La classe, l'œuvre!

La classe, l'œuvre !

Valoriser les projets éducatifs artistiques et culturels

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Tous médiateurs 2017

  • 2017 -
  • MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE LA ROCHELLE -
  • Lycée général et technologique Jean Dautet

Les élèves de la section Histoire des arts du lycée Dautet proposent un travail d'analyse et d'interprétation de l'œuvre. Lors de la Nuit des Musées 2017, ceux-ci seront en position de transmetteurs puisqu'ils présenteront leurs analyses directement au public. Leurs travaux seront également publiés sur le site de la revue Arcades : http://www.revue-arcades.fr/category/lycee-art/

Œuvre étudiée

Guanyin debout

anonyme
Ronde-bosse Bois, peinture, or 30 cm Cette statue en ronde-bosse chinoise a été réalisée au 18ème siècle, sous la dynastie Qing qui connaît l'apogée de son pouvoir dans le courant de ce siècle. Il s'agit de la dernière dynastie de Chine (1644-1912), fondée par une minorité ethnique chinoise, les Manchous. Ces derniers, mus par l'envie d'une unification durable de l'empire après de nombreuses guerres et la volonté de maîtriser les populations, redonnèrent une splendeur à la religion (construction de temples, ouvertures de sites de pélerinage). La Chine vit alors en autarcie, toutes frontières fermées. Guanyin est l'appellation chinoise d'Avalokitshvara, "le seigneur qui observe depuis le haut". Boddhisattva de la compassion, elle est présente dans la religion bouddhiste et également dans la religion traditionnelle chinoise où elle prend un rôle protecteur, notamment envers les enfants et les marins. Figure religieuse majeure, sa composition est surprenante à plusieurs égards. Habituellement, on représente cette divinité pourvue de deux, quatre ou mille bras. Ces dix bras symbolisent à la fois son omniscience, sa "compassion multidirectionnelle" et permettent de supporter les différents attributs. Les mains dont le pouce et l'index sont joints sont le signe de l'explication de la loi; celles dont le majeur et l'annulaire sont repliés sont symboles du rejet des démons. Les proportions de la statuette sont également hasardeuses, elle perd ainsi en réalisme et gagne en symbolisme : l'importance décroissante donnée aux éléments corporels amène à une prédominance de sa mentalité incarnée ici par la tête. Ainsi, la statue a une morphologie particulière laissant transparaître son état de divinité. En Chine, il y a trente-trois représentations admises de Guanyin et cette statue ne correspond à aucune d'entre elles vis-à-vis du choix de la pose et des attributs (fleurs de lotus, bijoux, kesa, disques, kalasha ou "vase au trésor", bâton de sagesse, etc.). Les yeux du personnage sont baissés et elle sourit - ainsi, on rejoint l'idée d'une compassion bienveillante, du seigneur qui "regarde vers le bas". Son regard nous suit. Cette invitation à l'interrogation personnelle la rend à la fois perturbante et fascinante. Les pieds larges et stables, les bras et les pieds ouverts en signe d'accueil, elle exhale d'un savant mélange entre sagesse et indifférence. Tout son pouvoir réside dans l'absence de jugement porté; elle nous guide simplement vers une éventuelle remise en question. Par Juliette Roudot Lycée Jean Dautet 1ere Littéraire Spécialité Histoire des Arts

Établissements

  • Lycée général et technologique Jean Dautet 18 RUE DELAYANT 60534 17022 La Rochelle 05 46 28 05 70

Compte rendu du projet et médiation

Avant la nuit européenne des musées

Les élèves ont d'abord procédé à la sélection d'une oeuvre chacun dans l'accrochage n°11 "Voir et ne pas voir" exposé de septembre 2016 à septembre 2017 au musée des Beaux-Arts de La Rochelle.

Un travail de recherche et d'analyse approfondie des oeuvres a été réalisé avec l'aide de leur professeur. Les élèves se sont ensuite mis dans la peau de médiateurs et ont proposé une première présentation de leurs recherches le dimanche 12 mars 2017 face au public du musée. Forts de cette première expérience, ceux-ci sont désormais prêts à accueillir et à éclairer de leurs réflexions les publics de la prochaine Nuit des musées 2017.