La classe, l'œuvre!

La classe, l'œuvre !

Valoriser les projets éducatifs artistiques et culturels

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Empreintes végétales, entre science et art

  • 2019 -
  • MUSÉE D'ARCHÉOLOGIE -
  • Lycée Agricole et Horticole Vert d'Azur
Le projet  associe découverte et compréhension des matériaux d’étude des archéobotanistes (graines, charbons, pollen, etc…) et la découverte et la compréhension du couvert végétal actuel sur littoral antibois, engageant une mûre réflexion sur la relation hommes-plantes et plus largement hommes environnement. Ce projet associe le musée d’Archéologie d’Antibes, le laboratoire GreNES du  CEPAM (UMR 7264 du CNRS, Université de Nice Sophia-Antipolis), le service Mer-Littoral de la Direction Santé-Environnement, Développement Durable, de la ville d’Antibes.

Ce projet est réalisé en associant des lycéens de 1ere bac pro et des étudiants de BTS,  engagés dans des études liées à l’environnement végétal, inscrits au Pôle de Formation Vert d’Azur (lycéens et étudiants du CFA horticole).

Etablissements oeuvrant au projet:

-Pôle de formation Vert d'Azur (CFA): classe de 1ere bac Pro "Aménagements paysagers",  référents: Elisabeth Catala, enseignante en biologie végétale et écologie, et Philippe Pisano, formateur/ classe de BTS Production Horticole, référente: Agnès Laurens, enseignante en éducation socio-culturelle

-musée d'Archéologie, Antibes, référente: Elyse Poignant

-Laboratoire GreNES du CEPAM (UMR 7264 du CNRS, Université de Nice Sophia-Antipolis), responsable: Claire Delhon

-Direction Santé-Environnement-Développement Durable, service Mer-Littoral de la Ville d'Antibes: chargé de mission Didier Laurent


Œuvre étudiée

Noisettes

sans
Noisettes (Corylus avellana L.), épave de la Tradelière, île Sainte-Marguerite, Cannes, vers 15-10 avant J.-C.

Établissements

  • Lycée Agricole et Horticole Vert d'Azur 1285 Avenue Jules Grec 06600 Antibes

Compte rendu du projet et médiation

Avant la nuit européenne des musées

La première séance a eu lieu au musée d'Archéologie: les élèves ont découvert quels vestiges en lien avec l'environnement végétal antique pouvaient être  conservés au musée. Les vestiges directs témoignant de la présence, du commerce, de l'usage de certaines parties des végétaux leur ont été présentés, comme les noisettes provenant de l'épave de la Tradelière (fin du Ier siècle avant J.-C.), les charbons de bois antiques issus des fouilles du Vieil Antibes. Les vestiges indirects témoignant des végétaux anciens ont été aussi exploités lors de la visite: rinceaux de vigne, palmes, frises de laurier, lierre, cyprès illustrés sur des céramiques, des fragments lapidaires, des objets de tabletterie. Enfin, les quelques informations issues des opérations de fouilles menées à Antibes (Bas Lauvert, rue du Migrainier) ou sur le territoire antique d'Antipolis (Les Encourdoules à Vallauris), qui ont pour certaines donné lieu à des analyses palynologiques ou qui témoignent pour l'une d'entre elles de la culture de la vigne vers le IIIe siècle avant J.-C. aux limites de l'agglomération ancienne ont complété cette présentation. En conclusion, les élèves ont pu comprendre que pour appréhender le végétal, il fallait passer par des prélèvements de sédiments sur les sites archéologiques et en venir à des analyses pointues menées en laboratoire, menées par les archébotanistes. Chaque vestige, graine, charbon, pollen... fait appel à des spécialités bien définies: le carpologue, l'anthracologue, le palynologue, etc...

2-Séance sur site naturel, géré par les service mer littoral de la Ville d'Antibes et le conservatoire du littoral: Didier Laurent, en charge de la préservation et de la gestion de ces sites, a guidé les élèves au bois de la Garoupe, au coeur d'une chênaie caducifoliée, et sur le sentier de Tire-Poil, riche en flore de zone côtière. Les élèves ont ainsi pu découvrir de nombreuses essences, certaines indigène (comme la très rare Garoupe) et d'autre d'importation très récente et souvent très invasives. La séance leur a permis de réfléchir sur la gestion du végétal, la préservation des végétaux ancien, la nécessaire surveillance de l'évolution du couvert végétal (contenir la prolifération des plantes dites invasives, préservation des végétaux d'origine ancienne, etc...). La séance a donné lieu à une production artistique ayant pour thème le vivant et l'empreinte, la trace: ils ont opéré des martelages de végétaux sur de grandes laizes de tissu, selon une méthode ancestrale japonaise, et procédé à la réalisation de cyanotypes avec identification des végétaux.

3- La troisième séance a familiarisé les élèves avec les différentes spécialités de l'archéobotanique, en passant une journée complète immersive dans les locaux du laboratoire GReNES du CEPAM (CNRS) à Nice: , l’équipe GReNES, épaulée par Sabine Sorin, responsable de la médiation scientifique et culturelle du CEPAM. Après un exposé présentant le fonctionnement d’un laboratoire d’archéologie et la discipline de l’Archéobotanique, cette journée de médiation s'est organisée autour de plusieurs ateliers, reconstituant le travail de l’archéobotaniste, du terrain au laboratoire :

  • Les apprentis et étudiants se sont d’abord essayés à la fouille, au tri et à l’identification des restes carpologiques (restes de fruits et de graines), et au décryptage des informations donnés par ces derniers concernant les pratiques agricoles (Alain Carré, Alexia Decaix)
  • La visite des laboratoires de chimie et de microscopie a permis de leur présenter les plateaux techniques du laboratoire. Un atelier de détermination au microscope des charbons de bois et de grains de pollen a permis à ces futurs professionnels de l’agriculture et des espaces verts de mettre à profit leurs connaissances en anatomie végétale dans un domaine différent de leur pratique quotidienne (Benjamin Audiard, Isabelle Gillot)
  • Le jeu de l’Archéologue du paysage leur a proposé de se mettre dans la peau d’un anthracologue qui, à partir de l'identification des charbons de bois récolté sur les sites archéologique, tente de comprendre les dynamiques d’évolution des paysages et leurs causes : changements climatiques, pratiques humaines (Janet Battentier, Elysandre Puech)
  • Le jeu Timeline Botanique a permis aux apprentis et étudiants de retrouver les dates du début de l’usage des plantes familières et de prendre conscience que beaucoup de plantes utilisées aujourd’hui sont en réalité d’introduction récente (Claire Delhon)

Après la nuit européenne des musées

-Lors de la Nuit des musées, les oeuvres de martelage de végétaux sur tissu et les cyanotypes ont fait l'objet d'une installation éphémère au musée: elles ont été suspendues à des cables, de façon à ce que les laizes restent mobiles et conservent l'esprit de légèreté, de mouvement, comme les végétaux peuvent bouger au gré du vent, en extérieur. Il en est de même pour les cyanotypes, enfilés sur un cable mince, mobiles eux aussi. 

Une dizaine d'élèves ont pu être présents pour livrer les explications au public, en interrogation devant ces oeuvres légères, témoignages directs du vivant, dans un musée riche en céramiques archéologiques et aux vestiges lapidaires. Ils ont pu restituer l'ensemble du projet, les questionnements soulevés au fil des différentes séances du projet et à leurs réflexions personnelles sur leur pratiques professionnelle à venir.