La classe, l'œuvre!

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Valoriser les projets éducatifs artistiques et culturels

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Danser Genet

  • 2016 -
  • MUCEM, MUSÉE DES CIVILISATIONS DE L'EUROPE ET DE LA MÉDITÉRANNÉE -
  • Lycée Saint-Charles général et technologique
A l'occasion de l'exposition Jean Genet, l'échappée belle, les élèves du lycée Saint-Charles de la série littéraire spécialité Art-Danse proposent un parcours chorégraphique autour de la figure de Genet avec comme pièce centrale L'homme qui marche II d'Alberto Giacometti. 

Les élèves s’intéresseront à écrire avec les corps et lire avec leur sensibilité un espace-temps tordu, rugueux, pour remplir par le geste la distance avec du vide. La référence à « L’homme qui marche », au dialogue instauré avec le portrait de Jean Genet et le texte du « captif amoureux » écrit l’espace-temps des deux hommes.

Pour les élèves-danseurs, c’est d’abord l’histoire d’un homme maigre englué dans une boue destructrice puissante emmenant avec lui toute l’humanité. Mais c’est aussi par la lecture de l’atelier d’Alberto Giacometti de Jean Genet, l’éloge d’un homme sensible au cœur d’un monde épuré.

Comme Genet qui interroge le mouvement intérieur d’un espace-temps rempli d’une solitude qui résonne avec ses complices (Sartre, Cocteau, Matisse, Giacometti…), de ses sculptures  « d’objets mobiles et muets », Alberto réfléchit en permanence le mouvement.

 

L’expression de ces problématiques d’œuvres sera le point d’orgue du travail de création chorégraphique des élèves.

Œuvre étudiée

Alberto Giacometti, Homme qui marche II, 1960. Bronze, 188 x 29 x 110,5 cm (HxLxP) Collection Fondation Marguerite et Aimé Maeght, Saint-Paul de Vence
© Archives Fondation Maeght, Saint-Paul de Vence, photo Claude Germain © Succession Alberto Giacometti (Fondation Alberto et Annette Giacometti, Paris / ADAGP, Paris) 2016.

Homme qui marche II

Alberto Giacometti
Jean Genet, poète sans autre patrie que la langue, disait : « La France est une émotion qui se poursuit d’artistes en artistes. » L’un d’eux a joué un rôle charnière dans son oeuvre : Alberto Giacometti. Écriture, théâtre, vagabondages et engagements sont ici rassemblés autour de la figure du seul homme que Genet ait jamais admiré. L’artiste fit son portrait, Genet lui répondit en retour avec l’un de ses plus beaux textes, L’Atelier d’Alberto Giacometti. Son Homme qui marche est l’incarnation la plus juste du chemin consumé de Jean Genet.

Ressources associées

Établissements

  • Lycée Saint-Charles général et technologique 5 Rue Guy Fabre 13001 Marseille 04 91 08 20 50

Compte rendu du projet et médiation

Avant la nuit européenne des musées

« Danser Genet » / « Interroger Picasso »

Etude diachronique et synchronique des œuvres de Jean Genet et Pablo Picasso, les 2 expositions temporaires du Mucem.

« Danse Genet »

Œuvres choisies :

« L’homme qui marche », le « portrait de Jean Genet » par Alberto Giacometti et « Un captif amoureux » Premières épreuves corrigées.

 

Les élèves s’intéresseront à écrire avec les corps et lire avec leur sensibilité un espace-temps tordu, rugueux, pour remplir par le geste la distance avec du vide. La référence à « l’homme qui marche », au dialogue instauré avec le portrait de Jean Genet et le texte du « captif amoureux » écrit l’espace-temps des deux hommes.

Pour les élèves-danseurs, c’est d’abord l’histoire d’un homme maigre englué dans une boue destructrice puissante emmenant avec lui toute l’humanité. Mais c’est aussi par la lecture de l’atelier d’Alberto Giacometti de Jean Genet, l’éloge d’un homme sensible au cœur d’un monde épuré.

Comme Genet qui interroge le mouvement intérieur d’un espace-temps rempli d’une solitude résonnée avec ses complices (Sartre, Cocteau, Matisse, Giacometti…, de ses sculptures  « d’objets mobiles et muets », Alberto réfléchit en permanence le mouvement.

 L’expression de ces problématiques d’œuvres sera le point d’orgue du travail de création chorégraphique des élèves.

« Interroger Picasso »

S’approprier des différentes phases de l’écriture plastique de Pablo Picasso et partager en goûtant les étapes de vie par lesquelles Picasso est passées.

 

Œuvres choisies :

« L’Enterrement de Casagemas »,  « Scène de tauromachie » et « Corrida »

Ces œuvres caractérisent le devenir du langage plastique de Picasso, un registre d’écriture originel qui a constitué son lendemain, sa vie, son œuvre. Les élèves mettront en corps, leurs réponses aux questions proposées par l’enseignant autour de ces 3 œuvres et pourront ainsi cheminer « l’espace d’hier et la lueur de demain » de ce que fut l’art Picasso.

Après la nuit européenne des musées

DESCRIPTION DE L’ACTION :

par Viviane Cirillo

Intitulé du projet : « Danser Genet » / « Interroger Picasso »

A partir des expositions : « Jean Genet, l’échappée belle » et Picasso, un génie sans piédestal »

Objectif : Questionner l’art dans son rapport singulier à la réalité

Etude diachronique et synchronique des œuvres de Jean Genet et Pablo Picasso

Mise en résonance corporelle des éléments essentiels et caractéristiques des expositions de Jean Genet et de Pablo Picasso.

« Danse Genet »

Œuvres choisies :

« L’homme qui marche », le « portrait de Jean Genet » par Alberto Giacometti et « Un captif amoureux »

 Les élèves s’intéresseront à écrire avec les corps et lire avec leur sensibilité un espace-temps tordu, rugueux, pour remplir par le geste la distance avec du « vide ».

La référence à « l’homme qui marche », au dialogue instauré avec le « Portrait de Jean Genet » et le texte du « captif amoureux » écrit l’espace-temps des deux hommes.

Pour les élèves-danseurs, c’est d’abord l’histoire d’un homme maigre englué dans une boue destructrice puissante emmenant avec lui toute l’humanité. Mais c’est aussi par la lecture de l’atelier d’Alberto Giacometti de Jean Genet, l’éloge d’un homme sensible au cœur d’un monde épuré, débarrassé de tout embarras.

Comme Genet qui interroge le mouvement intérieur d’un espace-temps rempli d’une solitude résonnée avec ses complices (Sartre, Cocteau, Matisse, Giacometti…, de ses sculptures  « d’objets mobiles et muets », Alberto réfléchit en permanence le mouvement.

 L’expression de ces problématiques d’œuvres sera le point d’orgue du travail de création chorégraphique des élèves.

 « Interroger Picasso »

S’approprier des différentes phases de l’écriture plastique de P. Picasso et partager en goûtant les étapes de vie par lesquelles Picasso est passées.

 

Œuvres choisies :

« L’Enterrement de Casagemas »,  « Scène de tauromachie » et « Corrida »

Ces œuvres caractérisent le devenir du langage plastique de Picasso, un registre d’écriture originel qui a constitué son lendemain, sa vie, son œuvre.

Les élèves mettront en corps, leurs réponses aux questions proposées par l’enseignant autour de ces 3 œuvres et pourront ainsi cheminer « l’espace d’hier et la lueur de demain » de ce que fut l’art Picasso.

 Par ailleurs deux réunions entre les enseignants et l’équipe du MuCEM ont encadré ces étapes définies et ont permis de décider les œuvres à étudier et destinées à la médiation. L’organisation et la logistique de la manifestation s’est également décidée à ce moment-là.

  Étapes du projet (nombres de visites, temps de travail en classe et au musée, Intervenants,...)

 5 étapes pour les élèves

Ø  Mi-décembre 2015 : Appréhender les espaces extérieurs du MuCEM par une appropriation de l’architecture du lieu. Travail de création avec production de performances in situ

Ø  Mi-février 2016: Se rendre au MuCEM et visiter une exposition temporaire : « J’aime les panoramas »

Ø  Avril 2016 : 2 Ateliers de création au lycée. A partir des œuvres choisies, prélever les éléments essentiels et constitutifs puis écrire avec des mots simples ou des phrases. Mettre en résonance corporelle les éléments signifiants et organiser la matière gestuelle en plusieurs modules chorégraphiques à partir d’un outillage proposé.

Ø  19 mai 2016 en matinée : Répétition sur les espaces de l’exposition en présence des œuvres, appréhender les difficultés d’adaptation aux lieux

Ø  21 mai 2016: Nuit Européenne des musées: Exprimer devant environ 5000 personnes les créations travaillées.

  Les étapes de visite au Mucem

Novembre 2015

L’aventure de cet enseignement interdisciplinaire a commencé par une visite au MuCEM. Découvrir et s’approprier du lieu ont permis aux élèves d’entrer facilement dans un projet d’intention singulier et personnel. La visite des expositions permanentes est une entrée intéressante par laquelle il est possible d’associer le professeur d’Arts Plastiques pour ce qui est de guider les élèves dans une réception esthétique ciblée. La visite des espaces extérieurs est aussi importante et permet d’amener l’élève à s’intéresser au domaine de l’architecture et des arts de l’espace.

 Atelier en extérieur

Un travail d’expérimentation autour du MuCEM par exemple par une mise en résonance corporelle de la résille qui entoure le bâtiment édifié par l’architecte Rudy Riciotti envisage le projet selon une intention d’appropriation par les élèves qui va au-delà de l’intérêt d’être le médiateur culturel d’un soir.

 Visite Temporaire « J’aime les panoramas »

Février 2016, trois mois plus tard, l’exposition temporaire « J’aime les Panoramas » va faire éclore les prémisses de l’acte de création. La visite a été guidée par un questionnaire-guide puis un travail en atelier a permis de questionner le rôle du regard dans l’intention du mouvement. Les élèves ont choisi eux-mêmes leur espace panoramique et entre le Fort St-Jean et les abords du bâtiment du Mucem, les lieux sont très en cohérence avec cette exposition.

Le travail sur la notion de panorama a mis en évidence la construction du point de vue, le panorama comme récit, l’homme face à un grand paysage, le panorama comme dispositif panoramique. Chaque groupe a tenté d’expérimenter ces différentes perspectives.

  5ème étape, en route vers la Nuit

Avril 2016, nous avons pensé uniquement : Nuit Européenne des musées, les élèves ont pu étudier cet auteur finalement peu connu des lycéens, par une appropriation singulière et unique, mais ils se sont surtout intéressés de manière très forte à ses œuvres.

L’équipe enseignante avait attendu impatiemment la date de l’ouverture de l’exposition : le 18 avril 2016, jour de la rentrée des vacances de Pâques. La sortie avait été envisagée en amont et ce fut une sortie organisée sur la journée. Le matin, visite de l’exposition avec pour chacun des élèves, un questionnaire-guide auquel ils devaient répondre par écrit et l’après-midi fut consacré à un travail par groupe à propos de l’exposition Genet et Picasso.

 3 œuvres issues de l’exposition Jean Genet avaient été mises à l’étude en classe avant la visite de l’exposition : « L’homme qui marche », le « portrait de Jean Genet » par Alberto Giacometti et « Un captif amoureux »

L’analyse des éléments essentiels qui caractérisent ces 3 œuvres a permis d’en extraire les propriétés remarquables.

 3 œuvres également issues de l’exposition sur Picasso ont fait l’objet d’un travail liminaire en classe mais choisies ensemble à partir d’un synopsis. Ce travail était destiné à exprimer par des états de corps ce que la visite ciblée avait laissé comme trace en eux. Pour ce faire l’enseignant a pris soin de distribuer pour chaque groupe une fiche contenant des consignes-contraintes.

 A partir de celles-ci, élaborées en amont et en lien avec les propriétés des œuvres, les élèves-danseurs ont mis en résonance ce qui leur paraissait essentiels et qui relevaient de leur sensibilité.

 

Dernière étape, enfin la Nuit Européenne des musées.
Les élèves étaient excités à l’idée de danser devant un grand nombre de visiteurs impromptus.

Les élèves ont étudiées des œuvres artistiques par une expérimentation sensible et charnelle, chacun à son niveau, chacun en mobilisant plus un imaginaire qu’une virtuosité. Certains ont osé aller très loin pour mettre en résonance les textes et les œuvres plastiques.

Tous les élèves ont adoré Jean Genet. L’équipe éducative sait très bien que sans ce parcours, Jean Genet aurait été difficile à aborder.

 Le jour de la Nuit européenne des musées la performance des élèves s’est étalée entre 18h30 et 22h30 avec des temps de repos allant entre 20 et 30 mn.

Les groupes d’élèves se sont partagés les deux expositions. 3 groupes étaient dès le départ assignés à l’exposition Jean Genet dans le Fort St-Jean au cœur des œuvres, et 3 autres groupes débutaient quant à eux au début de la file d’attente de l’exposition Picasso dans le MuCEM ou aux abords. Les groupes de danseurs effectuant une rotation entre les 2 bâtiments.

Qu’ont retiré les élèves de cette expérience ? Certainement une appropriation des savoirs relatifs au programme littéraire autour de Jean Genet mais également une inscription sensible des corps par une forte intentionnalité du geste fondateur, le leur.

Ils ont eu un plaisir jubilatoire à exprimer leurs émotions à des milliers de personnes en étant au début dans une expression timide et au bout de 4 heures dans un jeu interactif avec le public.

L’étude d’œuvres littéraire et plastique en croisant les points de vue disciplinaires a inscrit ce projet d’enseignement par une stratégie d’entrée dans l’activité danse dans une expérience sensible et une expérience inoubliable.

L’exploration par les corps et l’imaginaire, l’intérêt porté pour les expositions et le MuCEM ont permis cette aventure. En parler est devenu tout au long de l’année un enjeu, les raconter, une saveur et les exprimer, un plaisir jubilatoire.

 Forme de restitution choisie : Performances in situ de 9 minutes pour chaque module chorégraphique. 3X3 boucles pour chaque groupe entre 18h30 et 22h30. Six  groupes de 4 ou 3 élèves ont tourné selon un tableau de rotation entre les deux expositions. Temps de repos et de déplacement : entre 20 et 30 minutes.

  BILAN SOIREE DU 21 MAI

Nombre d’élèves présents : 22

TEMOIGNAGE DES ELEVES

« Ce fut une expérience inoubliable !! »

« J’ai pu grâce à cette aventure aborder un auteur comme Jean Genet, l’apprécier et même l’adorer »

« Danser de cette manière, c’est extra !! »

« Transmettre et raconter des œuvres comme celles de Picasso et celles de Genet et même Giacometti en dansant, c’est inouï ! Surtout devant des milliers de personnes. »

« J’ai adoré être le médiateur culturel d’un soir. »

« Nous avons été accueillis comme des artistes, je me suis sentie artiste »

« Traverser des œuvres issues d’autres domaines artistiques avec les corps, m’a fait grandir »

« Pour le baccalauréat, j’aurai plein de choses à raconter » 

« Découvrir le MuCEM et visiter des expositions de cette manière, c’est exquis »

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