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Le collège Millevoye d'Abbeville (80) qui accueille 880 élèves fait actuellement l'objet d'une réhabilitation lourde (2008 à 2011). Au programme : réfection d’une partie des bâtiments existants, extension ou reconstruction de certains autres.
Le CDI qui occupait jusqu'alors 4 salles de classe dans le bâtiment de l'ancien collège trouvera prochainement sa place dans un nouveau bâtiment.
Delphine Cuisset, professeur-documentaliste et Blandine Duverlie principale du collège nous expliquent dans ce dossier les différentes étapes du projet et insistent sur la nécessité d'un travail collaboratif entre les différents partenaires.

Un CDI à Abbeville, visite et projet

Date : 04/2009 Durée : 5min31s Auteur : CRDP Amiens Copyright : Savoirs CDI

Delphine Cuisset, documentaliste nous fait visiter son CDI actuel... et nous expose ses projets de rénovation.

Travail préalable sur la conception et l’aménagement de l'espace CDI

Concevoir un nouveau CDI, n’est pas un projet facile, et bien souvent la parole et les écrits du documentaliste sont peu ou pas entendus de l’architecte.
Au collège Millevoye d’Abbeville, les souhaits de la documentaliste semblent avoir rencontré un écho favorable…

Le point de vue de la documentaliste

1 - Réflexion autour de quelques CDI observés dans l’académie d’Amiens, refaits ou neufs

a. De mon lieu de travail à d’autres CDI aux alentours

Arrivée en 2003, dans l’académie d’Amiens, j’ai pris mes fonctions pour mon premier poste, dans le CDI vétuste du Collège Millevoye.
Un CDI totalement inadapté pour un travail efficace de professeur-documentaliste : très mal agencé, il s’étale sur 4 anciennes salles de classes, alignées, n’ayant pour toute ouverture entre les salles que l’espace d’une porte de classe…
S’ajoute à ce lieu non pensé, du mobilier désuet, inapproprié pour la taille et le nombre des élèves qui fréquentent chaque jour le CDI (et je ne parle que de la structure de la pièce et du mobilier…)

Lors de réunions de secteur, j’ai pu visiter et observer, quelques CDI refaits ou neufs autour d’Abbeville (Collège de Saint-Valéry, Collège de Gamaches ou Lycée Boucher de Perthes, et récemment Collège de Longpré-les-Corps-Saints) : là encore, les documentalistes des lieux, m’ont indiqué :

  • les réussites
    • un grand espace avec des salles annexes pour recevoir une classe ou travailler sur les documents audiovisuels, par ex. : là le CDI devient vraiment un espace d’accueil et de formation pédagogique ;
    • une zone pour accueillir les expositions.
  • les échecs de conception
    • des escaliers en colimaçon menant à des mezzanines, impraticables pour les élèves ; 
    • des ordinateurs impossibles à surveiller, soit enfermés dans une pièce attenante au CDI, soit éparpillés dans toute la pièce ;
    • du mobilier mal placé pour le travail et l’observation des élèves par le documentaliste…
b. Comparaison avec  d’autres lieux de prêt et de lecture

Ayant travaillé auparavant dans des BM et des BU, j’avais pu observer l’agencement de ces lieux en fonction de leur public. J’avais ainsi constaté deux choses :

L’espace est souvent bien réparti en plusieurs zones clairement définies :

  • pour l’accueil et le prêt,
  • la recherche informatisée,
  • la lecture,
  • l’audio-visuel,
  • les adultes et la jeunesse.

Cet espace multiple est également ouvert sur plusieurs étages ou plusieurs pièces, avec, pour chaque zone dédiée :

  • des recoins ludiques pour des animations auprès des plus jeunes ; 
  • des mezzanines chaleureuses pour des lecteurs adultes passionnés et silencieux… Tous ces coins et recoins intermédiaires se prêtant bien pour les BM, étant gérés par plusieurs personnes qui renseignent, prêtent et surveillent à la fois … ;
  • des pièces attenantes pour le travail de traitement intellectuel du document, effectué par le bibliothécaire ou le conservateur de bibliothèque ; tâche qui requiert calme et concentration, et qui s’effectue loin du public et en dehors des heures d’ouverture au public.

Suite à cette expérience des BM-BU et après avoir observé quelques CDI refaits ou neufs, je me suis rendue compte, que nombre de ces CDI, avait été pensés par l’architecte, au niveau de leur agencement ou de leur mobilier, non comme des espaces pour accueillir des collégiens et un seul documentaliste, mais plutôt comme des Bibliothèques Universitaires ou des Bibliothèques Municipales avec plusieurs personnes pour gérer les lieux, le fonds documentaires et le public…

Or dans un CDI de collège, le personnel se réduit souvent à une personne, voire 2, quand il y a encore un aide-documentaliste, et son public se compose essentiellement d’adolescents, parfois remuants, entre 11 et 15 ans.
De plus, le documentaliste doit exercer en un même lieu (son bureau situé non loin des élèves) différentes tâches contrairement aux bibliothécaires qui se les répartissent dans différents lieux.

Maquette
Maquette

Réalisation de la maquette d'un nouvel espace CDI

Pour l’aménagement du nouveau CDI, on ne m’a consultée qu’une fois les plans du collège achevés et transmis à l’établissement.
Autrement dit, je n’ai pas eu mon mot à dire sur :

  • l’emplacement du futur CDI (mais son emplacement semble bien pensé : assez central dans le collège, non loin de la salle des professeurs, du bureau des CPE, de la reprographie et du bureau du COP) ;
  • ni sur son exposition à la lumière (un peu sombre, mais avec un puits de lumière prévu)
  • ni sur sa surface et sa structure (environ 250 m2, ce qui n’est pas une grande surface pour un collège de presque 900 élèves et qui ne possède pas de salles annexes pour recevoir une classe ou pour une consultation audiovisuelle, par ex., en dehors de la réserve…).

Je n’ai donc pu que m’adapter à la structure prévue et tenter d’intervenir sur son agencement intérieur pour que le CDI soit le plus fonctionnel possible…

1. De l'observation du plan d'origine proposé par l'architecte...

J’ai donc commencé par bien observer le plan du CDI donné par l’architecte et relever les points forts mais aussi les modifications à demander…

a. Les atouts

un grand espace qui n’est pas forcément carré ou pire étroit et tout en longueur comme j’ai déjà pu voir dans certains établissements, rendant difficile l’agencement des différents espaces dédiés ;

  • l’emplacement du bureau prévu par l’architecte me convenait : il n’est pas situé près de l’entrée, mais en face et semble permettre une surveillance de l’ensemble de la surface ;
  • de nombreux murs sont disponibles pour les rayonnages, du fait du nombre un peu réduit de fenêtres ;
  • un puits de lumière est prévu pour augmenter la luminosité naturelle.

b. Les inconvénients

pas de salle annexe pour travailler en petit groupe ou de salle audiovisuelle ;

  • des rayonnages placés par l’architecte, au milieu de la pièce, masquant toute surveillance et les tables de travail réparties dans les coins ;
  • pas de zone d’exposition.     

2. ... à mes propositions d'un nouvel aménagement, transmises à mon chef   d'établissement

a. Rédaction  d'un cahier des charges

Après l’observation du plan initial, je suis passée à l’action : m’appuyant sur les divers documents mentionnés ci-dessus, j’ai établi un cahier des charges, constitué de propositions pour l’aménagement du nouveau CDI : après avoir récapitulé les types d’activités développées au CDI, j’ai listé les différents espaces que je souhaitais créer et leur équipement à prévoir, notamment :

  • des rayonnages plutôt placés sur les côtés, dont la hauteur serait adaptée pour des élèves de collège, répartis selon les quelques piliers de la pièce, la surveillance, l’éclairage, etc. ;
  • des tables de travail centrées, faciles à observer depuis mon bureau, placées sous le puits de lumière pour un bon éclairage, pas trop éloignées des ordinateurs et des documentaires ;
  • un point écoute pour les documents audio (musique et livres-lus), près du "coin lecture" ;
  • des prises et des radiateurs bien placés, en tenant compte des différentes zones (radiateurs près des zones de lecture et non entre les rayonnages, par exemple)…

J’ai transmis ce dossier à mon chef d’établissement et j’ai attendu quelques semaines, guettant les réactions… sans résultat !
Avec mon chef d’établissement, nous nous sommes dit qu’il fallait peut-être rendre les choses plus concrètes pour l’architecte. J’ai alors essayé de créer une sorte de nouveau plan-maquette, avec du papier calque, du bristol et beaucoup de patience…

b. Création d'un plan-maquette

Mes propositions écrites n’ayant pas eu trop d’écho, je les ai rendues plus visuelles et plus concrètes : cf. maquette ci-contre.
J’ai donc redessiné les contours du futur CDI sur un papier calque et j’ai calculé l’échelle utilisée en fonction des données chiffrées du plan initial.

Utilisant l’échelle du premier plan, et après avoir recensé et calculé le nombre de meubles nécessaires pour chaque zone, ainsi que le nombre de mètres linéaires des rayonnages pour classer les différents documents, j’ai fabriqué avec du bristol de différentes couleurs, le mobilier prévu pour chaque espace dédié du CDI :

  • rose, pour le coin lecture,
  • jaune pour l’espace de travail et les documentaires,
  • bleu, pour le mobilier propre au documentaliste,
  • vert pour l’orientation,
  • blanc pour l’informatique.

Ainsi, j’ai pu me rendre compte plus facilement des différents espaces et de la place occupée par chaque meuble et faire différents essais avant de me décider pour l’emplacement de chacun.

Le nouveau plan terminé, je l’ai montré et transmis à mon chef d’établissement qui l’a accueilli très favorablement.

Des copies couleurs de ce plan ont été réalisées puis envoyées à l’architecte… qui, très surpris, a rapidement réagi et de manière très positive…

Un nouveau plan a été réalisé par son équipe, reprenant fidèlement le nouvel aménagement proposé et envoyé aux différents services du conseil général…
Cependant, si bien se documenter et faire des propositions claires et concrètes sont des atouts pour la réussite de ce projet, l’action du chef d’établissement reste indispensable pour une réelle prise en compte des considérations du documentaliste…

Le rôle de la chef d'établissement vu par elle-même

Quelques principes pour guider l’action :

En contribuant au projet de construction d’une structure scolaire, le chef d’établissement s’inscrit dans une logique pédagogique et partenariale. Il est responsable de la bonne marche des travaux, qui ne doivent pas se limiter à des nuisances subies mais permettre une réflexion approfondie sur les enjeux pédagogiques et l’appropriation par les usagers de nouveaux outils.

  • Les choix et les contraintes négociées liés aux locaux vont influer sur l’ambiance et la fonctionnalité des espaces pédagogiques.
  • Rien n’est anodin et le suivi du chantier requiert une attention constante et constructive à l’interne, pour prendre en compte les besoins, et en direction des partenaires, pour donner du sens à la construction.
  • La relation entre l’établissement et l’équipe de maîtrise d’œuvre n’existe pas en soi, mais doit être insufflée et entretenue, dans le respect mutuel des compétences.

1. Le chef d'établissement, porte-parole du documentaliste

Au collège Millevoye, la situation est particulièrement dégradée lorsque je le découvre à la rentrée 2005 : les attentes des personnels sont à la fois immenses et désordonnées. Il est important de restaurer la norme – ce à quoi peut prétendre un lieu d’enseignement au XXIème siècle – tout en instaurant un ordre de priorité et une adéquation des moyens aux besoins réels. Très logiquement, la discussion avec les équipes doit s’instaurer pour faire émerger une synthèse.

a. la réhabilitation s’inscrit dans une procédure réglementaire

Cette démarche s’inscrit dans une procédure officielle et réglementée :

  • la programmation ; 
  • le lancement du concours à partir du programme validé par la collectivité territoriale ;
  • le jury de concours et la désignation du lauréat ;
  • le dialogue avec l’architecte et l’équipe de maîtrise d’œuvre qui a obtenu le marché.

Au même titre que les locaux de la vie scolaire, le CDI est naturellement au centre des préoccupations, en tant qu’espace stratégique de l’établissement, à l’intersection de la pédagogie, de la culture et de l’information.
Totalement inadapté, il doit faire l’objet d’une analyse et d’une projection ambitieuse, pour répondre aux besoins d’accueil et de rayonnement du collège.  J’ai donc sollicité la documentaliste pour définir les besoins, les écueils à éviter, les points de vigilance à considérer, afin d’en rendre compte aux programmistes nommés par le Conseil général. A l’issue des rencontres opérées durant plusieurs mois avec les personnels, leurs observations ont été soumises à cette assemblée, qui a retenu un programme et lancé le concours d’architectes. Sur les nombreuses candidatures, trois cabinets ont été retenus pour concourir et proposer  un projet finalisé au jury, qui a désigné le cabinet Retureau.

Un premier filtrage des demandes intervient donc au moment de la validation du programme par le Président de l’assemblée territoriale, selon des critères budgétaires, des contraintes de surface, l’expertise liée à la compétence de cette instance dans le domaine de la construction publique.

La réflexion du collège sur les plans n’intervient qu’après le résultat du jury de concours. Il s’agit alors de faire évoluer, autant que possible, la structure, dans la configuration qui est la sienne. L’emplacement du CDI ne peut pas être modifié, par contre, son organisation interne peut faire l’objet de modifications. J’ai donc sollicité de nouveau la documentaliste pour une réflexion approfondie sur l’utilisation pédagogique de cet espace, afin d’optimiser au maximum son fonctionnement.

b. la démarche professionnelle au service du projet

En lui confiant cette nouvelle démarche, c’est son expertise professionnelle que je reconnais, dans ce qu’elle a de spécifique : le CDI ne peut pas être traité comme un espace banalisé – qui lui-même d’ailleurs requiert beaucoup d’attention. Je m’inscris dans un cadre de confiance mutuelle, qui s’est construit à travers d’autres dossiers, d’autres échanges. Je m’appuie sur Delphine Cuisset, pour que cet outil réponde à ses attentes mais aussi à celles de tout professeur documentaliste. J’ai conscience alors que tous les besoins qu’elle avait définis au moment de la programmation n’ont pas été retenus. Nous agissons désormais selon un principe de réalité, pour obtenir le meilleur au service des élèves et des usagers.

Comme nous l’avons réalisé pour les ateliers de la SEGPA, nous décidons de concrétiser la réflexion sur les plans, à l’échelle, en prenant en compte toutes les contraintes : fenêtres, prises électriques, réseau informatique, radiateurs, mobiliers, lumière, surveillance, archivage… Cette approche très concrète donne du sens à l’espace, qui peut être compris et validé par l’architecte, parce qu’il exprime une expertise.

2. Le chef d'établissement, intermédiaire entre les différents partenaires du projet

a. la logique partenariale

Le chef d’établissement assume un rôle d’interface entre les personnels et l’équipe de maîtrise d’œuvre. Il n’est effectivement pas concevable que l’architecte et les entreprises retenues soient confrontés à des demandes individuelles.
La relation entre le milieu professionnel des Bâtiments/Travaux publics et l’éducation nationale n’est pas gagnée d’avance et véhicule beaucoup de malentendus, de méconnaissance mutuelle, voire d’a priori négatif. Elle s’inscrit forcément dans une recherche de compromis, et nécessite de chacun de l’humilité et une ouverture aux autres.

b. les conditions d’une reconnaissance mutuelle

En contribuant concrètement à la réflexion, en acceptant d’entendre les contraintes techniques, d’être une force de proposition raisonnée, l’établissement scolaire gagne l’estime de professionnels, qui cherchent à leur tour à adapter leur travail à la réalité d’un monde, qui reste mystérieux pour les non-initiés.

En découvrant les plans proposés par la documentaliste, l’architecte a immédiatement salué la qualité du travail mené : passer de la réflexion papier à une maquette, c’était faire un pas vers lui, sur un terrain technique qui lui parle davantage. Grâce aux explications de Delphine Cuisset et à notre dialogue régulier, j’étais en capacité de traduire, d’aider à décrypter cet espace pédagogique particulier. Il a décidé d’implanter cette organisation sur les plans, afin qu’elle soit prise en compte dès le démarrage du gros-œuvre.

Pour avoir déjà réalisé d’autres CDI, il a reconnu avoir commis des erreurs, par manque d’information, de curiosité aussi peut-être, sur le fonctionnement et les contraintes d’un tel lieu. Le parcours de formation des architectes les amène souvent à mémoriser des implantations type bibliothèque universitaire. Il faut également avoir à l’esprit que l’effort de construction scolaire entrepris par les collectivités territoriales est relativement récent et que l’expérience nourrit peu à peu la démarche partenariale.

Nous avons ensuite poursuivi la réflexion avec la documentaliste, lorsque les corps de métier se sont succédé sur le chantier, pour affiner l’explication, préciser un impératif ou un questionnement. Les réunions de chantier hebdomadaires permettent la confrontation régulière des contraintes, des possibilités. Nous avons, par exemple, récemment modifié l’espace dédié aux postes informatiques, en raison de l’effectif du collège, en concertation avec les services TICE, les services de la construction du conseil général et l’équipe de maîtrise d’œuvre. Il s’agissait de répondre à une inquiétude argumentée concernant l’accueil des élèves et leur accès au réseau notamment.
La réflexion sur les couleurs vient de débuter, l’architecte a prévu d’associer Delphine Cuisset à notre travail lorsque nous aborderons le CDI.

Le chef d’établissement est reconnu comme interlocuteur à condition :

  • d’être porteur d’un projet collectif ;
  • d’être régulièrement impliqué dans les réunions ;
  • d’être fiable dans la prise de décision ;
  • de respecter les canaux de communication : le Conseil général étant le maître d’ouvrage et le décideur, c’est lui qui doit être informé de façon précise. Il s’adresse ensuite à la maîtrise d’œuvre sur la pertinence et la faisabilité, avant d’arbitrer et de prendre les décisions ;
  • de respecter les délais de ce qu’il s’engage à effectuer (évacuation de matériels, réunion avec les personnels, étude de besoins, contacts avec des organismes extérieurs, comme l’EDF par exemple pour des modifications  de compteurs, etc.) ;
  • d’être ouvert aux réalités d’un monde professionnel différent et de les respecter.

3. Le Chef d'établissement, diplomate

a. la recherche d’un compromis à l’interne

Comme tout projet collectif, la construction d’un espace pédagogique exige des efforts de diplomatie,  qui s’inscrivent aussi bien dans le dialogue interne à l’établissement que dans la réflexion partenariale.

La difficulté réside dans l’écoute de toutes les propositions pour faire émerger un projet unique, celui qui va déterminer la position collective, l’identité de l’établissement. Il ne suffit pas d’avoir raison pour être entendu, il faut avoir la modestie de penser que les autres peuvent, dans leurs compétences professionnelles, détenir une part de vérité.

L’addition des intérêts individuels étant rarement égale à l’intérêt collectif, il faut trouver ensemble la voie du milieu, celle qui va permettre à chacun de « s’y retrouver ». C’est un cheminement de longue haleine, consommateur de temps, d’arguments, de patience mais c’est le ferment de l’engagement de toute la communauté.

b. la posture professionnelle du chef d’établissement

La communication régulière à l’interne permet aux collaborateurs de se détendre, d’entrer à leur façon dans le dossier de construction, de se projeter dans les étapes à venir. Ce qui vaut pour le CDI vaut pour tous les secteurs du collège. Les personnels ne délivrent pas un blanc seing au chef d’établissement, ils lui accordent une confiance contrôlée pour faire aboutir un projet dont ils sont partie prenante.

La diplomatie préside aussi aux relations avec les autorités de tutelle, l’Inspection académique et le Conseil général. Le respect des règles de communication, la précision des messages et argumentaires contribuent au bon déroulement des opérations. Le chef d’établissement, s’il est la cheville ouvrière du projet, doit rendre compte et fournir aux autorités de tutelle les éléments indispensables à la prise de décision qui leur revient.

La diplomatie est nécessairement partagée sur le chantier : chacun doit réussir à faire peser ses arguments sans heurter l’autre, sans mettre en péril la démarche commune. Personne ne doit avoir le sentiment d’être perdant, il faut s’inscrire dans une logique de « gagnant/gagnant », en avançant ensemble vers une solution partagée et assumée.

Cette nécessité contribue à l’édification d’une pensée enrichie, d’un projet porté collectivement. Elle s’appuie aussi sur une bonne dose d’humour, qui permet à des personnalités très diverses d’avancer ensemble et de progresser individuellement.

Elle ne dédouane en rien le chef d’établissement de sa responsabilité de pilote, de décideur. Il doit trancher, clarifier et hiérarchiser les priorités, faire valoir sa voix auprès de tous les interlocuteurs, garder le fil rouge et y ramener les autres si nécessaire.

La difficulté réside dans la gestion du temps, car l’établissement scolaire continue à mener sa vie habituelle, avec les contraintes du chantier : tout doit être mené de front, l’état de grâce n’existe pas et il faut rester vigilant jusqu’à l’aboutissement du projet.

J’ai toujours considéré que cette réhabilitation était une chance à saisir pour le collège Millevoye, qu’il fallait donc anticiper pour être en capacité, dans les nouveaux locaux, d’utiliser toutes les ressources enfin mises à la disposition des élèves et des personnels.
La documentaliste, par le travail très précis qu’elle a mené, s’est projetée dans l’avenir pour viser l’efficacité et le rayonnement de son service.
Le CDI sera livré durant le dernier trimestre de l’année 2009, il nous faudra poursuivre la démarche jusqu’à l’automne 2011, dans le même esprit.
Pour reprendre le titre d’un livre de Marcello d’Orta, instituteur dans la banlieue de Naples qui reprend une rédaction d’élève, « j’espérons que je m’en sortira ! »

Pour aller plus loin

Les documents consultés par la documentaliste

  • Des livres
    • Créer, rénover, l’espace CDI. – Limoges : CRDP Limoges, 1994. – 59 p. : ill. 
    • Gascuel, Jacqueline. Un espace pour le livre : guide à l’intention de tous ceux qui construisent, aménagent une bibliothèque. – Nelle éd. – Paris : Editions du Cercle de la Librairie, 1993. – 419 p. : ill. .- (Bibliothèques)
    • N° spécial « les CDI du XXIe siècle ». – InterCDI, juillet-août 2001, n°172. Chap. I : l’aménagement pour un usage efficace du CDI, p. 6-33
    • Le livre bleu des documentalistes. – Paris : CNDP ; Orléans : CRDP, 2002. Chap. traitant de l’aménagement du CDI.
  • Des sites Internet
    • http://www.savoirscdi.cndp.fr Site de SavoirsCDI, rubrique « Centre de ressources », puis « Espace CDI » : on y trouve des conseils, des données chiffrées bien précises, des témoignages, des photos… et une vidéo d’un nouveau CDI, celui du collège d’Arthur Rimbaud d’Amiens !
    • http://documentaliste.ac-rouen.fr/spip/article.php3?id_article=20
      Partie du site de l’académie de Rouen, sur lequel on peut lire en ligne, un ouvrage de 51 pages, publié en 2000, intitulé : « Organiser l'espace CDI », qui propose un cahier des charges prenant en compte les différentes fonctions du CDI, qui présente un schéma d'organisation de l'espace et réfléchit sur le mobilier à acquérir.
    • http://www.crdp.ac-grenoble.fr/doc/biblio/cdicapes/bb_amenagmt.htm?image.x=9&image.y=7Site
      Site du CRDP de l’Académie de Grenoble, où l’on peut trouver, une sélection d’ouvrages sur l’aménagement et la restructuration d’un CDI, faite par Brigitte Bonhomme et Nathalie Kanouni, en juin 2004.
    • Guide d'aménagement des CDI. Académie de Toulouse Page internet de l’académie de Toulouse, qui propose depuis 2005, un guide d’aménagement des CDI.
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