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Poètes

René Char, Fragment « 128 » des Feuillets d’Hypnos
Pour aller plus loin

Feuillets d’Hypnos (1946)

Feuillets d’Hypnos est le second « livre », dédié à Albert Camus, du recueil Fureur et Mystère (Gallimard). Ces 237 textes forment une sorte de journal poétique des années 1943-1944. Char ne s’en sépara jamais au maquis mais le brûla à son retour, après avoir recopié la partie « journal ». Il est difficile de ne pas songer à Hypnos qui, dans la mythologie grecque, est fils d’Érèbe (Ténèbres des Enfers) et de Nyx (la Nuit), jumeau de Thanatos (la Mort). Dieu du sommeil, il peut alors symboliser celui qui attendit la lumière dans la nuit… de la guerre. La construction parcellaire de ces fragments d’inégales longueurs déconstruit un réel qui se tord, se déforme sous les yeux, dans le fracas des bombes et des cris. Alors la force évocatrice des images le dispute à la violence incandescente des mots. L’écrivain, homme de terrain et de plume, s’empare de cet émiettement événementiel, narre les déchirements d’une Histoire dévastatrice et dévastée qui sème terreur, déroute et doute sur son passage. La Parole du poète s’élève au-delà des obscurités du temps, de la « fureur » et du « mystère » du monde, pour offrir à qui veut l’entendre un souffle de vie.

Étudier René Char avec les ressources du SCÉRÉN

René Char. Seules les traces… (imprimé, CRDP de l’académie d’Aix-Marseille, 2009)
Éclairer le paysage poétique de René Char, circuler dans son œuvre avec des clés de lecture simples et essentielles, faciliter son étude en classe : Seules les traces… permet de mieux comprendre l’itinéraire de René Char et sa quête constante et exigeante de la beauté.
Avec de nombreux poèmes systématiquement commentés et une abondante iconographie, le lecteur suit un itinéraire qui le fait entrer dans la poésie de Char, l’une des plus singulières et des plus fortes du xxe siècle.
Des territoires fondateurs de l’enfance à l’arrière-pays poétique, de la révolte de l’adolescent à la Résistance, Seules les traces… fait découvrir un poète qui ne sépare pas la vie de la poésie, cherchant sans fin la lumière de la beauté dans l’amour, l’amitié, la poésie et la nature.

Dire la poésie avec René Char (double DVD vidéo, CRDP de l’académie de Montpellier / CNDP, 2009)
« Comment m’entendez-vous ? Je parle de si loin… », interrogeait l’auteur des Feuillets d’Hypnos. Pour donner envie de dire la poésie, de dire René Char, ce double DVD est une invitation à renouveler les pratiques pédagogiques. Il montre, à travers un florilège de créations artistiques produites lors de l’Année René Char, en 2007, et d’activités conduites dans les classes, les composantes du dire et de l’exploration du sens. Lectures, spectacles, propos de Marie-Claude Char, Paule Plouvier et Jean-Pierre Siméon, productions d’élèves font écho aux extraits d’archives portant la voix et l’image du poète, en traits d’union. À la fois outil de formation et support de découverte pour une approche sensible et féconde, donnant à entendre et à voir, ce double DVD offre la poésie en partage.

Dire René Char, coll. « Actes de la DGESCO » (imprimé, CRDP de l’académie de Versailles, 2008)
L’année 2007, centenaire de la naissance de René Char, fut aussi celle du rendez-vous de tous les lecteurs, jeunes ou adultes, professeurs et élèves, avec la poésie. Grâce à l’impulsion conjointe de la Direction générale de l’enseignement scolaire et de l’inspection générale de Lettres et de Théâtre, invitation fut lancée à toutes les classes, à tous les niveaux, de s’engager sans peur et sans réserve dans une œuvre aussi nourricière qu’essentielle pour notre temps. « Certains jours il ne faut pas craindre de nommer les choses impossibles à décrire » disait René Char dans « Pauvreté et privilège » (Recherche de la base et du sommet). Cet appel à l’audace aura été entendu, comme en témoignent ces actes, trace vivante du colloque qui eut lieu le 18 mai 2007 et dont le programme était lui-même un acte : « Dire René Char ». Le moment était venu en 2007 de faire confiance au sensible et de s’en remettre à l’imagination ainsi qu’à la contagion des arts. La pensée s’offre ici comme matière sonore et rythmique, l’image redevient couleur et tracé. La première partie de l’ouvrage écoute le poème aux portes de la musique, convoquant Monteverdi et Boulez, et en poursuit la musicalité jusque dans la condensation fulgurante de l’écriture lapidaire. De la redécouverte à la découverte, le théâtre de René Char, pan méconnu de son œuvre, retrouve droit de cité dans la deuxième partie où la danse et le cinéma sont les alliés de la même approche physique et sensorielle, celle qui permit de « redonner » Char à tous les publics. Mais « dire René Char » n’est pas un acte clos sur lui-même, c’est une expérience du don et de la transmission qui incite à l’écriture et qui pousse à l’imitation créatrice, vers l’atelier. C’est ce qu’atteste la troisième partie, où l’élève lecteur et interprète devient à son tour compositeur de mots, porteur de vision et d’engagement. Du collège au lycée, sans limite « amont » ni « aval », l’œuvre de René Char est une invitation à l’aventure du sens, un acte de foi dans les vertus infinies de la langue. Capable de ressouder après la guerre l’identité d’une communauté déchirée, capable du plus troublant des murmures amoureux comme de la notation la plus humble, cette parole était véritablement « Fureur et Mystère », elle se savait accueil du mystère plus que fixation d’une vérité. En se mettant à son école pendant une formidable année pédagogique, professeurs, formateurs et élèves sont devenus à leur tour passeurs de force et de mystère. Ce livre est la trace d’un décloisonnement radical. Car le bandeau de Fureur et Mystère nous le rappelle : « Le poète est la partie de l’homme réfractaire aux projets calculés. »

René Char, revue TDC
Le centenaire de la naissance de René Char, mort en 1988, est l’occasion de rendre hommage à ce grand poète singulier, « seul et sans maître » selon les mots de Saint-John Perse. Proche un temps du mouvement surréaliste, il aura préféré finalement suivre sa propre voie sans toutefois renier cette passion de jeunesse. Grand résistant, imprégné de « fureur » et de « mystère », il a bâti l’une des œuvres poétiques modernes majeures. De ses collaborations avec ses amis peintres sont nés de magnifiques ouvrages enluminés, où le texte et l’image entrent en totale connivence.

Lien vers le site compagnon de la revue : tdc.cndp.fr

Pièce (dé)montée sur Feuillets d’Hypnos

http://crdp.ac-paris.fr/do_pao/piece_dem_feuillets_total.pdf

Retrouver l’ensemble de la collection sur http://crdp.ac-paris.fr/piece-demontee/

Bibliographie succincte

  • Seuls demeurent (1943)
  • Le Poème pulvérisé (1945)
  • Feuillets d’Hypnos (1946)
  • Fureur et Mystère (1948)
  • Les Matinaux (1950)
  • Recherche de la base et du sommet (1955)
  • La Parole en archipel (1962)
  • Dans la pluie giboyeuse (1968)
  • Chants de la Balandrane (1977)
  • Fenêtres dormantes et porte sur le toit (1979)
  • Les Voisinages de Van Gogh (1985)
  • Éloge d’une insoupçonnée (1988, recueil posthume)

1983 : Gallimard édite les Œuvres complètes de René Char dans la collection « Bibliothèque de la Pléiade » (introduction de Jean Roudaut ; une nouvelle édition revue et augmentée paraît en 1995).