École Ilet à Aurère (classe unique)École Ilet à Aurère (classe unique)

École Ilet à Aurère (classe unique)

L'aurore d'Aurère

Image de présentation

 

Ce reportage a été réalisé par la délégation Éducation et Société de Canopé.

L’édito

Gilles et MoniqueVivre à Mafate, c’est un peu habiter une île dans l’île. Ici, l’isolement n’est pas provoqué par la mer mais par les ravines, pitons et remparts. Les premiers hommes et femmes qui s’y sont frayé un chemin pour fuir leurs conditions d’esclaves ne pouvaient imaginer que, des années plus tard, ces lieux feraient la fierté de la Réunion en étant classés au patrimoine mondial de l’Unesco.

Les douze élèves de la classe unique de l’école d’Aurère sont partis avec leur enseignante, Laetitia Mussard, à la rencontre de ces découvreurs de Mafate. Pour les accompagner, ils ont créé Maloya, un petit garçon habitant Aurère, comme eux. Avec lui, ils ont remonté le temps jusqu’au début du peuplement de la Réunion.

Pour raconter l’histoire de Maloya, ils ont accompli un véritable travail narratif, aidé en cela par l’écrivain Fred Mussard qui leur a donné des conseils pour écrire, puis réécrire les différents épisodes de ce récit. Bien sûr, cette histoire est fictive, mais elle s’appuie sur une recherche historique approfondie. Les élèves ont mené l’enquête auprès de leurs parents et grands-parents, ils ont questionné des historiens et fait des recherches documentaires. Malgré l’isolement géographique qui caractérise la vie dans le cirque de Mafate, les élèves ont créé de nombreux liens avec différents partenaires et grâce aux nouvelles technologies, ils ont toujours gardé le contact avec « les bas ».

Gilles Pennec, Atice de la circonscription et coordinateur du projet
Monique Juhel
, coordonnatrice des écoles du cirque de Mafate

Une école, un îlet, dans un cirque de montagne

Carte de La Réunion

Géolocialisation de l'école

L’Îlet à Aurère est l’un des hameaux (environ 60 habitants) du cirque de Mafate, région montagneuse de la Réunion classée au patrimoine de l’Unesco.
Entouré de sommets approchant les 3 000 m, l’îlet fait partie de la commune de la Possession (dans « les hauts »), qui s’étend jusqu’à la ville du même nom en bord de mer (dans « les bas »). Ses plus proches voisins habitent l’Îlet à Malheur, à 20 minutes de marche.
Le cirque de Mafate reste un territoire isolé auquel on accède à pied, ou plus rarement, en hélicoptère. Aujourd’hui, paradis des randonneurs, il a naguère servi de refuge aux esclaves en fuite, les « Noirs marrons », qui en furent les premiers habitants.

École Ilet à Aurère

Le maloya, héritier des chants des esclaves, fait ici partie d’une culture commune ; tous jouent de cette musique qui est l’occasion de moments festifs.

Un moment festif après l’école au rythme du maloya

L’école de l’Îlet à Aurère, l’une des huit écoles[1] du cirque de Mafate, est constituée d’une classe unique de 12 élèves (2012-2013) : 2 MS, 2 CP, 3 CE1, 2 CE2, 3 CM2. Outre son enseignante et directrice, Laetitia Mussard, une aide à la direction (mi-temps), une cantinière, une aide-cantinière, un jardinier et une Atsem pour les maternelles » y travaillent.

Musique, chant et danse

Laetitia Mussard, qui avait commencé en début d’année scolaire un travail sur l’histoire de la Réunion avec ses élèves, a d’emblée accepté la proposition de Gilles Pennec, Atice, de réaliser un webdocumentaire à partir de l’histoire de l’Îlet à Aurère ; l’occasion de proposer un projet pluridisciplinaire motivant, du CE1 au CM2, de stimuler le travail sur l’écrit (lecture et écriture), d’introduire un usage régulier des Tice en classe et d’associer les parents à une aventure qui concerne tout l’îlet.

L'école au pied des montagnes

Le webdoc de la classe unique de l’Îlet à Aurère

« L’aurore d’Aurère »

« Les élèves du CE1 et du cycle 3 sont partis à la recherche de l’histoire de leur îlet, étroitement liée à celle de l’esclavage et en particulier à celle des « Noirs marrons ». C’est l’occasion de questionner les anciens du village, de rencontrer des historiens afin de comprendre comment s’est peuplé Mafate, de découvrir quels personnages ont marqué son histoire et quelles étaient les conditions de vie de ces premiers habitants, ou encore de s’interroger sur la signification d’une étrange sculpture[2] posée devant l’école et qu’ils ignoraient jusqu’alors », nous dit Gilles Pennec.

Œuvre monumentale devant l’école

Œuvre monumentale devant l’école

Les élèves collectent ou produisent différents documents (photographies, textes, enregistrements, etc.) et écrivent un récit imaginaire, inspiré de faits réels : l’histoire d’un petit garçon, appelé Maloya, qui explore avec l’internaute six périodes, de 1638 à nos jours, grâce à la machine à remonter le temps de son grand-père.

1. L’installation (de 1638 à 1665) : l’île devient française et les premiers colons s’y installent
2. Les débuts de l’esclavage et… du marronnage (1715-1751)
3. La « dynastie » Lemarchand, les fondateurs (1784-1849) : la découverte et le développement de l’Îlet à Aurère
4. La fin d’un crime contre l’humanité… le début de la désillusion (1848-1945)
5. Un îlet déserté (1948-1974).
6. Un îlet repeuplé

Les visiteurs du webdoc pourront de surcroît se renseigner sur les personnages ayant marqué l’histoire de l’îlet et parcourir un lexique spécifique à l’esclavage et au marronnage.

Les partenaires

Le fonctionnement partenarial entre l’enseignante, la circonscription de la Possession, les Ceméa et des intervenants extérieurs a pris tous son sens lors des journées des 15 et 16 avril 2013, où se sont réunis à l’Îlet à Aurère les principaux partenaires et les parents autour de la classe et de son projet de webdoc.

La circonscription de La Possession
La circonscription est représentée par Gille Pennec, ainsi que Monique Juhel (coordonnatrice des écoles du cirque de Mafate) et Odile Villiers-Moriamé (conseillère pédagogique) pour l’accompagnement pédagogique.

L’académie
Mathias Hoareau, conseiller pédagogique éducation musicale (académie de La Réunion – secteur Ouest), intervient sur le travail de la voix avec les élèves et sur la création d’un paysage sonore à partir des bruits (fontaine, oiseaux, cascade, Maloya) enregistrés par l’enseignante.

Les Ceméa de la Réunion
Les Ceméa ont été le déclencheur de ce projet à la Réunion et s’y sont investis, tant sur les aspects pédagogiques que techniques. Avec des interventions sur le terrain de Pascal Gascoin (président), Daniel Cadet (directeur), Isabelle Bertil (secteur pratiques culturelles et politique éducative) et Joséphine René (conseillère pédagogique).

La mairie de La Possession
La mairie de La Possession soutient également le projet avec l’intervention d’Élysée Assani, enseignant détaché en charge du patrimoine et de la culture, qui transmet ses connaissances historiques aux élèves et facilite les mises en relation avec des historiens, et Lolita Hérode, conteuse, dont un conte a été enregistré pour le webdoc. La médiathèque Héva de La Possession met des documents à disposition du projet. 

Fred Mussard
Professeur de français et d’histoire-géographie au LP Paul-Langevin de Saint-Joseph, mais aussi écrivain de plusieurs romans et nouvelles, dont Rutile, esclave à Bourbon, qui traite de l’esclavage, Fred Mussard accompagne le travail d’écriture des élèves pour ce projet.

Couverture de Rutile, esclave à Bourbon

Autres intervenants
  • Krilin, plasticien, intervient auprès des élèves pour des séances en arts visuels.
  • Gilles Gauvin, historien réunionnais ayant notamment fait des recherches sur la révolte des esclaves de Saint-Leu, répond aux questions des élèves sur l’histoire de la Réunion.
  • Ivrin Rosalie, président du Komité Éli[3] de Saint-Leu, présentera Éli ou les Forges de la liberté, un film sur l’esclavage, et mettra une exposition historique à la disposition de l’école d’Aurère.
  • Liliane Drula, de la médiathèque de Piton Saint-Leu, a dressé une bibliographie « littérature jeunesse » sur l’histoire de la Réunion et a prêté des livres pour le projet. Elle a aussi établi des liens avec des historiens de la Réunion.
  • Ruddy Brennus, médiateur du parc, travaille en direct avec la classe pour des éléments de réponse sur l’histoire d’Aurère.
  • Michalowski Robert, animateur Tice sur la circonscription de Saint-Paul, apporte ses compétences en montage vidéo.
  • Le père Stéphane, en activité sur le cirque de Mafate, et Céliane, cuisinière de l’école et première habitante à revenir sur Aurère en 1974, répondront aux questions des élèves à propos de leur îlet pour la période récente.

Activités et apprentissages

À l’opposé de la plupart des autres projets de « Raconte ta ville », les élèves d’Aurère, qui vivent en milieu naturel, réalisent la quasi-totalité des activités pour leur webdoc au sein de leur classe. Avec néanmoins de nombreuses ouvertures sur l’extérieur : visites de différents intervenants et partenaires, séances en visioconférence, questions écrites à des historiens envoyées par Internet…

Les activités liées au projet de webdoc privilégient le français et l’histoire mais convoquent aussi d’autres domaines de l’école élémentaire.

Écrire l’histoire du webdocumentaire

Pour chaque séquence du webdoc, l’enseignante propose l’étude de documents sur la période concernée. Les principaux événements de cette période sont ensuite inscrits au tableau. 
Un synopsis est fait en collectif pour donner les grandes lignes de cette séquence. Puis les élèves écrivent l’histoire en se répartissant par groupes de deux ou trois qui ont chacun pour mission d’en rédiger une partie.
Pour alimenter leurs écrits, les élèves disposent, à côté des documents étudiés en histoire, de livres de jeunesse et de documents textuels ou graphiques. Les productions sont ensuite mises en commun, puis améliorées à partir d’échanges avec Fred Mussard.

Écrire en binôme (CE1/CE2)

Écrire en binôme (CE1/CE2)

Écrire avec l’aide d’un écrivain, Fred Mussard

Les élèves envoient leur texte par mail à Fred Mussard qui répond par la messagerie ou lors d’échanges en direct par Skype, dans la mesure où la connexion internet fonctionne.
Fred Mussard engage alors les élèves à apporter des améliorations : 

  • enrichissement du récit – faire exister les personnages en détaillant leurs descriptions, donner des précisions sur un végétal peu connu ou un oiseau disparu tel le solitaire, etc. ;
  • utilisation d’un vocabulaire et de formes appropriés – par exemple, dire plutôt « nous » que « on » ;
  • exactitude historique du récit pour sa crédibilité ;
  •  etc.

Travail sur l’écrit, en visioconférence, avec Fred Mussard

Travail sur l’écrit, en visioconférence, avec Fred Mussard

Constituer un lexique

Les textes des élèves comportent des mots créoles qu’il va falloir expliciter aux futurs visiteurs du webdoc. Cela engage les élèves dans un travail lexical où ils apprennent à définir ces mots.

Travailler son élocution

Dans un webdoc, l'audiovisuel prend le pas sur le texte écrit. Il est donc important de travailler l’élocution avec les élèves avant qu’ils interprètent leurs textes.

Pour cela, Mathias Hoareau, conseiller pédagogique éducation musicale, s’est déplacé le 16 avril pour une séance de travail avec les élèves : échauffement vocal pour bien articuler et pour que les prises de son soient les plus nettes possibles, travail sur l’interprétation vocale, essais d’enregistrement en reprenant les phrases mal dites en vue du montage… Cette séance servira de « modèle » par la suite pour l’enseignante qui effectuera les enregistrements avec ses élèves.

Lecture du texte collectif au TBI

Connaître l’histoire de la Réunion et de son îlet

En relation avec l’élaboration de leur webdoc, les élèves découvrent l’histoire de la Réunion à partir de documents adaptés à chaque âge (des gravures historiques pour les CE1).
Pour chaque période traitée, ils élaborent collectivement des questions à l’intention des historiens partenaires du projet. 
Les témoignages et l’interview d’habitants du cirque de Mafate – comme le père Stéphane, Céliane, la cuisinière de l’école, des parents – permettront aux élèves d’en savoir plus sur l’histoire récente de leur îlet.
Les élèves découvriront également avec leur enseignante l’histoire de « leur musique », le maloya.

Travailler les arts visuels avec Krilin

L’école bénéficie, dans le cadre d’une classe Apac, d’un atelier de modelage, sur vingt séances, avec le plasticien Krilin.
Les enfants ont pour mission d’imaginer et de donner un visage aux premiers esclaves qui sont arrivés à Aurère et pour lesquels nous ne disposons d’aucune image. Ces visages seront réalisés en utilisant la technique du torchis.

Être sensibilisé à la géologie de la Réunion

Il y a trois cirques à la Réunion que les élèves perçoivent comme des montagnes. Il s’agit de leur faire comprendre que ces cirques sont le résultat d’un affaissement en travaillant sur l’histoire géologique de la Réunion.

Les Tice

L’usage de l’informatique en classe s’appuie sur un équipement dont ont bénéficié les écoles du cirque de Mafate en 2012, dans le cadre de l’opération ministérielle École numérique rurale : un TBI, une imprimante en réseau, cinq ordinateurs portables sous Linux, une clé 3G, un chariot mobile pour les portables et une photocopieuse.

Mais la connexion à Internet est limitée et reste aléatoire. Elle nécessite parfois de la débrouille. Ainsi, le premier échange en visioconférence avec Fred Mussard s’est fait à l’aide d’un téléphone portable qui a servi de modem pour Internet.

Pour les élèves

Le choix du logiciel Klynt permet de visualiser en local des webdocumentaires, comme le très réussi Les Mots du jazz, que les élèves ont manipulé au TBI et qui leur a permis de mieux comprendre le concept de webdoc, de se l’approprier par rapport à leur projet et d’en identifier les éléments et les différentes fonctionnalités (suivant, précédent, retour à l’accueil, en savoir plus, fermeture de fenêtre…).

Visionnage du webdoc Les Mots du jazz

Visionnage du webdoc Les Mots du jazz

Tout au long du projet, les élèves sont impliqués dans l’élaboration du story-board de leur webdoc et sont ainsi acteurs sur la conception du webdoc.

Le story-board du webdoc

Le storyboard du webdoc

Le projet favorise aussi une utilisation active des ordinateurs de la classe pour produire des documents, rechercher des informations, mais aussi pour communiquer, voire travailler, avec les personnes ressources sur le littoral.

Pour l’enseignante

La conception initiale du projet s’est faite au sein d’un collectif réunissant l’enseignante, ses partenaires académiques et les Ceméa, à partir d’un scénario défini en classe avec les élèves.
N’ayant pas pu participer à la formation du CNDP à Paris, l’enseignante a bénéficié, lors d’une séance de travail dans « les bas », d’une formation au concept de webdocumentaire et d’une sensibilisation à Klynt pour en appréhender les principales fonctionnalités.
A noter que pour la faisabilité du projet et afin de permettre à la classe de se concentrer sur la création des contenus ; la réalisation technique du webdoc est prise en main par Gilles Pennec, avec l’aide de Daniel Cadet et de Mathias Hoareau, qui s’occupe du montage sonore et de la réalisation d’animations.

Premier bilan

Pour les élèves et leurs parents

Laetitia Mussard a constaté une nette amélioration sur les travaux d’écriture : des enfants qui n’écrivaient pas auparavant, bloqués devant une feuille de papier, écrivent spontanément des textes pour leur webdoc et sont réceptifs aux corrections orthographiques qui font désormais sens pour eux.
D’autre part, la relation avec Fred Mussard, via Internet, est une stimulation forte pour travailler l’écrit. Le fait qu’il soit écrivain lui donne un statut particulier aux yeux des enfants et, bien que distant, il prend toute sa place dans cette classe qu’il incite à améliorer l’écriture de ses textes et à qui il transmet des compétences d’auteur. « En général, quand les élèves ont écrit un texte, ça suffit et c’est parfait, là ils acceptent le travail de réécriture », nous explique Laetitia Mussard.

Les élèves se sentent concernés par ce projet qui porte sur l’histoire de leur île, en étroite relation avec celle du cirque de Mafate et de leur îlet. Ce travail, dont ils ont conscience qu’il sera largement diffusé, leur donne un sentiment de fierté par rapport à leurs origines et à l’endroit où ils habitent ; ils s’y consacrent volontiers. Ils ont aussi pris conscience qu’il fallait être curieux. Ainsi, l’œuvre monumentale devant leur école n’était pour eux qu’un bout de ferraille qui dépassait de terre, ils le regardent désormais autrement, avec ce qu’il représente sur l’histoire de leur îlet.

Le projet a aussi apporté un surcroît d’intérêt de la part des parents pour le travail de leurs enfants et a favorisé des échanges intergénérationnels sur l’histoire de l’îlet. Ces parents, qui se sentent mis en valeur par l’intérêt porté à leur îlet, se sont rapprochés de l’école en prenant même partie à des activités communes (conte, débats, visionnage d’un film, chansons, fête au rythme du maloya) lors des journées des 15 et 16 avril 2013. Certains pourront être interviewés pour les besoins du webdoc. 

Pour l’enseignante

C’est la première fois qu’il y a une telle mobilisation sur le cirque de Mafate de la part de gens, partenaires et intervenants, qui viennent par les sentiers de montagne à la rencontre des enfants.
Comme les élèves, la maîtresse se sent portée par cette dynamique et a approfondi ses propres connaissances sur l’histoire de la Réunion en ayant le sentiment de développer sa curiosité. L’accompagnement qu’elle reçoit au niveau de la circonscription et des Ceméa lui permet d’affiner son enseignement dans le cadre d’une pédagogie de projet et d’intégrer progressivement l’usage des Tice dans sa classe. 

Pour les partenaires

Les partenaires jugent la mobilisation autour de ce projet, commencé timidement trois mois plus tôt, exceptionnelle et exemplaire.
« Depuis peu, toutes les compétences se sont mises en synergie pour faire avancer ce projet et lui donner une âme afin qu’il soit vraiment vivant et fédérateur. Même les parents, qui au début suivaient ce projet de loin, y apportent maintenant une participation effective », nous explique Gilles Pennec.
« À partie d’un projet scolaire, nous avons cheminé dans le sens de la valorisation d’un territoire », nous dit de son côté Daniel Cadet.
Pascal Gascoin, quant à lui, note que ce projet a répondu à une attente des Ceméa de mener des actions éducatives avec les habitants des cirques, particulièrement avec celui de Mafate qui est difficile d’accès. Il voit dans le travail réalisé une opportunité pour intégrer l’usage des Tice dans une pratique quotidienne. Il souligne aussi le rôle moteur de Gilles Pennec, coordinateur et élément fédérateur du projet.
Du côté des Tice, Gille Pennec souligne la particularité des écoles du cirque de Mafate :

  • des connexions internet aléatoires et limitées à un seul poste à la fois ;
  • du fait de leur isolement, l’accompagnement de l’enseignante pour ce webdoc est très ponctuel et nécessite des formations dans « les bas » sur les week-ends.

Cependant, malgré ces difficultés, l’expérience en cours pourrait donner envie à d’autres enseignants du cirque de transposer ce travail sur un thème analogue ou non. 

Perspectives

Forte de son expérience récente, Laetitia Mussard envisage maintenant de mettre le logiciel de montage dans les mains des élèves du cycle 3. 
 « On a vu que la navigation dans un webdoc fait par d’autres est assez intuitive pour eux. En s’y mettant eux-mêmes, ils devraient comprendre comment on fabrique cette navigation et mieux appréhender le découpage en séquences (six séquences correspondant à six périodes historiques pour leur webdoc), ainsi que l’intérêt et l’introduction de séquences transversales comme le lexique », nous explique-t-elle.

Gilles Pennec envisage d’utiliser dès l’an prochain l’outil pour la formation des enseignants aux Tice, tout en soulignant qu’un accompagnement technique (production et traitement des médias, montage d’un webdoc…) et pédagogique (compétences travaillées, plus-value apportée…) sera nécessaire de la part de l’équipe mise en place. Il ajoute : « Nous avons prévu en juin le rassemblement de tous les enseignants de la circonscription pour montrer ce qui a été fait et mettre en évidence les apprentissages. »

Daniel Cadet prévoit d’utiliser cette expérimentation comme modèle de travail que les Ceméa pourraient proposer en accompagnement dans d’autres situations. Il pointe en particulier le travail avec les collectivités, dans le cadre de la mise en place des nouveaux rythmes scolaires. Il note par ailleurs l’intérêt du webdoc qui pourrait être utilisé comme outil pédagogique, dans le cadre de formations ou de séances d’information.  Il précise que si le CRDP se saisissait de l’outil, cela permettrait d’envisager des sessions de formation, d’information et de sensibilisation auprès du personnel enseignant autour de ce qu’est un webdoc.

 

Jean-Pierre Auclaire

Mai 2013

[1] Trois écoles sur la commune de Saint-Paul et cinq sur celle de La Possession.
[2] On pense que c’est une ancienne pièce d'usine à rhum datant de l’époque de l’ère des Lemarchands qui ont fait prospérer l’îlet.
[3] Association qui œuvre pour faire connaître ce qui s’est passé concernant les conditions liées à l'esclavage et au marronnage et à la révolte des esclaves de Saint-Leu.