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Dossier

Musset

Alfred de Musset (1810-1857)

Par Coralie Pasbecq, docteure en théâtre et arts du spectacle, Paris III, spécialiste de l’analyse de spectacles et de la dramaturgie mussétienne.

 

Louis-Charles-Alfred de Musset-Pathay est né le 11 décembre 1810 à Paris. Sa famille, originaire du Vendômois, appartenait à l’aristocratie mais ne possédait plus rien, si ce n’est le château de Bonne-Aventure. Il a grandi dans un milieu cultivé au sein duquel il a été initié aux lettres. Son grand-père maternel, Guyot-Desherbiers, fut poète. Son père, Victor-Donatien de Musset-Pathay, fut l’éditeur scientifique de Rousseau. Alfred de Musset était également très proche de son parrain, Musset de Cogners, qui était quant à lui écrivain. Une sœur aînée, Louise-Jenny, étant décédée très prématurément, il vécut son enfance avec son frère Paul-Edmé, de six ans son aîné, et sa jeune sœur Charlotte-Amélie-Hermine. Son frère conservera toujours un œil attentif sur lui et sa carrière littéraire.

Après des études très brillantes au collège Henri-IV, Alfred de Musset cherche sa voie, s’essayant successivement à la médecine, au droit ou encore à la peinture ; mais la littérature demeure son domaine de prédilection. Grâce à son camarade Paul Foucher, beau-frère de Victor Hugo, Musset est introduit au Cénacle, auprès des romantiques. Il fréquente également le cercle littéraire de Charles Nodier à la bibliothèque de l’Arsenal. Mais ce jeune homme talentueux et audacieux, qui plaît particulièrement aux femmes, est aussi un dandy qui mène une vie de débauche avec ses fidèles amis.

Bien qu’ayant déjà publié quelques textes auparavant, Musset connaît le succès dès 1829 avec la publication de son premier recueil de poésie : Les Contes d’Espagne et d’Italie. Ainsi galvanisé, il tente l’écriture pour le théâtre, la scène étant à l’époque le meilleur vecteur de notoriété littéraire. Mais, en décembre 1830, il connaît l’échec avec La Nuit vénitienne, présentée à l’Odéon. En réaction, il publie un ensemble de pièces de « théâtre à lire » et non plus destinées à la représentation : Un spectacle dans un fauteuil.

À la mort de son père, emporté par l’épidémie parisienne de choléra de 1832, Alfred de Musset se voit contraint de faire de l’écriture non plus une simple occupation mais son métier. C’est dans cette idée qu’il intègre la « troupe » de la Revue des deux mondes de Buloz, afin non seulement d’obtenir l’assurance d’être publié – voire de subir une pression qui l’empêcherait de se laisser aller à sa paresse naturelle –, mais aussi de faire la connaissance de George Sand. Musset a ainsi écrit l’essentiel de ses grandes œuvres entre 1833 et 1837. Aux œuvres poétiques et dramatiques déjà mentionnées, il convient d’ajouter, à ce titre, les quatre poèmes du « cycle des Nuits » – La Nuit de mai, La Nuit de décembre, La Nuit d’août et La Nuit d’octobre – ainsi que son unique roman : La Confession d’un enfant du siècle.

Dans les années 1840 et 1850, à quelques exceptions près, il ne publie plus que des œuvres de circonstance, selon une fréquence de moins en moins soutenue. Alors que sa santé est déjà sérieusement dégradée par la dépression et l’alcool, il reçoit la Légion d’honneur en 1845, est élu à l’Académie française en 1852, puis nommé bibliothécaire du ministère de l’Instruction publique le 18 mars 1853. Il meurt à Paris le 2 mai 1857, à l’âge de 46 ans.

En raison de la sublimation poétique de la douleur qui parcourt l’ensemble de son œuvre, la postérité reconnaîtra d’abord en Musset un poète d’une sensibilité unique, avant de découvrir tardivement qu’il fut un dramaturge de génie. Les thèmes de l’amour douloureux, de la jeunesse perdue, de la débauche et de la crise sociétale, trop souvent réduits au « mal du siècle », hantent l’ensemble de son œuvre.