La classe, l'œuvre!

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Valoriser les projets éducatifs artistiques et culturels

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Dans le labyrinthe de Pi les vagues tourbillonnent

  • 2019 -
  • MUSÉE DU CHÂTEAU DES DUCS DE WURTEMBERG - VILLE DE MONTBÉLIARD -
  • Ecole primaire Hugo Victor
Dans le prolongement des nombreuses visites et ateliers menés depuis janvier, une intervention orale, gestuelle et sonore sera proposée par les élèves le soir de la Nuit des musées au sein même de l’exposition « Abstraction des émotions ». Cette restitution intègrera une petite séquence sonore créée dans le cadre du projet éducatif régional autour des pratiques musicales et numériques (Ariane # : http://numericariane.net/). Explorant autour des œuvres de l’exposition de possibles sensations visuelles et sonores, les élèves ont enregistré sur tablette numérique des sons, jeux rythmiques ou leur propre voix. L’enjeu de cette restitution le soir de l'événement est de mêler à la fois les familles et le grand public. La séquence sonore pourra être diffusée dans l’exposition à d’autres moments de la soirée, voire être mise en ligne.

Œuvre étudiée

L'écu de l'air,

René Duvillier
Tourbillons, vagues, eau jaillissante, lumière, chaleur, froid, douceur, agitation... voici quelques-uns des mots choisis par les jeunes visiteurs pour décrire l'œuvre. Elle apparaît à l'œil telle une explosion de peinture bleue projetée sur la toile. Taches, coulures, auréoles : les traces plongent dans un espace de liberté où le mouvement semble rapide, instantané. Le geste de l'artiste semble encore totalement présent. Soutenu par le critique d'art Charles Estienne, farouche défenseur de l'abstraction lyrique, René Duvillier s'associe dès les années 1950 aux artistes de la nouvelle École de Paris. La découverte de la mer lui procure un véritable choc émotionnel, évènement décisif qui l'influence durablement. Peur et fascination se mêlent en lui à la vue des mouvements et de la transparence de la mer et du vent. Les éléments sont alors évoqués de manière récurrente dans ses œuvres et René Duvillier devient « le prince des éléments ». L'écu de l'air est le point de départ de cette découverte sensible au cœur de l'exposition "Abstraction des émotions, risquer l'invisible", présentée au Musée du château des ducs de Wurtemberg du 16 février au 22 septembre 2019. De l'abstraction géométrique à l'abstraction lyrique, lignes, formes couleurs se révèlent dans leurs infinies variations. René DUVILLIER, L’écu de l’air, 1995 Huile sur toile - 162 x 130 cm Collection des musées de Montbéliard

Ressources associées

Établissements

  • Ecole primaire Hugo Victor 16 BOULEVARD VICTOR HUGO 25200 Montbéliard 03 81 99 37 53

Compte rendu du projet et médiation

Avant la nuit européenne des musées

Dans le labyrinthe de Pi les vagues tourbillonnent

Par les CM1 de l'école Victor Hugo

Entre figuration et abstraction, œuvres anciennes ou contemporaines, abstraction géométrique et lyrique, la découverte se déploie au fil des mois, au gré des visites et ateliers.

Janvier-février

L'immersion au musée s'amorce dans l'accrochage "Jeux de lumière", explorant les multiples expressions et potentialités de la lumière, à travers des œuvres du 16e au 20e siècle. Décrire une œuvre, repérer une technique, imaginer et mimer les personnages d'un tableau, dessiner l'ombre et la lumière au crayon ou au fusain : ces premières séances sont l'occasion de se familiariser et d'aiguiser son vocabulaire, tout en profitant d'approches diversifiées (récit, jeux, arts plastiques... )

La déambulation dans le musée permet aussi de se confronter avec d'autres objets ou domaines : sculpture, objet archéologique, animal naturalisé...

 

Mars

La seconde étape du projet est consacrée à la découverte de l'exposition "Abstraction des émotions" présentée du 16 février au 22 septembre 2019. Lignes, formes, couleurs, trait, angle, geste, matière... : les langages artistiques sont au cœur des observations. On s'interroge volontiers sur les cheminements rigoureux et absurdes de François Morellet sur le nombre Pi, on expérimente l'art cinétique ou l'on "reconstruit" au crayon et à la règle une composition de Jean Gorin. Plus loin, face à des œuvres de René Duvillier, Hans Hartung ou Jean Messagier on s'exerce à formuler et partager ses impressions : mouvement, calme, violence, fermeture... Le "stock" de mots s'enrichit.

 

Avril

Pendant trois demi-journées, les élèves s'initient aux pratiques musicales numériques, dans le cadre du projet régional éducatif Ariane #, bénéficiant d'une intervention sur mesure au sein même de la classe. Les émotions des œuvres du musée sont réinvesties dans des écoutes musicales anciennes ou contemporaines. On s'exerce à nouveau à la description et l'on tisse des liens entre monde pictural et sonore : rythme, couleur, intensité, régularité, irrégularité... Chiffres ou nombre Pi donnent lieu à quelques enregistrements. Avec des casques et des tablettes, les élèves se familiarisent avec des applications simples pour collecter des sons, rythmes, mélodies et réaliser des petits assemblages. La séquence sonore définitive sera finalisée à partir de ces multiples créations.

 

Au musée, l'exploration sensible se poursuit. On invente de curieuses histoires de formes, on imagine des déplacements dans l'espace ou on laisse émerger des mondes imaginaires : un labyrinthe, un manège, une route qui se fissure ou des cheveux décoiffés... Peu à peu se construit une déambulation qu'animeront les élèves eux-mêmes le soir de la Nuit des musées, entre gestes, mots, sons et ressentis.