La classe, l'œuvre!

La classe, l'œuvre !

Valoriser les projets éducatifs artistiques et culturels

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Mise en lumière du musée - Création de lampions

  • 2019 -
  • MUSÉE-BIBLIOTHÈQUE FRANCOIS PÉTRARQUE -
  • Ecole élémentaire Lucie Aubrac

Le Musée-Bibliothèque François Pétrarque fait vivre un patrimoine écrit et artistique autour de la figure du premier humaniste François Pétrarque (1304-1374) et du grand poète riverain de la Sorgue, René Char (1907-1988). Il conserve et expose de nombreuses gravures de Pétrarque et Laure (du XVIe au XIXe siècle), des paysages de Fontaine-de-Vaucluse (du XVIIIe au XIXe siècle), ainsi que de nombreuses œuvres d’artistes liés à René Char : Braque, Giacometti, Miro, Picasso, de Staël …

 S’inspirant de ces nombreuses œuvres, le projet consiste en une mise en lumière du musée et de ses collections, lors de la Nuit Européenne des Musées 2019, à l’aide de lampions décorés et illustrés par les élèves de l’école élémentaire Lucie Aubrac. L’objectif étant de faire découvrir les collections du musée aux enfants, de les sensibiliser au patrimoine, aux œuvres et aux artistes qui y sont exposés, et dans une démarche pédagogique, de valoriser la création artistique.

Œuvre étudiée

Lettera amorosa

René CHAR, Georges BRAQUE
Lettera amorosa René Char (1907-1988) ; avec illustrations en couleur Georges Braque (1882-1963) Genève, Engelberts, 1963 27 x 20 cm Edition originale 1/200 signée par René Char et Georges Braque avec suite de vingt-sept lithographies en couleur. Exemplaire n°195 Numéro d’inventaire : MPAC01 En 1963, la Lettera amorosa de René Char est rééditée dans un luxueux coffret par le suisse Edwin Engelberts. L’ouvrage est tiré en grand format et enrichi de vingt-neuf lithographies en couleur de Georges Braque. Le texte diffère très sensiblement de la version originale, publiée en 1953. Lettera amorosa est l’ultime, mais peut-être aussi de la plus intense, association entre René Char et Georges Braque. Le peintre est celui qui illustra le plus souvent la poésie de René Char, depuis les débuts de leur amitié en 1947. Georges Braque avait félicité René Char pour son recueil Seuls demeurent, et par l’entremise d’Yvonne Zervos, les deux hommes s’étaient rencontrés. Braque illustrateur n’est pas un rôle nouveau pour le peintre : déjà, en 1921, il avait travaillé avec Erik Satie pour son livre Le piège de méduse. Le travail de Georges Braque pour Lettera amorosa dura plus de deux ans. Edwin Engelberts explique comment fonctionnaient René Char et Georges Braque. : un premier tirage, sorte de brouillon vierge d’illustration était tiré. René Char lisait son texte, pendant que Georges Braque dessinait à grands traits dans les espaces laissés vierges sur un premier tirage du texte ce que ces paroles lui inspiraient. Le format et l’idée générale étaient ainsi définis, mais s’en suivaient de longues heures de travail, de reprises, plusieurs versions d’une même lithographie sont créées et rejetées. Selon Mourlot, qui fut chargé du tirage, « Cet ouvrage, dont l’exécution a duré plusieurs années, a beaucoup passionné Georges Braque. Plusieurs des illustrations ont été recommencées deux et trois fois et les bons à tirer n’ont pas toujours été faciles à obtenir. La plupart des gravures ont été faites sur papier litho, décalquées sur zinc ou sur pierre et les retouches de l’artiste exécutées dans son atelier. » Les thèmes abordés dans ces lithographies sont souvent très simples : La Sorgue, Les Iris, La Forêt, Le Soleil… Les oiseaux, motif cher à Braque, volent dans à peu près toutes les images. Le travail du peintre fut long et difficile. Georges Braque était fatigué, diminué par la maladie. Il s’éteint d’ailleurs peu de temps après la parution du livre. Mais pour René Char, plus qu’un ami, « Braque est celui qui nous aura mis les mains au-dessus des yeux pour nous apprendre à mieux regarder et nous permettre de voir plus loin, passée la ligne des faits d’histoire et des tombeaux... ».

Établissements

  • Ecole élémentaire Lucie Aubrac QUARTIER ST ANTOINE 84800 L'Isle-sur-la-Sorgue 04 90 21 12 11

Compte rendu du projet et médiation

Avant la nuit européenne des musées

Suite à une visite du Musée-Bibliothèque François Pétrarque en décembre 2018, les élèves de CM1 et de la classe ULIS de l’école Lucie Aubrac ont souhaité participer au projet de mise en lumière du musée, dans le cadre du dispositif « La classe, l’œuvre ! ».

Au cours de deux interventions dans chaque classe, l’équipe de médiation du musée a présenté les différentes œuvres servant de base et d’inspiration à la création des lampions :

- de Georges Braque à Joan Miró, en passant par Picasso ou Wifredo Lam, les élèves ont pu découvrir le lien qui unissait ces artistes à la poésie de René Char,

- en observant les gravures, paysages et portraits de Laure, ils ont pu apprécier les nombreuses sources d’inspiration du poète toscan François Pétrarque.

Lors de la première séance, les élèves ont sélectionné puis découpé les reproductions des œuvres du musée qu’ils souhaitaient voir figurer sur leur lampion. A la manière du procédé des papiers collés utilisé par George Braque et Pablo Picasso, ils ont ensuite recomposé leur propre œuvre. Une fois les compositions terminées, elles ont été scannées et imprimées sur papier calque pour constituer l’abat-jour du lampion.

La deuxième séance a permis aux élèves de mettre en couleur l’abat-jour (au feutre et à l’encre) et d’achever la fabrication du lampion.

Après la nuit européenne des musées

L'ensemble des lampions a été installé dans le circuit de visite pour la Nuit européenne des musées. Les créations lumineuses des élèves ont pris place aux côtés des poèmes de René Char, des ouvrages de François Pétrarque et des oeuvres de Georges Braque, Giacometti, Joan Miro, Hubert Robert, Jean-Antoine Constantin ... ainsi que des installations de Pascale Masera (artiste et intervenante dans les classes pour la création des lampions).

Pendant la soirée, la musée a accueilli plus de 70 visiteurs parmi lesquels une quinzaine d'élèves, leurs parents, leurs familles, ainsi que des visiteurs des villes et villages alentours, qui ont pu découvrir, dont certains pour la première fois, les collections du musée dans une ambiance décalée, insolite et poétique, permise par la créativité des élèves de l'école Lucie Aubrac.

Leurs lampions ont illuminé le musée pendant une dizaine de jours, avant de leur avoir été restitués.