L'autorité selon Twitter : Ne discutez pas avec moi M. Smith, j'ai 8237 'followers' de plus que vous !
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La multitude et la diversité des projets mis en place montrent les nombreuses possibilités de l'outil. La plus-value apportée par l’utilisation de Twitter en classe est indéniable.

Une ouverture réelle de la classe sur le monde

Les élèves découvrent d'autres horizons via les personnes rencontrées à distance. On l'a vu plus haut avec les projet e-tandems ou Peuple Loup mais cet élément est une constante des Twittclasses : citons encore les élèves de maternelle américains de @alamaternelle et leur "maternelle autour du monde", le projet d'échanges #140etplus initié par Nathalie Couzon entre la classe québécoise @classemegauron et @crotenaycycle3, les échanges entre les élèves montpelliérains d'@Idem_in_English et les élèves américains de @MmeLayman ou encore tous les échanges quotidiens entre twittclasses qui ne sont pas forcément inscrits dans un projet.

Un outil au service de la maîtrise de la langue

" On savait que ce qu’on publiait pouvait être lu. Du coup, on faisait attention à ce qu’on tweetait, à ne pas faire de fautes " [20], se souvient @Ameriquebecoise, ancienne élève de @jevousecris. On écrit pour être lu, l'orthographe, la grammaire de phrase et le vocabulaire prennent ici tout leur sens.

Ce point est une constante de l’utilisation de Twitter en classe, lorsque les élèves utilisent Twitter, une attention particulière est donnée aux outils de la maîtrise de la langue.

Écrire pour le plaisir

À l’instar d’auteurs contemporains qui ont pris possession de l’espace d’expression qu’offre Twitter ou des formes d’écriture qu’offrent la Twittérature [21], de la maternelle à l’université, s’exprimer, jouer avec les mots et avec la langue est facilité.

L’écrit court obligé par les 140 caractères devient contrainte d’écriture et vient défier l’imagination. Des mots-valises en CP, en passant par l’écriture de poèmes ou de haïkus au secondaire ou en lycée professionnel ou encore par la réécriture de monuments littéraires tels que «L’étranger» de Camus ou «Fin de partie» de Beckett, on donne du sens et de l’émotion à son texte court et on publie et on partage ses créations.

Les travaux des élèves des classes @ladeuxiemeannee (projet «Fabriquez un #Po_M»), de @ivoix (Twittroman «l’Étranger»), de @littlyc (création de haïkus à propos de «Fin de partie») ou de @AnnieSentiers (devoirs d’écriture via Twitter) illustrent bien l’utilisation littéraire de l’outil. Le ministère de l’Éducation québécois a le 18 novembre reconnu l’outil Twitter comme outil permettant l’enseignement du français et de la littérature en attribuant une subvention de recherche à l’Institut de Twittérature comparée. [22]

Écrire pour être lu, une grande source de motivation

Les interactions sont présentes, les élèves s'adressent aux personnes abonnées et savent qu'elles les lisent.
« Cet outil est très motivant pour les élèves et leur donne le goût d'écrire, parce qu'il permet d'utiliser un support numérique attrayant pour eux, mais surtout parce qu'ils ont su créer depuis le début du projet un réseau avec lequel communiquer (parents d'élèves, autres classes, professeurs, journalistes...). Les enfants ont de nombreux destinataires qui interagissent avec eux. Ils écrivent donc avec plaisir car ils ont conscience qu'ils seront lus (et pas seulement par l'enseignant de la classe comme c'est souvent le cas lors des écrits scolaires). », signale Amandine Terrier, enseignante de la classe @crotenaycycle3.

Contrairement à l'écrit purement scolaire adressé au seul professeur voire à la classe ou encore au site de l'école ou de l'établissement (dont les lecteurs sont souvent restreints aux cercles scolaire ou familial), le lectorat du compte Twitter est plus ouvert et touche d'autres horizons.

Éduquer aux médias et en particulier au média internet

Les notions de publication, de gestion de compte, d'identité numérique, de droits sont ici abordées au quotidien et ancrées dans des situations réelles. Utiliser et gérer le compte créé, accompagné de son professeur, permettra à l’élève une utilisation éclairée d’un éventuel futur compte personnel sur les réseaux sociaux.
Lors de publications liées à Twitter via des outils de curation (voir la partie consacrée à ce sujet en fin de dossier), les élèves sont confrontés à la validation des informations récoltées durant leur veille. Quel est l’angle d’écriture choisi ? L’article tend-il à l’objectivité ? La source est-elle fiable ? Toutes ces questions liées au traitement de l’information pourront alors être traitées avec les élèves.

Un vaste champ d'utilisations

Chaque projet présente une utilisation différente de l’outil : comme tout outil, il est adapté par l’enseignant en fonction de ses objectifs pédagogiques. Néanmoins, il est possible de les regrouper en quatre grandes catégories :

  • les échanges : entre classes, élèves / abonnés, élèves / professeur ou encore parents / classe,
  • le partage de la vie de classe au quotidien,
  • les voyages et les sorties scolaires (tweetés « en direct » via le smartphone de l’enseignant par exemple),
  • les projets spécifiques utilisant l'outil exclusivement ou couplé à d'autres outils du web 2.0 (blog, outils d’écriture collaboratif, cartographie, etc.).

Notes de bas de page

[20] Témoignage à retrouver sur le blog de D. Regnard : http://drmlj.wordpress.com/2011/07/12/de-lautre-cote-du-twirroir et sur le blog de M. Kéloufi : http://ameriquebecoise.wordpress.com/2011/10/12/moi-melina-15-ans-jai-twitte-3/

[21] On pourra suivre par exemple les écrits de Fabrice Melquiot, auteur de théâtre contemporain (voir sa biographie sur cette page : http://www.fabricemelquiot.fr/index.php?/biographie/biographie ) sur son compte Twitter : twitter.com.fabricemelquiot ou s’intéresser à l’institut de Twittérature comparée : http://www.twittexte.com/

[22] - Projet «la fabrique à #po_M» : http://maonziemeannee.wordpress.com/2011/01/14/creer-des-espaces-numeriques-poetiques-tumblr-et-twitter-au-service-de-la-poesie

-    Dossier Twittérature du Café pédagogique avec les projets @ivoix, @littlyc et @AnnieSentiers : http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lenseignant/lettres/francais/Pages/2011/124_DossierTwitteratures.aspx

-     «La «twittérature» reconnue par le ministère de l'Éducation», article de Marc Allard pour le journal Le Soleil, 18/11/2011 : http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/education/201111/18/01-4469464-la-twitterature-reconnue-par-le-ministere-de-leducation.php

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