MUNAÉ

Musée national de l'Éducation

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Chaussures et sabots

  • Publié le 19/02/2020

Le Munaé conserve près de 250 pièces de vêtements, principalement d’enfants, couvrant une période allant du milieu du XIXe siècle à nos jours.

 


Cet ensemble, relativement faible au regard des 950 000 objets et documents qui constituent la collection du musée, ne serait pas complet sans une évocation des chaussures, qui complètent de manière indispensable la tenue.

Le musée conserve ainsi une petite collection de chaussures et sabots d’enfants : sabots de bois ornés  ou non, galoches de cuir déformées par l’usage, chaussures fines à languette  ou montantes à lacets … La rareté de ces objets, exposés à un usage quotidien, aux coups et aux intempéries, s’explique probablement par le fait qu’ils sont souvent portés jusqu’à ce que leur état de dégradation ne permettent plus leur usage. Objets coûteux mais portées peu de temps en raison de la croissance de l’enfant et donc souvent transmises à l’intérieur d’une fratrie ou à l’extérieur de la famille, les chaussures ne sont guère conservées une fois usées. Le sabot occupe quant à lui  une place à part : devenu dans le courant du XXe siècle le témoignage d’une France rurale en cours de disparition, il a peut-être été conservé de manière plus attentive. Il est d’ailleurs parfois difficile d’établir son usage, notamment pour les modèles plus ornés, qui peuvent avoir eu une fonction décorative plus récente.

 

Si ces objets apparaissent, au premier abord, anecdotiques, il constitue en réalité un intéressant sujet d’étude, tant d’un point de vue matériel que symbolique. L’apprentissage du laçage constitue ainsi une étape importante dans l’autonomisation de l’enfant. Selon qu’il est chaussé de souliers souples ou de sabot de bois, il bénéficie par ailleurs d’un confort et d’une liberté de mouvement très variable, ce qui n’est pas sans conséquence dans les processus éducatifs. De la même manière que le reste de sa tenue, la nature de ce que l’élève porte aux pieds est en outre un marqueur social important, qui s’exprime notamment dans les photographies de classe, où peuvent cohabiter des types de chaussures ou de sabots très variés.

Les chaussures sont par ailleurs très présentes sur les buvards publicitaires massivement diffusés dans les années 1950-1960, qu’il s’agisse de sandales , de chaussures de sport et, surtout, de cirages et crèmes d’entretien , signe du souci éternel de leur préservation…