La classe, l'œuvre!

La classe, l'œuvre !

Valoriser les projets éducatifs artistiques et culturels

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Honneur aux dames !

  • 2019 -
  • MUSÉE GIRODET -
  • Collège de la Vallée de l'Ouanne

Pour la troisième fois consécutive, le musée Girodet participe au dispositif « La classe, l’œuvre ! ». Cette année, le partenariat concerne les élèves de 6ème du collège de la Vallée de l’Ouanne, à Château-Renard.

Dans ce musée rouvert au public depuis décembre 2018, les élèves se familiariseront avec plusieurs représentations féminines issues de la mythologie et de la Bible, en se posant une question : quelles sont les histoires qu’elles racontent ?

En examinant les œuvres d’un point de vue formel, artistique, historique et sociologique, les élèves interrogeront le rôle et le statut de ces femmes légendaires en proposant des créations photographiques, audiovisuelles, théâtrales et littéraires.

Œuvre étudiée

L'Enlèvement d'Europe - Anne-Louis Girodet-Trioson

*
Bucolique ou dramatique ? Malgré ses couleurs vives et sa composition animée, cette toile nous parle bien d’un enlèvement ! L’air résigné, Europe s’agrippe tendrement à son ravisseur, un taureau blanc au regard étrangement humain… Il s’agit de Zeus, le dieu des dieux qui, une fois de plus, n’a pu réprimer ses ardeurs et, sous la forme de cet animal majestueux, s’est emparé de la belle princesse phénicienne pour en faire sa maîtresse. Le couple improbable fend les flots, entouré d’un cortège joyeux qui, loin de plaindre la jeune princesse, célèbre la victoire amoureuse du dieu. Sirènes, tritons et dauphins sont de la partie, sans oublier le petit amour ailé, qui s’est confortablement installé dans l’étole de la jeune femme. Heureusement pour elle, Europe ne connaîtra pas le funeste destin de certaines autres conquêtes de Zeus, puisqu’elle deviendra reine de Crète et mère de trois enfants. Cet épisode n'est pas moins représentatif du statut des femmes dans la mythologie : hormis quelques déesses puissantes (telles Athéna, Diane ou Aphrodite), les figures féminines, en particulier les mortelles, sont généralement de belles jeunes femmes, victimes de leur succès, à la merci des hommes et des dieux qui partagent leur monde. Girodet n’est pas le premier peintre à représenter ce chapitre mythologique, bien connu depuis Les Métamorphoses d’Ovide. Il nous livre cependant une interprétation toute personnelle du mythe qu’il a lui-même réécrit, dans un style inspiré du poète grec lyrique Anacréon. Dans sa version, Europe n’est pas une victime, mais une jeune femme attendrie par l’amour que lui porte Zeus. Voilà pourquoi cet enlèvement a des allures de noce festive et colorée, dans un paysage idyllique. Avec ses couleurs fleuries et ses petites dimensions (tout juste 20 centimètres de hauteur !), ce tableau ressemble à un bijou émaillé. Bien qu’inachevé – il ne s’agit que d’une esquisse – il est sans conteste un des chefs d’œuvre du musée.

Établissements

  • Collège de la Vallée de l'Ouanne 569 ROUTE DE CHATILLON COLIGNY 45220 Château-Renard 02 38 95 31 52

Compte rendu du projet et médiation

Avant la nuit européenne des musées

1. Sur une proposition du musée Girodet, Jeanne Thomas, enseignante de français au collège, s’est portée volontaire pour assumer la responsabilité du projet, autour duquel se sont fédérés 15 élèves volontaires, issus de classes différentes. Après avoir défini une thématique autour de la Femme, en accord avec les recommandations de la lettre de lancement de l’opération « La classe, l’œuvre ! », l’enseignante a sélectionné onze œuvres, à partir des suggestions d’Anne-Marie du Boucher, médiatrice culturelle du musée, en adoptant d’ores et déjà une ligne directrice : la femme sacrée et mythologique.

2. Au mois de janvier, l'enseignante a présenté l'ensemble du corpus aux élèves volontaires, en les invitant à choisir celles qu'ils préféraient. Puis elle leur a distribué un document d'analyse et de contextualisation, afin qu’ils effectuent un premier travail d'observation et de réflexion sur les œuvres choisies, avant de les découvrir au musée (cf. pièce jointe).

3. Accompagnés de Jeanne et de quelques parents, les élèves se sont rendus au musée Girodet le jeudi 7 février, où ils ont été accueillis par Anne-Marie. Cette dernière leur a proposé une courte visite guidée d’une demi-heure sur la thématique de la Femme, en incluant les onze œuvres du corpus. Les élèves sont ensuite repartis devant les œuvres qui les avaient le plus intéressés. Ce moment en autonomie leur a permis de faire émerger un grand nombre d’idées. Il leur a aussi permis de découvrir d’autres œuvres qui ne faisaient pas initialement partie du corpus et qu’ils ont finalement retenues pour la suite.

Le retour en bus jusqu’à Château-Renard a permis à Jeanne de faire le bilan de la matinée, en recensant les œuvres choisies, les idées des élèves pour chacune d’elle et en commençant à constituer des groupes de travail. A l’issue de cette première rencontre, le corpus d’œuvres comprenait six œuvres :

-L’Enlèvement d’Europe, d’Anne-Louis Girodet, huile sur papier marouflé sur toile, 1807

-Pénélope, Hélène, Aphrodite et Athéna, d’Henry de Triqueti, médaillons en plâtre, 1861

-L’Assomption de la Vierge, d’Emile Viel d’après Bartolomé Esteban Murillo, huile sur toile, XIXe siècle

4. Jeanne a poursuivi le projet avec les élèves volontaires, qui n’ont pas hésité à travailler en groupe et en dehors des heures de cours, chez eux ou au collège, pour aboutir à la constitution de 5 productions différentes :

-Groupe 1 (7 élèves) : une pièce de théâtre inspirée de l’histoire des quatre femmes représentées par Henry de Triqueti sur les médaillons.

-Groupe 2 (2 élèves) : l’écriture de quatre textes pour présenter l’identité et le destin de ces mêmes quatre femmes

-Groupe 3 (3 élèves) : la réalisation de 3 folioscopes pour recréer le mouvement ascensionnel de la Vierge.

-Groupe 4 (2 élèves) : un écrit d’invention à partir du tableau de l’Enlèvement d’Europe

-Groupe 5 (1 élève) : la création d’un diaporama pour comparer deux versions de l’Enlèvement d’Europe.

Sur une proposition d’Anne-Marie, Jeanne a également rédigé quelques lignes explicatives pour rappeler la démarche de chaque groupe.

5. L’ensemble des réalisations est parvenu au musée dans la semaine précédant la nuit des musées. Le mercredi 15 mai, les élèves volontaires, accompagnés de Jeanne, ont à nouveau pris sur le temps libre pour venir faire un filage dans les espaces du musée. Ce rendez-vous a été capital pour la suite : les élèves ont songé à la façon dont ils allaient mener la visite et le parcours qu’ils allaient emprunter. Ils se sont également interrogés sur ce qu’ils diraient aux visiteurs pour présenter leur travail et se sont exercés à parler en public, en prenant soin de parler fort, tout en regardant les visiteurs. Après ce filage, les élèves étaient fin prêts pour la Nuit des musées !

Après la nuit européenne des musées

1. Les élèves (débordants d’énergie !) se sont présentés devant les portes du musée vers 17h, le 18 mai. Certains d’entre eux avaient décidé de sortir le grand jeu en adoptant une tenue de circonstance. Après avoir fait un petit tour dans les loges, le temps de déposer les affaires, ils sont repartis dans les salles en compagnie de Jeanne et Anne-Marie, afin de répéter une dernière fois le parcours et le petit texte de présentation de chacun.

 

2. A 18h, le musée a partiellement ouvert ses portes pour accueillir les parents et amis des élèves concernés par le projet. De cette façon, une trentaine de personnes a pu bénéficier d’une visite privée et intime orchestrée par les élèves (avec l’accompagnement discret de Jeanne et Anne-Marie). Cette première visite a rassuré les élèves qui se sont sentis prêts pour la seconde visite, ouverte au grand public. En attendant le moment venu, ils ont pu se reposer dans les loges, où ils avaient de quoi boire et manger.

 

3. A 19h, les élèves ont de nouveau conduit la visite pour le grand public (environ 45 personnes). Leur prestation s’est soldée par des applaudissements ainsi que les félicitations et remerciements de Jeanne et Anne-Marie. Les élèves se sont ensuite rendus dans le parc, portable et appareil photo en main, pour célébrer le succès de leur soirée, au cours de laquelle ils se sont d’abord sentis nerveux, puis fiers et heureux !

 

Après le départ des élèves, leurs travaux sont restés en place (y compris la projection de la scène de théâtre) dans les salles. Grâce aux cartels explicatifs de Jeanne, les visiteurs suivants ont pu en profiter jusqu’à 23h.

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