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Poètes

Jean Cassou, Sonnet VI (extrait des 33 Sonnets composés au secret)
Pour aller plus loin

Jean Cassou, du « Musée de l’Homme » aux Trente-trois Sonnets composés au secret

Le réseau du « Musée de l’Homme » a été fondé pendant l’été 1940 par Boris Vildé, Anatole Lewitsky, et Yvonne Oddon – linguiste, anthropologue et bibliothécaire du Musée. En quelques mois, il devient l’un des plus importants organismes de la Résistance. Assez rapidement, le réseau gagne en puissance, s’engage plus fermement encore et diversifie ses activités. Trois de ses domaines sont particulièrement révélateurs : les filières d’évasion, le renseignement et la publication de Résistance, un journal clandestin. L’éditorial du premier numéro (15 décembre 1940) débute en ces termes :

« Résister ! C’est le cri qui sort de votre cœur à tous, dans la détresse où vous a laissé le désastre de la Patrie. C’est le cri de vous tous qui ne vous résignez pas, de vous tous qui voulez faire votre devoir. »

Nombreux sont ceux qui vont participer à cette aventure : Marcel Abraham, Claude Aveline, Jean Cassou (qui, en septembre 1940, avait déjà rédigé « Vichy fait la guerre », tract tiré à des milliers d’exemplaires par le groupe du musée de l’Homme), puis, à partir de 1941, Jean Paulhan et Jean Blanzat.
Dix-neuf de ses membres sont arrêtés en 1941, et jugés en janvier 1942 : quelques-uns sont relaxés, dix sont condamnés à mort, les autres sont déportés ou emprisonnés. Pendant un an, de l’été 1941 à l’été 1942, Germaine Tillon prend la tête du réseau. Son arrestation en août 1942 marque la fin de l’organisation.

Arrêté quelques mois plus tard, en 1943, à Toulouse, par la police de Vichy, Jean Cassou est incarcéré à la prison militaire de Furgole. Il « compose » dans sa geôle des textes poétiques, sans papier ni crayon. Il apprend par cœur ses poèmes écrits mentalement, façon pour lui de continuer à « résister », de lutter contre l’emprisonnement, la solitude, l’aliénation, la mort. En 1944, Jean Cassou publie ces textes sous le pseudonyme qu’il utilisait pendant l’Occupation : Jean Noir. Préfacés par François la Colère, alias Louis Aragon, ces Sonnets écrits au secret sont publiés clandestinement par les Éditions de Minuit. Songeant « à [ses] compagnons de prison », le poète s’adresse à ceux avec qui on partage le pain (cum-panis), en somme, à ceux avec qui on se bat, on souffre, on espère. L’un des textes s’ouvre sur ces mots prophétiques : « Les poètes, un jour reviendront sur la terre. »

Bibliographie succincte de Jean Cassou

  • Éloge de la folie, 1925
  • Les Harmonies viennoises, 1926
  • Les Nuits de Musset, 1931
  • Grandeur et infamie de Tolstoï, 1932
  • Les Inconnus dans la cave, 1933
  • Pour la poésie, 1935
  • Les Massacres de Paris, 1936
  • Quarante-huit, 1939
  • Trente-trois Sonnets composés au secret, 1944
  • Le Centre du monde, 1945
  • Situation de l’art moderne, 1950
  • La Mémoire courte, 1953
  • Panorama des arts plastiques contemporains, 1960
  • Parti pris, 1961
  • Dernières Pensées d’un amoureux, 1962
  • Le Voisinage des cavernes, 1971
  • La Création des mondes, 1971
  • Une vie pour la liberté, 1981