L’apprentissage de l’oral, un enjeu de société

 Entretien avec Cyril Delhay, professeur d’art oratoire à Sciences Po Paris, auteur du rapport « Faire de l’oral un levier d’égalité des chances » publié en juin dernier et de L’Art de la parole

 

Septembre 2019  – 10 minutes

 

L’oral a longtemps été vu comme l’un des deux piliers de l’éducation. En quoi est-ce un véritable enjeu de le réintroduire aujourd’hui à l’école, et quels changements en termes de formation des élèves et des enseignants cela induit-il ?

 

Peut-on enseigner l’oral ?

Dans la formation de l’honnête homme depuis le XVIIe siècle, il y a deux « jambes » : l’écrit et l’oral. Mais la tradition pédagogique de l’oral est bien plus ancienne, elle remonte à l’Antiquité. En France, cet enseignement de l’oral a été très vivace, notamment dans les écoles protestantes, oratoriennes et jésuites. Tout au long du XIXe siècle, depuis la loi Guizot de 1833 sur la construction des écoles jusqu’aux lois Ferry sur l’obligation scolaire, l’enjeu premier est d’éduquer en masse. C’est un effort sans précédent : les priorités du système éducatif se déplacent, portées sur l’hygiène, la discipline corporelle et l’alphabétisation, une acculturation qu’on décide alors de faire passer par l’écrit. L’oral est le grand absent du triptyque républicain : lire, écrire, compter. Ses techniques ne sont guère enseignées dans le cadre de programmes nationaux. Aujourd’hui encore, hormis la très récente reconnaissance du chant choral (en 2018 !), les bulletins officiels se bornent le plus souvent, s’agissant de l’oral, et excepté en langues vivantes, à évoquer les compétences « argumenter » ou « communiquer », qui ne sont pas spécifiques. L’oral, qui avait été l’objet de didactiques réfléchies, est sorti des préoccupations. Des ouvrages de référence du siècle dernier véhiculent l’idée qu’il s’agit d’un talent de naissance, ce qui correspond, y compris au sein de l’école républicaine, à une approche superstitieuse et magique de la compétence oratoire. Sauf initiatives locales, dues à des établissements avec une pédagogie particulière ou à des enseignants qui animent par exemple un atelier théâtre ou encouragent leurs élèves à dire une poésie en l’interprétant, l’enseignement de l’oral était mis entre parenthèses en France au XXe siècle.

Comment doit-on s’y prendre pour en enseigner les techniques ?

Il est toujours très instructif de remonter aux sources de l’Antiquité. Certains connaissent encore l’anecdote de Démosthène. Enfant, il veut être orateur. Jeune homme, il se lance dans son premier grand discours public devant la foule athénienne. C’est une catastrophe ! La moitié du public ne l’écoute pas, lorsqu’il ne se moque pas ouvertement de lui. Il rentre chez lui déconfit. Un ami comédien, Satyrus, vient alors le trouver et lui dit : « Tu sais, les techniques oratoires s’apprennent, et je vais te les transmettre car ce sont les mêmes que celles de l’acteur. » Elles reposent sur le corps. Démosthène avait le souffle court et même, selon certains auteurs, était bègue. Qu’à cela ne tienne ! Il récite des tirades en remontant les pentes en courant, avec des gravillons dans la bouche qu’il a ramassés au bord de la rivière. Les techniques de l’oral étaient déjà pratiquées précisément. Sous la conduite de Satyrus, Démosthène entraîne sa respiration et sa coordination corporelle.

Vous dites que l’oral est une action physique ?

La mobilisation des ressources physiques est la pierre angulaire de son apprentissage, non évidemment une fin en soi, mais un préalable sans lequel on laissera l’élève désorienté. Il faut prendre appui sur le corps, la respiration et la voix. Si l’on veut vraiment aider les élèves, il faut les entraîner à parler debout. Passée la première heure d’apprentissage, souvent intimidante, c’est évidemment plus aisé que de parler assis, posture qui a tendance à comprimer le corps, la respiration et la voix, et à bloquer l’élève dans des réflexes d’autoprotection alors qu’il faut aller vers l’autre. On ne demandera pas à un chanteur de chanter assis. Nous avons tellement perdu la culture de l’oral que l’on en vient à trouver incongru de parler debout devant les autres ! Il est décisif que lors d’une partie du grand oral, l’élève ait à parler debout. C’est la compétence fondamentale et fondatrice.

Parler en public devant un auditoire s’apprend comme on apprend à nager

Combien de temps est-il nécessaire pour s’approprier les fondamentaux ?

Il y a quatre étapes dans l’apprentissage de l’oral, comme dans tous les arts :

  •  on est au départ inconscient/incompétent ;
  •  on devient conscient/apprenant ;
  •  puis conscient/compétent ;
  •  enfin, compétent/inconscient : l’apprenant parvient au lâcher-prise qui associe la maîtrise de la compétence à la capacité d’adaptation et la liberté.

 

Parler en public demande ainsi de maîtriser son trac, par la respiration essentiellement, de trouver en soi ses points d’appui et de prendre du plaisir dans l’interaction. Et cela s’acquiert assez vite. Parler en public devant un auditoire s’apprend comme on apprend à nager. Il faut ainsi faire ses gammes et solliciter la mémoire procédurale : ce sont quelques heures de travail en atelier, quelques minutes d’entraînement personnel pour travailler les points d’appui, l’ancrage dans le sol, la coordination corporelle, la posture, la respiration et l’usage de sa voix. Ce sont dix minutes par jour pendant trois semaines.

Comme disent les collègues d’EPS, rien ne résiste à l’entraînement. Depuis vingt ans, j’ai formé 6 500 personnes environ, de 7 à 77 ans, des publics très dissemblables, toujours avec une approche personnalisée. Des étudiants de Sciences Po qui viennent aujourd’hui de 130 pays, mais aussi chaque année et depuis sept ans, des classes de lycéens anciennement décrocheurs de Seine-Saint-Denis, et encore des professionnels de différents secteurs d’activité, à des niveaux de responsabilité variés. Le travail que j’accomplis, d’autres enseignants s’y adonnent également. Notre constat est le même : à partir du moment où les techniques de l’oral sont enseignées avec méthode, chacune, chacun, quels que soient ses prérequis scolaires, peut parler en public et développer un propos personnel. Les parcours de progression sont étonnants. En quelques heures, ce sont autant de petites naissances.

Qu’entendez-vous par « propos personnel » ?

Le chemin d’apprentissage est aussi celui d’une maturation individuelle, d’une exploration de la langue, de la construction d’un ethos. En cela, l’oral tel qu’il doit être enseigné à l’école est plus ambitieux que de simples exercices de communication ou des joutes oratoires. Il est adossé à un corpus, à une façon d’interroger le monde et notre place dans le monde. Qui suis-je ? Pour dire quoi ? À qui ? L’oral se nourrit ainsi du goût de la langue, de la pertinence du propos, des lectures et des rencontres et les aiguise en retour. Les possibilités d’exercices dans les différentes disciplines sont innombrables. Dès les classes de maternelle, les entraînements mettent en jeu l’élève de façon passionnante. Si l’oral est le grand oublié des programmes, il reste cultivé, comme en catimini, par des enseignants. La réforme du grand oral est l’occasion de reconnaître ces mille initiatives sur le terrain, de les analyser et de les partager. Je cite dans le rapport le témoignage d’une professeure des écoles qui raconte combien elle-même, enfant, avait souffert du manque d’oral à l’école. En réaction à son expérience, elle s’est fait un devoir de l’enseigner à ses élèves de 8 à 10 ans. Ils rédigent de courtes nouvelles en classe, au cours de trois séances successives de deux heures, et les lisent devant les autres. Ils établissent d’eux-mêmes ce qui fait la qualité d’un bon oral à partir de cette expérience où ils partagent un propos créatif et singulier : « parler assez fort », « ne pas gigoter sans cesse », « ne pas lire ses notes ». Combien d’adultes oublient ces préceptes de base ? L’oral est une discipline de l’altérité.

Quels sont ces fondamentaux pour rendre l’oral accessible à tous ?

Il y a un « tronc commun » entre la prise de parole et les pratiques physiques, qu’elles soient sportives ou artistiques. Pour parler en public, l’apprenant doit simplement puiser dans le répertoire de chemins musculaires et nerveux exercés par ailleurs. Ces activités peuvent être aussi diverses que le badminton, le foot, le basket, le volley, les arts martiaux, le tennis, l’équitation, le yoga, la pratique d’un instrument de musique ou du chant. Mais alors que l’élève était incité à séparer sa pratique sportive ou artistique de celle de l’oral et de l’école, il faut l’encourager à établir des passerelles. Par exemple, parler, c’est respirer. Cette respiration consciente permet la bonne gestion du stress, le développement de la voix, la relation à l’auditoire et la disponibilité corporelle. Dans quel sport, dans quelle pratique de la scène ou d’un instrument de musique, l’attention à sa respiration n’est-elle pas requise ? Prenons un autre exemple pratiqué par chacun depuis l’enfance : les jeux de ballon (j’envoie le ballon vers l’autre qui me le renvoie). Tout y est en place pour travailler l’oral : l’engagement physique, l’écoute des autres, l’adresse avec le regard, la gestuelle et la voix.

Peut-on surmonter la peur de parler en public ?

J’avais évoqué ce sujet avec Véronique Éloi-Roux, doyenne de l’inspection générale d’EPS. Si on reprend l’analogie avec la natation, l’entraînement permet de surmonter une peur irrationnelle de l’eau que ressentent bien des enfants ou des adultes, l’angoisse d’être englouti par elle. Dans la prise de parole en public, l’angoisse est d’être englouti par l’auditoire, la peur du regard de l’autre, d’être jugé par lui. La réalité physique est que l’on flotte sur l’eau grâce à la poussée d’Archimède. De façon analogue, il faut prendre appui sur le public par la respiration et le regard, l’équilibre interne, le contact avec l’auditoire. Et parfois compléter par la mise à distance des réflexes d’autocensure liés à l’éducation ou à l’entourage.

Dans vos travaux, vous dites que l’oral est le second pilier de l’honnête homme : chacun doit porter son propre oral, son propre ethos. Certes, l’oral entre au lycée, mais la pratique démarre dès la maternelle dans l’idée de la formation du citoyen. Pourriez-vous développer cette notion ?

Un élément très intéressant du point de vue de l’évolution de la société – peut-être lié au numérique – est que l’on voit émerger depuis une dizaine d’années une floraison de concours d’éloquence et de prises de parole en dehors des cadres institutionnels (notamment chez les youtubeurs). La nouvelle génération veut prendre la parole et n’attend pas qu’on la lui donne. Peut-être est-ce lié au fait que concomitamment, pour reprendre une expression fameuse, « la maison brûle ». La demande sociale est très puissante, historique. Il y a donc une vraie audace politique des pouvoirs publics à transmettre la maîtrise de cet oral, en donnant plus d’autonomie à tous les élèves pour mieux assumer leur parole citoyenne, au lieu de la cantonner à quelques privilégiés. Je sais que cela peut être provoquant de le dire, mais je le crois intimement. C’est une mesure digne de la gauche en 1981 ou du Front populaire. Chacun peut être auteur de sa parole, interprète, citoyen et artiste, quels que soient les parcours scolaires. Cette parole peut s’exercer dans l’interprétation d’une poésie, d’une fable, d’une chanson, de son histoire, autant que dans une construction argumentative, ou dans d’innombrables contextes particuliers.

Depuis l’Antiquité, la force de la parole enseignée en démocratie est d’être politique, responsable et citoyenne

Que pensez-vous des concours d’éloquence ?

Les joutes verbales médiatisées ces dernières années ont eu l’immense mérite de soulever le couvercle qui pesait sur l’oral et en ont fait un sujet grand public. Elles ont pour vertu la désinhibition et le jeu. Elles présentent aussi des limites : elles ne permettent pas à tout le monde d’accéder à la parole ; elles sont parfois trop restrictives car décontextualisées du réel et déresponsabilisées, alors que, depuis l’Antiquité, la force de la parole enseignée en démocratie est d’être politique, responsable et citoyenne. Aussi le rôle de l’école du point de vue de l’oral est-il incontournable.

Pratiquer davantage l’oral, cela ne risque-t-il pas de se faire au détriment de l’écrit ?

L’oral est très puissant s’il est travaillé conjointement avec l’écrit et la lecture ou encore l’observation scientifique. Il fait progresser l’écrit et réciproquement. C’est une fausse idée de vouloir les opposer. Les ateliers sur l’oral les plus intéressants mènent toujours de front l’exigence du contenu et la façon de le dire. Ils se nourrissent de la lecture de l’écrit, d’un esprit créatif et critique. Une romancière que j’ai interrogée, Cloé Korman, fait part ainsi de l’expérience des clubs de lecture dans un collège de Bobigny. Les adolescents partagent une parole engagée et libre : qu’ai-je aimé dans ce roman ? Comment ai-je trouvé son début, sa fin ? Quel personnage m’a le plus touché ?

Comment évaluer l’oral et à quel moment l’enseignant peut-il considérer que l’élève devient un bon orateur ?

C’est une question de compétences. Ne m’en veuillez pas de filer l’analogie avec la natation. L’élève apprend d’abord à sauter dans l’eau, à faire la planche, nager la brasse, le crawl, le dos crawlé. Il nage 25 m, 50 m, puis 100 m. Pour la prise de parole, c’est une progression de même nature : il faut s’approprier les fondamentaux, pratiquer et surtout ne pas perdre cette pratique. Si beaucoup se font dans un esprit de jeu et de bienveillance à la maternelle et à l’école élémentaire, de tels entraînements semblent beaucoup plus inégalement menés à partir du collège, qui fonctionne trop souvent comme une chausse-trape de l’oral. Ce moment de la construction de l’individu est évidemment délicat et représente un défi pour tout pédagogue. Il est aussi décisif, car bien des blocages trouvent leur source dans ces années-là. Comment développer et affermir les pratiques de l’oral dans les études secondaires, de manière régulière et concertée ? C’est un enjeu majeur que de proposer plus de travail en équipe aux élèves grâce à l’oral, de jeux de rôle, par exemple en SVT avec des expériences scientifiques, ou bien des débats en langues vivantes, ou d’inciter les élèves à fréquenter un club de lecture : ce lieu sanctuarisé, nourri par la lecture, est un véritable atout ; il donne la possibilité d’avoir un propos très libre, une parole personnelle au sein d’un groupe protégé.

Il s’agit d’accompagner les élèves pour acquérir une compétence, pour la développer en évitant de se précipiter sur la notation en tant que telle

Mais l’évaluation ?

Il s’agit d’accompagner les élèves pour acquérir une compétence, pour la développer en évitant de se précipiter sur la notation en tant que telle. L’enjeu de l’oral et de son évaluation sont à considérer du côté de la dynamique de classe, en mobilisant l’énergie et l’intelligence collective des élèves pour s’entraîner et s’évaluer entre pairs dans la bienveillance. Il y a une injonction paradoxale dans l’idée de la notation systématique, vectrice de stress, alors que l’oral se fonde sur l’idée suivante : « Je n’ai pas peur de l’autre ni de son jugement, je dis ce que j’ai à dire et je l’assume. » En natation, on ne note pas un élève à chaque fois qu’il saute à l’eau ! Pour reprendre la question de l’ethos, c’est la notion d’engagement citoyen, du fait d’être auteur et artiste de sa parole, assumant et prenant la responsabilité de cette parole, sans avoir à craindre un couperet. Et c’est maîtriser les compétences orales fondamentales – « je suis capable de nager sans maître-nageur » – en prononçant un propos pertinent, intelligent et de qualité. Ce n’est pas un interrogatoire de connaissances.

L’oral, levier d’égalité des chances, vraiment ?

L’épreuve orale est l’occasion de donner à tous les élèves la chance de recevoir un enseignement technique rigoureux qui fonde sa pratique, en ayant conscience de son corps, de sa respiration et de sa voix, tout en étant dans une exigence intellectuelle. L’oral est très fort quand on interprète et incarne son propos, que l’on porte sa parole, son ethos. Dans le grand oral, selon les préconisations, l’élève aura à mettre en perspective et questionner un sujet personnel, nourri d’une exigence disciplinaire, voire pluridisciplinaire, et d’un questionnement intellectuel. Il devra à la fois porter sa vigilance sur la pertinence du propos et sa faculté à le rendre compréhensible au non-expert ; c’est pourquoi il est important qu’un membre du jury n’ait pas la formation disciplinaire requise par le sujet.

C’est le chemin indiqué par Léonard de Vinci : la simplification, étape ultime de l’élaboration. Il s’agit là d’une réforme de société, car chacun sera à terme capable de reproduire cet exercice dans sa vie adulte. De source d’angoisse et de tourments, l’oral devient un levier.

Les enseignants ne sont pas forcément formés à enseigner l’oral. Comment les accompagner ?

Nombre d’enseignants sont déjà très à l’aise avec cette question de l’oral. Il faut accompagner ceux qui en ressentent le besoin et le souhaitent. Des artistes de scène ayant une expérience au plus haut niveau avec, comme chaque enseignant, cette exigence d’être au service d’un corpus peuvent être très stimulants comme formateurs de formateurs. Il faut être ambitieux dans les profils mobilisés : un Comédien du Français, d’un Centre dramatique national ou d’une scène nationale, un professeur au conservatoire, un chanteur lyrique qui soient aussi passionnés par les enjeux de la transmission, vivant cela comme une mission de service public. Des personnalités prêtes à partager les fondamentaux des techniques vocales, de l’interprétation, de ce qui nourrit la qualité d’une présence… Nombre d’établissements ont noué des partenariats avec de grandes institutions culturelles. Il s’agirait de profiter de telles dynamiques et de les systématiser.

Pour conclure, quel est l’intérêt de la réforme de l’oral ?

Il est triple :

  •  une activité en premier lieu physique et qui, si elle enseignée dans le bon ordre, devient accessible à tout le monde ;
  •  une pratique à développer de l’école maternelle à la terminale, à tous les niveaux, et dans toutes les disciplines ;
  • une palette d’exercices quasi illimitée qui va aider à bonifier l’esprit de classe, la dynamique de classe, et permettre des progressions individuelles inespérées.

Pour aller plus loin :

Delhay Cyril,  Parler en public, principes et méthodes, Paris, Dalloz, 2019 (à paraître).

Delhay Cyril, « Faire de l’oral un levier d’égalité des chances », Recommandations pour le grand oral du baccalauréat et l’enseignement de l’oral, de l’école maternelle au lycée, Rapport remis à Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, juin 2019.

Delhay Cyril, L’Art de la parole, Paris, Dalloz, 2018.

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