité, puisque tous deux interrogent la source. Mais tandis que le premier s'assure de l'identité du destinateur, mesure sa responsabilité et la notoriété dont il bénéficie, le second s'attache au référent de l'énonciation, i.e. à ce discours empreint des intentions, des visions et des représentations de l'organisme s'exprimant au travers de cette source.

Processus de validation de l'information ou accréditation par le sujet d'une valeur à une donnée informationnelle [SavoirsCDI. 2007]
Processus de validation de l'information ou accréditation par le sujet d'une valeur à une donnée informationnelle [SavoirsCDI. 2007]

II. Didact. Le concept de validation doit être différencié des concepts associés de valorisation, évaluation, pertinence et véridicité (fig.1).

Il doit encore marquer sa différence avec les termes de fiabilité et de crédibilité, deux critères qui sont susceptibles d'entretenir une confusion, tout en n'offrant pas suffisamment de rigueur et d'exigence, du moins lors de recherches poussées. L'origine étymologique de ces termes ne plaide d'ailleurs pas en leur faveur, puisque, respectivement, fides «foi» et credere «croire» participent tous deux du registre de la confiance et de la croyance.

Par contre, l'examen par la «preuve tangible» auquel nous convie la définition de l'ISO relève bien de cette exigence attachée au concept de validation. L'examen en question engage l'exercice de la pensée critique, laquelle cherche justement à se déployer à distance des seules supputations relatives à la croyance et à la confiance. Ainsi la foi (fides) doit-elle être remplacée du mieux possible par la certitude qu'apportent le discernement et le jugement, ces deux capacités constitutives de l'esprit critique. Les termes critique, certitude et discernement, de même que leurs affiliés critère, crible, discrimination ou certification, proviennent tous du latin cernere «décider, passer au crible», lui-même issu, comme le grec kriter «juge» d'une racine indo-européenne krei- contenant l'idée de «séparer, cribler» et, par métathèse, de ker- «couper». C'est dire combien le concept de validation intervient dans l'élaboration de la pensée critique, puisqu'elle a pour visée de trancher entre les données dont la responsabilité est identifiée et garantie et les autres.

La validation des sources s'attachera donc, au terme d'une enquête, à :

  • connaître l'identité du destinateur des données informationnelles proposées ;
  • s'assurer de son aptitude à assumer la responsabilité des données et idées publiées ;
  • estimer la notoriété et rendre compte, le cas échéant, de la caution scientifique dont il bénéficie.

Termes corrélés

Valorisation de l'information - Évaluation de l'information - Source - Véridicité de la source - Pertinence - Responsabilité éditoriale - Notoriété - Caution scientifique - Auteur - Pensée critique

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