MUNAÉ

Musée National de l'Éducation

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Peu importe le genre et l’orientation sexuelle : Éducation et questionnements LGBTQI+ dans les collections du Munaé

  • Publié le 12/09/2018

Dans la perspective d’un projet d’exposition sur les amours adolescentes prévue en 2024, le Munaé a entamé un travail sur la relation qu'entretient l'éducation, entendue ici au sens large, à l'histoire et aux questionnements LGBTQI+. Les premières recherches ont permis de mettre en place une visite thématique des réserves du musée, qui se sont déroulées le 17 mai, Journée de lutte contre l’homophobie et la transphobie, et le 16 juin 2018, date de la Normandie Pride rouennaise.


Des collections riches mais complexes à identifier et à compléter

Un premier constat a mis en lumière la richesse des collections du musée sur cette thématique, mais aussi la complexité de leur traitement en raison d’une histoire récente encore douloureuse. Le fait que l’homosexualité n’ait été dépénalisée en France qu’en 1982 et retirée de la liste des maladies mentales par l'Organisation mondiale de la santé qu’en 1990 a bien évidemment pesé sur la manière dont l’école, et plus largement les acteurs de l’éducation, ont pu appréhender le sujet.

Le musée identifiait donc mal ses collections traitant de l’histoire LGBTQI+, et ce de manière d’autant plus forte que l’histoire de ces questionnements au sein de l’institution scolaire s’écrivait nécessairement en creux jusqu’à une époque récente. Beaucoup des objets et documents décrivent en effet une histoire de l’interdiction, de la répression et de l’évitement. Si les témoignages littéraires de la première moitié du 20e siècle n’ignorent pas la question, il faut attendre le courant des années 2000 pour que soient mises en place des politiques volontaristes de lutte contre les discriminations homophobes au sein de l’école, qui se concrétisent dans les collections par des documents plus explicites.
L’éducation ne se limitant pas aux murs de l’institution scolaire mais s’intégrant dans une perspective plus vaste impliquant également la famille et la société dans son ensemble, il convient de prendre en compte d’autres témoignages, et notamment la littérature jeunesse ou la presse adolescente.

Ce travail a permis de mieux connaître les collections LGBTQI+ du musée, mais aussi de mettre en lumière leurs lacunes. Ainsi, les références à l’homosexualité féminine demeurent rares, tandis que celles venant documenter la place des personnes transgenres y sont quasiment inexistantes. De nouvelles collectes seront donc nécessaires pour enrichir les collections, à l’image de ce qui a pu être déjà mené en 2018. Grâce aux partenaires du musée, et notamment de l’association Le Refuge, plusieurs travaux d’élèves récents en lien avec la lutte contre l’homophobie à l’école ont ainsi pu être collectés.

 

De la mise en place de l’interdit à l’acceptation par l’école et les familles

Ce travail de recherche a abouti aux visites de mai et juin 2018, qui se sont articulées autour des thématiques suivantes :

Retrouvez une bonne partie des documents et œuvres à télécharger également sur Flickr (album) https://www.flickr.com/photos/museenationaleducation/sets/72157696535450501

Un travail en évolution grâce à de précieux partenaires

Le musée n’aurait pu mener ce travail sans le soutien extrêmement précieux de plusieurs acteurs LGBTQI+ du territoire, notamment du Centre LGBT Normandie (lien vers http://www.centrelgbt-normandie.fr/) et du Refuge (lien vers  https://www.le-refuge.org/). Leurs membres ont ainsi apporté une expertise indéniable sur les collections du musée ainsi que sur les problématiques les plus récentes, et ont été les relais indispensables vers les établissements scolaires impliqués dans la lutte contre l’homophobie, notamment le lycée professionnel Jean-Baptiste-Colbert de Petit-Quevilly (lien vers http://colbert-lyc.spip.ac-rouen.fr/) et le collège André-Maurois de la Saussaye (lien vers http://maurois-col.spip.ac-rouen.fr/).

Le musée a par ailleurs bénéficié du soutien de la Normandie Pride, qui a intégré ses actions dans le programme de la journée du 16 juin (lien vers : http://www.normandie-pride.fr/2018/06/03/183/) mais aussi du média LGBT Gayviking (lien vers http://www.gayviking.com/a-rouen-le-musee-national-de-leducation-ouvre-ses-collections-a-lhistoire-et-aux-questionnements-lgbt/) qui  a relayé très efficacement l’information.

Le centre de documentation du Planning Familial a également fourni de nombreuses ressources historiques liées notamment à l’éducation à la sexualité.

Les échanges très constructifs développés par le musée et ses partenaires permettent d’envisager la poursuite de la réflexion sur les questionnements  LGBTQI+, avec plusieurs perspectives pour les années à venir…

Quelques pistes pour poursuivre :

Un écho dans Le Quotidien de l’art : https://www.lequotidiendelart.com/quotidiens/2018-06-01-Quotidien-du-vendredi-1-juin-2018.html    

Quelques exemples de travaux d’élèves récents sur la lutte contre l’homophobie :

-        Roméo et Julien, comédie musicale réalisée par les élèves du collège André-Maurois de la Saussaye en  2017 : https://www.youtube.com/watch?v=55HjRosejZM

-        Recto-Verso, documentaire-fiction réalisé par les élèves de l'atelier vidéo du lycée Jean-Monnet de Strasbourg en 2013 : https://www.dailymotion.com/video/x10viih