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La Bilipo : une bibliothèque pas si étrange ...

Par Anne Francou,
Documentaliste SavoirsCDI
[mai 2008]

Mots clés : policier : genre , bibliothèque

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Fantomas (avec l'autorisation de la Biblipo)
Fantomas (avec l'autorisation de la Biblipo)

Interview de Catherine Chauchard, conservatrice-en-chef et
d'Alain Régnault, bibliothécaire à la BILIPO

Bilipo
48-50 rue du Cardinal Lemoine
75005 Paris
Présentation de la Bilipo à consulter sur le
Ouvre ce lien externe dans une nouvelle fenêtresite de la Mairie de Paris


 

Bonjour Catherine Chauchard. Pouvez-vous vous présenter ?

Catherine CHAUCHARD : Je suis responsable de la Bilipo depuis 1995, date à laquelle cet établissement s’est installé dans ces locaux (48-50 rue du Cardinal Lemoine). C'est devenu à ce moment-là une bibliothèque à part entière, bibliothèque du réseau de la ville de Paris. La Bilipo était installée précédemment au sein de la bibliothèque Mouffetard dans le 5e arrondissement et constituait un fonds spécialisé au sein de cette bibliothèque. 
Cette bibliothèque est ouverte à tous les publics mais elle a la particularité d’avoir un fonds qu’on ne consulte que sur place. Nous recevons le dépôt légal pour la littérature policière, nous avons donc l’obligation de conserver dans les meilleures conditions possibles ces fonds et de les communiquer à tous les publics.

Que veut dire l’appellation Bilipo ?

Catherine CHAUCHARD : Bilipo est l'acronyme de BIbliothèque des LIttératures POlicières. Petit clin d’œil à l'OuLIPO [1] ... Acronyme dont bien des gens aujourd’hui réclament la paternité sans trop savoir qui en a eu l’idée au départ. En tous cas, ce nom accroche bien apparemment, même si les gens ne peuvent pas toujours le développer... Ce qui était intéressant, c’était ce pluriel des littératures policières : l’énigme, le noir, le suspense, la réalité du crime - criminologie, criminalistique, affaire criminelle - qui, somme toute, alimente la littérature policière,  les littératures d’espionnage, les littératures populaires criminelles qui précèdent la littérature policière proprement dite, la littérature policière pour la jeunesse, les bandes dessinées policières, le théâtre policier, les séries télévisées policières, le cinéma policier... Bref toutes les formes que peuvent emprunter le genre. Donc un champ très très ouvert.

Combien de personnes travaillent au sein de la Bilipo actuellement ?

Catherine CHAUCHARD : Nous sommes 7 bibliothécaires de toutes catégories. Plusieurs cadres A, des gens tous passionnés avec des goûts propres,  qui ont choisi d’être ici et qui sont heureux d’être ici ! Les affectations se répartissent entre les périodiques, le traitement des imprimés, les bibliographies, les expositions, les animations, sachant que tout le monde est requis pour des opérations importantes. Il s’agit de bibliothécaires auxquels on demande une vraie polyvalence, même s' il y a des sections, des tâches un peu spécifiques pour chacun.

Le fonds de la bibliothèque provient-il exclusivement du dépôt légal ? Quelle est la politique documentaire de l'établissement ?

Catherine CHAUCHARD : Nous avons conclu un accord depuis 1984 avec la Bibliothèque Nationale qui nous a transféré les fonds policiers de la bibliothèque de l’Arsenal [2] qui était un des départements de la Bibliothèque Nationale spécialisé dans la littérature et qui, à ce titre, recevait les romans policiers. Mais elle manquait de place et elle n’était pas nécessairement très bien identifiée comme un lieu où l’on pouvait trouver ces romans.
La Bibliothèque Nationale gardait et garde toujours un exemplaire du dépôt légal. Mais le deuxième exemplaire arrive à la Bilipo - il y en avait quatre en 1984, alors qu' aujourd’hui il y en a plus que deux -.  Nous sommes maintenant Pôle associé de la Bibliothèque Nationale en matière de littérature policière. Nous avons  défini ensemble un profil : tout ce qui paraît en France en fiction policière écrite ou traduite en français parvient à la Bilipo. Dans ce profil, on a aussi défini l’attribution d’un certain nombre de documentaires soit sur la littérature policière, soit sur les affaires criminelles.
Néanmoins des choses peuvent échapper au dépôt légal, à nous de nous les procurer. Le transfert des fonds anciens n’a pas  toujours été complet ; la bibliothèque de l' Arsenal n’avait pas nécessairement tout reçu en son temps. Nous essayons donc de compléter les lacunes des fonds anciens, ce qui n'est pas facile !  Nous n’avons pas eu non plus de transfert des collections populaires à connotation criminelle. Nous achetons aussi la littérature policière pour la jeunesse parce qu' elle ne nous est pas attribuée - elle va plutôt à la Joie par les livres [3] qui est attributaire des romans jeunesse -. La bande dessinée policière, elle,  est attribuée au CNBDI [4] d' Angoulême au titre de la BD. Nous essayons de connaître l’existence et d’acheter les documents critiques sur les auteurs, sur le genre policier.  Il faut noter qu'il y a quand même plus de documentaires sur la littérature policière en anglais et dans d’autres langues  qu’en langue française.
Nous avons bien sûr des crédits propres pour acheter tout cela.

Par exemple, si je souhaite me procurer les scénarii de séries policières télévisées, est-ce  que je peux m'adresser à la Bilipo ?

Catherine CHAUCHARD : On reçoit les story-board qui sont en vente  par le dépôt légal et, parfois, on les achète, mais les scénaristes ne viennent pas déposer chez nous leur travail.  Par contre, on a reçu un don des scénarios des Maîtres du mystère [5] et de toute la série d’émissions radio qui ont été faites par Pierre Billard et Germaine Beaumont. C'est le Centre National de la Cinématographie qui reçoit les dépôts concernant les films.
Le fils de Jean-Patrick Manchette vient de verser à la Bibliothèque Nationale un certain nombre de documents de son père ; parmi ces documents il y a les scénarii que Manchette a écrits pour le cinéma.   En revanche, vous trouvez à la Bilipo des livres sur les séries télévisées policières - il en paraît un certain nombre -, des études sur le sujet et des inventaires des épisodes, des commentaires, éventuellement aussi des grandes figures de ces séries.

Trouve-t-on également des romans policiers en langue étrangère ?

Catherine CHAUCHARD : On a des romans en anglais, en allemand, en espagnol et dans des langues même plus rares, mais il s'agit souvent de dons ou d'achats un peu exceptionnels. En fait, on n'aurait ni la place ni les moyens de traiter les parutions étrangères. C’est vrai que c’est un petit peu dommage de ne pas avoir un texte d'Agatha Christie ou de Conan Doyle en langue originale ...
Nous avons développé aussi  un fonds iconographique, notamment des affiches qui annoncent des pièces de théâtres, des festivals, des manifestations policières mais aussi des affiches de films policiers qui sont très utiles pour animer les expositions.
Nous avons aussi des dossiers de presse constitués à partir de la presse générale sur les auteurs, sur la littérature policière, sur le cinéma policier, mais aussi sur les affaires criminelles. Nous avons des périodiques spécialisés sur les genres policiers, sur des auteurs quelquefois, sur certains aspects de cette littérature policière mais aussi sur les affaires criminelles, par exemple : Civique, Liaison, journaux de la police, de la gendarmerie, Crimes, Histoires Sociétés mais aussi VSD, Détective, etc.
Ce sont vraiment deux volets de notre documentation : la fiction et la réalité du crime.
C'est Alain Régnault qui s'occupe plus spécifiquement des périodiques, je vais donc lui laisser la parole...

Bonjour Alain Régnault. En quoi consiste votre travail au sein de la Bilipo ?

Alain REGNAULT : Je m’occupe plus spécialement de la presse. Une partie importante de mon travail porte sur la presse quotidienne : il s'agit de faire des revues de presse sur les auteurs, sur le cinéma policier, sur les affaires criminelles, les crimes et les délits, etc. C’est une masse de documents à repérer, découper, classer, ranger, ordonner. Je m’occupe aussi de la gestion de la presse spécialisée, à la fois les revues françaises et étrangères. Il  peut s'agir de revues régulières comme 813 [6], la plus importante, mais aussi de petits fanzines très irréguliers qu'il faut repérer et suivre. Il existe environ une vingtaine de revues françaises spécialisées.
Je peux  travailler aussi sur la mise en place d'expositions, sur les animations ainsi que sur les formations plutôt en direction de la jeunesse. Il faut dire qu' au départ, je suis bibliothécaire pour la jeunesse. Quand je suis arrivé à la Bilipo en 1987, j’ai pu suivre l’évolution et le renouveau des collections policières pour la jeunesse - avec la Souris Noire, qui a commencé en 1986 - . Avec une collègue, nous avions mis en place une formation pour les bibliothécaires et nous recevions des classes régulièrement à qui l'on proposait une animation autour de la littérature policière pour la jeunesse.

Est-ce qu'il est toujours possible pour une classe de bénéficier de ces animations ?

Alain REGNAULT : Jusqu’en 2003, nous recevions des classes par le biais d'une association qui s’appelait «Arts & éducation» et qui était subventionnée par la ville de Paris. Cette association proposait aux enseignants et aux documentalistes des collèges parisiens des animations "clef en main" : visites de monuments, visites d’expositions, parcours dans Paris dont un parcours littéraire dans lequel la Bilipo était intégrée. L’animation à la bibliothèque consistait en deux heures de rencontre, une heure avec la Bilipo où nous présentions le roman policier à l'aide d'une typologie rapide : les personnages, les lieux, les thèmes, la richesse et la diversité du genre, dans le but de montrer aussi les collections nouvelles, les titres phares et de donner envie aux jeunes de lire des romans policiers. Une rencontre avec un auteur avait lieu dans un deuxième temps rencontre préparée en amont par le professeur de français avec ses élèves. Enfin, les jeunes partaient voir un film policier à la Cinémathèque.
En 2003, l’association s’est arrêtée. Nous avons mis en place une exposition sur le roman policier pour la jeunesse parce qu’il nous semblait important à ce moment-là de faire le point depuis 1986 sur toute l’évolution de ce secteur. On sentait aussi, à cette période où Harry Potter commençait à occuper toute la place, qu' il y avait une baisse des collections et  peut-être aussi un peu moins de textes publiés. Cette exposition, qui s'appelle «Coup de jeune sur le polar» [7] est itinérante et peut être louée. A la suite de cette exposition il y a eu une publication  «Enquête sur le roman policier pour la jeunesse» [8] dans laquelle on peut trouver  l’historique du roman policier pour la jeunesse, les différentes collections et les coups de cœur.
Depuis cette exposition, nous avons décidé, pour qu' il y ait une continuité, de créer un prix littéraire qui s’appelle les «Mordus du polar» [9], un prix de jeunes lecteurs. Nous travaillons en partenariat avec les bibliothèques jeunesse de la ville de Paris qui se portent volontaires pour participer à ce prix.

En quoi  consiste ce prix ?

Alain REGNAULT : Ce prix s’adresse aux 12-14 ans - d'ailleurs, c’est dans cette tranche d’âge, à mon avis, qu’il y a les textes les plus intéressants - . Les bibliothécaires impliqués choisissent quatre titres dans la production éditoriale que les jeunes commencent à  lire en décembre. Ils rencontrent ensuite les auteurs et votent au mois de mai.  Il y a autour de 140 inscrits pour cette cinquième édition. Pour l’instant, cela fonctionne bien puisque chaque année, de nouvelles bibliothèques s’inscrivent et qu' il y a de plus en plus de lecteurs.
Travailler avec l’Education Nationale, pourquoi pas ? Dans la mesure où le prix reste basé sur une démarche volontaire. Par exemple, une classe de 6e participe au prix, mais ce sont les élèves les plus motivés qui s’inscrivent et qui votent.

Accueillez-vous encore des classes à la Bilipo ? Si un enseignant monte un projet spécifique autour du genre policier,  peut-il rentrer en contact avec vous ?

Alain REGNAULT : On peut recevoir encore quelques classes sur demande particulière quand il y a un projet spécifique mais ce n’est pas systématique. On présente la bibliothèque, on fait un petit tour dans les réserves, on présente quelques titres. On peut fournir aux enseignants une bibliographie que j'ai élaborée.

Revenons à des questions plus techniques. Quel est le système de classification adopté ?

Catherine CHAUCHARD : C’est un système qui nous est propre mais qui obéit quand même aux logiques assez classiques des classements en bibliothèque. C’est une classification alpha-numérique, décimale, qui va du général au particulier, qui a neuf classes comme la Dewey et qu’on affine un petit peu en fonction de l’évolution du fonds.  Par exemple, le 1 comprend les généralités sur le roman policier, le 2  les anthologies, le 4  tout ce qui concerne les auteurs policiers -bio- et bibliographies-.  Cette classification est conçue de telle manière qu’on puisse l’affiner, la développer.
En ce qui concerne les dossiers de presse, il s'agit d'un classement alphabétique par auteur, par scénariste ou par acteur de cinéma.
C’est un classement thématique qui a été adopté pour les affaires criminelles.

Effectuez-vous du désherbage ?

Catherine CHAUCHARD : Pas vraiment, parce qu’on a avant tout une vocation de conservation. Cependant, quelquefois, il peut y avoir du côté des documentaires des choses qui n’ont plus d’intérêt pour personne ou des éditions nouvelles qui nous permettent de pilonner des documents totalement dépassés et pour lesquels nous n’avons pas une vocation de conservation absolue. Pareil en ce qui concerne les dépouillements de la presse qui sont un peu difficiles à contrôler parce que ça va des crimes de sang, des crimes passionnels, des affaires proprement criminelles jusqu'aux scandales politico-financiers, aux sectes, à la drogue, la prostitution, la police, etc.
On peut savoir aujourd’hui ce que les gens consultent. On peut faire des statistiques, on peut observer les comportements mais qu'en sera-t-il dans 30 ans ? Ce qui n’intéresse pas aujourd’hui nos contemporains - qui lisent les faits divers dans la presse quotidienne et qui n’ont pas besoin de venir consulter ces dossiers-là chez nous- prendra peut-être de l’intérêt dans quelques temps. Pilonner, désherber, n’est pas une démarche naturelle pour nous, même s'il nous arrive de le faire, par manque de place. On peut espérer avoir des réserves extérieures un jour plutôt que de devoir pilonner...

Le fonds de la Bilipo est-il informatisé ? Avec quel outil ?

Catherine CHAUCHARD : Lorsque nous avons ouvert ici, nous avons été la première bibliothèque spécialisée de la ville de Paris à être informatisée. Le système alors, qui était celui des bibliothèques de prêt, s'appelait GEAC. Le chantier en cours depuis très longtemps d’informatisation des bibliothèques spécialisées est en cours d’exécution. Nous avons été réinformatisé avec le logiciel Port-folio et l’intégrateur Inéo. Petit-à-petit tous nos fonds  ont basculé de GEAC sur Port-folio. On peut enfin  introduire les périodiques, les dossiers documentaires, les fonds iconographiques, enfin l’ensemble de notre documentation ce qui n’était pas possible dans GEAC où ne figuraient que les monographies. On a un vaste chantier devant nous ! 

La base documentaire est-elle consultable à distance ?

Catherine CHAUCHARD : Oui, elle est consultable en ligne à partir du Ouvre ce lien externe dans une nouvelle fenêtrecatalogue collectif des bibliothèques de la ville de Paris [10].  Vous trouvez aussi bien le catalogue des bibliothèques de prêts que celui des bibliothèques spécialisées. Avec, on peut l’espérer, un jour des expositions en ligne, des bibliographies et des documents.

Si on veut venir consulter le fonds à titre individuel, quelles sont les formalités ?

Catherine CHAUCHARD : On vous demande une pièce d’identité à l'entrée et vous devez remplir un formulaire. Tout le monde peut consulter, qu’il soit parisien ou pas.

Quels sont les services documentaires que vous proposez ?

Catherine CHAUCHARD : Michèle, une de nos collègues, fait beaucoup de bibliographies à la demande. Nous avons une publication annuelle qui s'appelle  «Les crimes de l’année» qui est une sélection bibliographique des ouvrages parus dans l’année, qu'il s'agisse de livres pour adultes, de romans pour la jeunesse, de documentaires, de bandes dessinées policières, et pour laquelle nous établissons des index. Ces cumuls d’index lui permettent déjà de répondre à un certain nombre de demandes. Cette publication peut être achetée auprès de Paris bibliothèques [11], association qui nous aide dans l’élaboration de nos animations, nos expositions et la production de nos publications. C’est aussi auprès d’eux qu’on peut se procurer les expositions que fait la Bilipo et qu’elle conçoit toujours de manière à ce qu’elle puisse être itinérante.

Quel type de public fréquente la Bilipo ?

Catherine CHAUCHARD : Etant donné la contrainte de la consultation sur place, on reçoit  des étudiants, des chercheurs, des journalistes, des scénaristes éventuellement mais aussi beaucoup d’amateurs, que cela soit pour les faits divers ou pour la littérature policière,  qui savent qu’ils vont trouver chez nous des titres épuisés, etc.
Les âges sont variables : il arrive que des jeunes  viennent lire de la littérature jeunesse pendant les vacances. Des collégiens et des lycéens viennent faire des exposés sur des auteurs -je crois que la littérature policière est au programme des classes de 5è-. On reçoit leurs enseignants,  des auteurs aussi, beaucoup de collègues professionnels bibliothécaires, documentalistes, enseignants qui préparent une animation, un cours, une formation, un festival, etc.

Travaillez-vous en réseau avec d'autres structures ?

Catherine CHAUCHARD : Oui, bien sûr. On essaie de faire en sorte que rien de ce qui est policier ne nous soit étranger. On travaille pour de nombreux  festivals, Alain et nos collègues sont impliqués dans un certain nombre de prix policiers, comme le «Prix Ministère de la critique», «Le grand prix de littérature policière», le Festival de Montigny-les-Cormeilles en banlieue parisienne, le «Prix polard SNCF» qu’Alain suit aussi bien au niveau des sélections qu’ensuite durant la vie du prix. On vit dans un bain culturel qui nous permet de suivre l’actualité, de connaître  tous les acteurs actuels et moins actuels du roman policier : auteurs, éditeurs, traducteurs, attachés de presse.

La Bilipo est-elle connue à l'étranger ? Existe-t-il des structures équivalentes ?

Catherine CHAUCHARD : C’est une bibliothèque qui a une vocation nationale et internationale. La Bilipo est une bibliothèque quand même extrêmement originale qui commence à être repérée internationalement comme un centre de ressources. Il existe des structures un peu équivalentes en Scandinavie mais cela reste  limité aux littératures nationales alors que nous, nous nous intéressons à tout ce qui est traduit. On travaille beaucoup avec les centres culturels européens à Paris, on essaie  aussi  d’avoir des relations avec des correspondants en Europe, des  libraires. Par exemple, la Librairie Murder One à Charing Cross dirigée par Maxim Jakubowski) , bibliographe que je rencontre chaque année au Festival de Frontignan ; Thomas Brenisca à Bonn,  qui nous fournit des listes de nouveautés et qui nous tient un peu au courant de l’actualité du polar en Allemagne ; Jordy Canal, collègue bibliothécaire à Barcelone qui a développé les collections policières dans sa bibliothèque et qui est à l’origine d’un festival à Barcelone ;  en Italie il y a  la librairie Il Giallo à Milan, etc. Il existe un site qui s’appelle Europolar [12] auquel appartiennent les gens que je viens de citer et avec lesquels on essaie de travailler. On essaie d’avoir des contacts un peu personnels avec des amateurs.
Le polar est un genre qui suscite des passions. Le phénomène du fanzine existe depuis longtemps  dans la littérature de "mauvais genre",  le relais ayant été pris par internet. Il y a maintenant moins de fanzines mais davantage d'ezines [13] .
La Bilipo est donc un établissement un peu singulier mais assez unique.

[1] OuLIPO = Ouvroir de LIttérature POtentielle. Site officiel consultable sur Internet. Adresse URL : Ouvre ce lien externe dans une nouvelle fenêtrehttp://www.oulipo.net/
[2] Présentation de la bibliothèque de l'Arsenal sur le site de la mairie de Paris. Adresse URL : Ouvre ce lien externe dans une nouvelle fenêtrehttp://www.paris.fr/portail/Culture/Portal.lut?page_id=504
[3] Site officiel consultable sur Internet. Adresse URL : Ouvre ce lien externe dans une nouvelle fenêtrehttp://lajoieparleslivres.bnf.fr/masc/
[4] CNBDI = Centre National de la Bande Dessinée et de l'Image. Site officiel consultable sur Internet. Adresse URL : Ouvre ce lien externe dans une nouvelle fenêtrehttp://www.cnbdi.fr
[5] Série radiophonique culte diffusée sur la Radio Française entre 1952 et 1974  tous les mardis de 20h30 à 21h30
[6] Site officiel consultable sur Internet. Adresse URL : Ouvre ce lien externe dans une nouvelle fenêtrehttp://www.813.fr/
[7] Site de la mairie de Paris. Adresse URL : Ouvre ce lien externe dans une nouvelle fenêtrehttp://www.paris-bibliotheques.org/exposition404.html
[8] Ballanger, Françoise (Dir). Enquête sur le roman policier pour la jeunesse. Paris : La Joie par les livres/Paris bibliothèques, 2003
[9] Les palmarès du prix sont consultables sur le site  Ricochet. Adresse URL : Ouvre ce lien externe dans une nouvelle fenêtrehttp://www.ricochet-jeunes.org/prix.asp?prixid=292
[10] Catalogue consultable en ligne. Adresse URL :www.bibliotheque.paris.fr
[11] Paris bibliothèques.  10, rue de Clichy dans le 10e arrondissement. Site officiel consultable sur Internet. Adresse URL : Ouvre ce lien externe dans une nouvelle fenêtrehttp://www.paris-bibliotheques.org/
[12] Site officiel consultable sur Internet. Adresse URL : Ouvre ce lien externe dans une nouvelle fenêtrehttp://www.europolar.eu.com/
[13] Ezine désigne un magazine électronique

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