La classe, l'œuvre!

La classe, l'œuvre !

Valoriser les projets éducatifs artistiques et culturels

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Humanité(s)

  • 2017 -
  • MUSÉE NATIONAL DE PRÉHISTOIRE -
  • Lycée général et technologique Pré de Cordy,
  • Lycée polyvalent Antoine de Saint-Exupéry
Le public s'engage dans un parcours autour d'une douzaine de performances au coeur des collections du Musée national de Préhistoire. Une réflexion sur l'Homme et sur ce qui le défini. Comment la science nourrit-elle l'esprit, comment la poésie élève-t-elle la science ?

Œuvre étudiée

Collections paléolithiques

Musée national de Préhistoire
Humanité(s) passées, présentes... entre rupture et continuité.

Établissements

  • Lycée général et technologique Pré de Cordy 5 AVENUE JOSEPHINE BAKER 24200 Sarlat-la-Canéda 05 53 31 70 70
  • Lycée polyvalent Antoine de Saint-Exupéry 92 24122 Terrasson-Lavilledieu 05 53 50 21 17

Compte rendu du projet et médiation

Avant la nuit européenne des musées

Calendrier

Premier contact avec l’artiste, définition de la thématique / mai 2016.

Diffusion du projet et appel à candidatures par la DAAC / juin 2016.

Echanges avec les enseignants / Eté et automne 2016.

Interventions du conférencier RMNGP dans les établissements / janvier 2017.

Accueil des élèves au Musée et rencontre avec les artistes / janvier 2017.

Divers échanges et rencontres en mars et avril afin de finaliser le projet sur le fond et la technique et d’anticiper les contraintes liées à l’accueil et à la sécurité.

Accueil des participants le 20 mai en début d’après-midi.

Le projet : Une réflexion sur l'Homme et ce qui le définit / comment la science nourrit-elle l'esprit, comment la poésie élève-t-elle la science ?

Trois étapes

1- approche patrimoniale par la découverte d'une collection archéologique (présentation générale en classe + visite du Musée national de Préhistoire)

Des vestiges, des objets, des œuvres nous parlent d'hommes lointains, de leurs relations à l'environnement, de leurs rencontres, de leurs échanges, de leur extinction, de leurs legs.

2- approche basée sur un travail de réflexion et d'écriture accompagné par un artiste, auteur, compositeur, interprète, David Sire, qui porte un regard poétique sur ses contemporains.

3- restitution à l'occasion de la Nuit européenne des musées, le 20 mai, en première partie de soirée. Performances en lien avec plusieurs œuvres du Musée, lectures de textes, scénettes, exposition, vidéo, création d’un espace sonore.

Parallèlement, David Sire et Fred Bouchain proposent une déambulation poétique au sein des collections permanentes sur le thème "Humanité(s)" ainsi qu'un concert en deuxième partie de soirée sous le grand abri du musée.

Après la nuit européenne des musées

Bilan de Cécile Gizardin, conférencière au Musée national de Préhistoire, Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais

Il faut noter une grande fluidité dans la définition et le respect du calendrier dû à l’engagement de chaque partie (enseignants, personnel du Musée et artistes).Deux établissements ont adhéré au projet impliquant un investissement plus important en temps pour l’interlocuteur médiateur du Musée. Il sera sans doute préférable à l’avenir de ne retenir qu’un projet. L’ensemble des performances a reçu un accueil très positif tant de la part du public, parfois invité à prendre part aux performances, que de l’ensemble du personnel du Musée. Les élèves ont su matérialiser des notions parfois très abstraites ou complexes avec subtilité et parfois élégance. Leur regard de jeunes adultes, a projeté un éclairage particulier, pleinement inscrit dans la société actuelle, sur les cultures matérielles des populations préhistoriques. Quelques biais influenceront peut-être les pratiques des conférenciers et les propositions de médiation à venir.

L’approche thématique des collections était ambitieuse mais a suscité de nombreuses propositions qui ont dû être affinées au fil du temps. Il sera sans doute préférable à l’avenir de suivre la démarche inverse en partant d’une œuvre sujette à réflexion et, on l’imagine, à de multiples développements et transversalités.

Bilan de Nicolas Batteau, Chantal Calmon et Marc Lamonzie pour le lycée Saint Exupéry de Terrasson

Le samedi 20 mai, entre 13h30 et 14h00 devant le Musée National de la Préhistoire des Eyzies, rendez-vous a été donné aux 28 élèves de première littéraire du lycée Saint Exupéry de Terrasson. Tous sont là -hormis une élève malade- pour le projet préparé depuis janvier (en réalité depuis juillet 2016 par les enseignants et les personnels du musée) : animer le soir de 18h à 21h dans le cadre de La Nuit des Musées ce haut lieu de culture par des peformances de groupes, afin de donner à voir autrement les collections mais également ceux qui furent nos ancêtres, australopithèques, homo habilis ou ergaster, hommes de Néandertal, homo sapiens. Inspirés notamment par le texte Préhistoires de Jean Rouaud, les élèves ont mené en amont à travers les cours de français, d'arts plastiques et d'histoire une réflexion sur les humanités plurielles.

Après avoir interrogé à travers le pamphlet de Montesquieu « De l'esclavage des nègres » et le Discours sur le colonialisme de Césaire les différences entre les hommes modernes et les discriminations induites, la question de la disparition des Néandertaliens et de la domination des Sapiens posée par Jean Rouaud a été étudiée par les lycéens et a nourri leur imaginaire. En parallèle, la mise en scène de l'objet et de l'oeuvre artistique ainsi que l'appropriation du réel par le regard ont été traités en cours d'arts plastiques pour enrichir les propositions d'intervention des élèves. Ainsi, la question d'une humanité plurielle, la question d'une continuité à travers le temps d'une humanité exprimée sous des formes multiples et variées mais constamment menacée par une réduction, une uniformisation et une simplification dévalorisante a été l'axe directeur des recherches et réalisations pour le projet de la Nuit des Musées.

De là, les élèves, par groupe, se sont emparés d'espaces et d'objets du musée et ont cherché à les faire exister en résonance avec leur vie, leur présent. Un groupe a pris place dans le couloir présentant le moulage de traces de pas d'australopithèques ; un autre s'est intéressé au moulage d'un homo ergaster selon un protocole antique de posture contrapostale ; un groupe s'est installé dans des escaliers contre une vitrine présentant comme un livre ouvert une coupe stratigraphique écrivant le lent passage du temps. Un duo s'est intéressé à la sépulture d'un enfant néandertalien, un autre à un ensemble de vitrines alignées pour symboliser le fil du temps et des variations climatiques, un trio s'est installé à hauteur de vitrines où les silex taillés révèlent l'intelligence des tailleurs préhistoriques. Enfin, une vitrine au sol a été investie pour sa résonance avec les situations d'école, un groupe a présenté une mise en scène de rituel de parure, deux élèves ont installé une collection de peintures et photographies modernes au milieu des collections préhistoriques, et un dernier groupe a proposé une conférence théâtralisée sur les bijoux trouvés dans les sépultures.

Danses, théâtre, vidéo, poèmes, photographies, musique : tous les domaines ont été convoqués. De la préhistoire au téléphone portable, de la taille des silex aux formules mathématiques et poétiques, de la transmission des gestes à la transmission des sons, des offrandes de fleurs aux offrandes d'idées, de la chasse chorégraphiée au métissage des hommes, les performances proposées ont exigé de la part des lycéens à très grand investissement humain. Il leur a fallu aller chercher le public, l'inviter à les regarder et les entendre ; il leur a fallu s'impliquer non seulement intellectuellement mais aussi physiquement, donner à la précision des concepts la rigueur des gestes.

Peut-être est-ce parce qu'ils ont réussi à se dépasser et à se surprendre autant qu'ils ont surpris le public que les élèves ont unanimement plebiscité le projet. Peut-être est-ce pour l'émotion procurée par le voyage dans le temps et dans la culture offert par le musée. Peut-être pour tout cela à la fois, le vivant épanoui dans un imaginaire pétri de savoir et transmis dans la joie aux visiteurs, toujours est-il que les élèves ont trouvé dans cette expérience un regain de motivation et de confiance qui, nous l'espérons, leur rappellera longtemps qu'ils ont un vrai pouvoir de créativité. Il est impossible qu'après une telle soirée ils revoient ce musée en particulier et les musées en général avec la moindre indifférence. Il est à souhaiter enfin que les humanités plurielles soient pour eux et nous une belle source d'inspiration future.

Une vidéo d'1m35 en lien avec la thématique Humanité(s) initiée par le musée dans le cadre du programme La Classe, l'Oeuvre a été réalisé par Léa.

"Dans cette vidéo, Léa a tenté de reproduire une scène de chasse : la recherche de l'animal, l'homme en quête de gibier, les battements de coeur, la peur, le combat entre le chasseur et sa proie."

Bilan de Florent Brousse (Sciences Ingénieur - Cinéma) pour le lycée Pré de Cordy de Sarlat

Le projet a été mené avec une classe de mise à niveau "cinéma audiovisuel". Douze élèves y ont participé.

Les rencontres ont été très enrichissantes avec les partenaires et l'artiste participant, cela a donné aux élèves une ouverture sur la préhistoire.

Une installation sonore d'1m48 a été réalisé par 3 élèves (Ludivine, Magalie et Carole) en lien avec la thématiques Humanité(s) initiée par le musée dans le cadre du programme La Classe, l'Oeuvre.

"Fermez les yeux et laissez vous emporter dans ce passé lointain, ce passé que l'on essaye de retracer, ce passé d'il y a quelques milliers d'année.

Nous vous invitons dans un voyage d'un nouveau genre. Ouvrez grandes les oreilles et plongez. La préhistoire n'attend plus que vous."

  • Installation sonore - Lycée Pré de Cordy, Sarlat
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    Vidéo - Lycée Saint Exupéry de Terrasson