La classe, l'œuvre!

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Valoriser les projets éducatifs artistiques et culturels

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Curiosités en voyage

  • 2019 -
  • MUSÉE BUFFON -
  • Collège Pasteur

Le cabinet de curiosités, emblématique des collections présentées au premier étage du Musée Buffon est un lieu qui nous invite au voyage, dans le temps et dans l’espace .

En lien avec le « Nouveau monde », thématique culturelle de la ville de Montbard en 2019, le projet « Curiosités en voyage » se donne pour objectif de revisiter l’histoire des objets présentés dans le cabinet : comment la valve de bénitier s’est retrouvée ici, présentée dans un meuble circulaire aux côtés d’une vertèbre de baleine ou encore d’une hâche polie ? De leur origine lointaine à leur statut de Curiosité, les participants imagineront le voyage des objets du cabinet.

La spécificité de ce projet d’ampleur (6 séances et 2 restitutions) est qu’il permet la rencontre entre deux publics qui ne se connaissent pas : une classe de 6e et un groupe d’adultes handicapés. Chacune des activités sera ainsi réalisée en groupe mixte, d’abord au Musée puis en classe et au foyer.

Pour développer l’expression de l’imaginaire initié par l’univers d’un cabinet de curiosités, nous avons choisi le kamishibaï, art du théâtre d’images japonais. Lors de la deuxième séance, une conteuse racontera de petites histoires avec son kamishibaï, accompagnée de petits instruments du monde. Les séances qui suivront la rencontre seront consacrées à la création d’un conte et des planches de kamishibaï illustrant le voyage d’un ou plusieurs objets de curiosités.

La Nuit des Musées 2019 sera l’aboutissement du travail : derrière leur butaï*, les participants vont devenir conteur et à leur tour faire voyager le public dans les méandres de leurs représentations du monde.

*théâtre miniature

Œuvre étudiée

Cabinet de curiosités

Divers
Les cabinets de curiosités « Un théâtre très étendu, renfermant les matériaux propres et les reproductions exactes de la totalité de l’univers » pour se « procurer rapidement, facilement et sans danger une vraie et singulière connaissance du monde ainsi qu’une sagesse admirable. » (Samuel Quiccheberg, Inscriptiones vel Tituli Theatri Amplissimi, 1565) C’est sur cet ambitieux programme que se base implicitement l’activité de tous ceux qui recueillent, ordonnent et étudient toujours plus nombreux depuis le XVIe siècle les artificialia et les naturalia, les trésors de l’art et les merveilles de la nature. L’origine des cabinets de curiosité remonte aux pièces renfermant les trésors sacrés des temples grecs, puis des églises. C’est dans le passage du religieux au laïque, du trésor public de l’Eglise au trésor privé du prince que Julius von Schlosser, l’un des grands spécialistes de la question, situe l’origine de la culture de la curiosité. L'objectif des curieux n'est pas d'accumuler ou de répertorier la totalité des objets de la nature et des productions humaines comme le tenteront les encyclopédistes au XVIIIe siècle, mais plutôt de pénétrer les secrets intimes de la Nature par ce qu'elle propose de plus fantastique. En collectionnant les objets les plus bizarres qui l'entourent, le curieux a la sensation de pouvoir saisir, de surprendre le processus de Création du monde. Le terme de « cabinet de curiosité » désigne à la fois le contenant et le contenu. Ainsi, les panneaux, armoires, cabinets et tiroirs ne répondent pas au seul souci de préserver ou de cacher, mais aussi à celui d’insérer tel ou tel objet dans un réseau de significations ou de correspondances. Découvrir des liens cachés, une proximité entre les réalités les plus lointaines (géographiquement parlant) et les règnes les plus divers… permettra au spectateur une véritable révélation, une ouverture sur le secret contenus dans les objets. Le dénominateur commun de ces lieux d’étude et de collection tient donc au système et à la variété des matières réunies : naturalia, mirabilia, scientifica, exotica. Ou encore : spécimens d’histoire naturelle, fossiles, échantillons de botanique ou de zoologie dans leur formes normales ou anormales ; peintures, sculptures, or et argent, textiles, objets de métal, de céramique ou de cire, instruments scientifiques, automates, objets ethnographiques… L’objet de maîtrise humaine (tour de force artisanal ou chef-d’œuvre artistique) y côtoie la preuve de la maîtrise divine (prodige naturel, relique ou trace de miracle). L’idée d’une continuité entre l’art et la nature et d’une correspondance, plus ou moins secrète ou magique, entre l’homme et la nature, traverse l’histoire des cabinets de curiosités. compléments Les cabinets apparaissent à une époque où la science ne se préoccupe pas encore des séries et des lois naturelles mais de l'accidentel. Les curieux ont l'impression de pouvoir saisir l'infinie richesse du monde dans ses produits les plus bizarres. On s'intéresse aux points de passage entre un règne et un autre. L'ambiguïté entourant l'origine des fossiles et du corail par exemple éveille la curiosité. On s'interroge sur leur nature, s'ils sont d'origine végétale ou minérale. Ces objets semblent être dans une phase intermédiaire entre deux états et la confusion qui règne à leur sujet provoque l'intérêt. On espère surprendre les secrets de la création dans ces phénomènes transitoires. Toute chose répondant à ces critères sera donc avidement recherchée. Essentiels sont donc, dès l’apparition des cabinets, vers le milieu du XIVe siècle, les jeux d’écho ou de réverbération entre ces deux pôles. Les cabinets se distinguent par l’accent qu’ils mettent sur l’un ou l’autre des types d’objets. Une tension existe souvent entre la visée scientifique (rassembler des objets qui offriront autant de matériaux pour l’analyse) et l’ambition de refléter toute la variété et la diversité de la création. Cette volonté de mêler art et nature et les excès s’accentue dans la seconde moitié du XVIe siècle, tendance que favorise l’ouverture sur le Nouveau Monde, réserve inépuisable de bizarre. Mirabilia On peut ranger dans cette catégorie les restes, réels ou supposés, des corps préhistoriques ou fabuleux (empreintes de géants, émeraudes gigantesques, défenses d’éléphant)…. La miniature est également une donnée du merveilleux, nature support de l’art, tour de force technique. Ajoutons à cela les objets traditionnellement requis par le cabinet tel que la défense de licorne, le bézoard, la mandragore, l’oiseau de paradis, le bois pétrifié ou le corail… L’hybride apparaît enfin comme l’un des ressorts fondamentaux du merveilleux car il trouble les catégories attendues… Parce qu’elle provoque le regard, entraîne l’interrogation, la merveille joue un rôle essentiel dans l’histoire de la curiosité. Automata On pourrait sommairement diviser en deux catégories les objets de fabrication humaine représentés dans les cabinets. D’un côté l’on a les objets exotiques (exotica) de provenance lointaine et de l’autre les objets à travers lesquels on perçoit le génie humain rivalisant avec les forces divines.

Établissements

  • Collège Pasteur 10 RUE JEAN ROSTAND 87 21506 Montbard 03 80 92 02 00

Compte rendu du projet et médiation

Avant la nuit européenne des musées

Journal de bord du projet "Curiosités en voyage"

 

SEANCE 1 : au Musée Buffon, mardi 5/03 matin – rencontre entre les deux groupes (18 élèves de 6e et 8 adultes handicapés), immersion dans l’univers du cabinet de curiosités par des activités en petits groupes mixtes.

 

Objectifs :

-           favoriser les échanges entre les deux publics

-          permettre une appropriation sensible des objets du cabinet de curiosités

 

Bilan : timidité entre les élèves des deux groupes effacée au fil des activités. L’activité proposant la découverte des curiosités au toucher les yeux bandés par l’arrière des vitrines a permis aux élèves une prise de connaissance basée sur la confiance : accepter de se faire guider par un inconnu, être à l’écoute des émotions.

La découverte des curiosités sans aucun cartel a permis de questionner les connaissances de chacun et les échanges entre les participants.

 

 

SEANCE 2 : au Musée Buffon, mercredi 6/03 matin, rencontre avec Gwladys Pissot, conteuse, et présentation du kamishibaï / après-midi : formation à la prise en main du kamishibaï pour les éducateurs : Chiraz Hamed (Professeur principale des 6e et coordinatrice REP), Pascal Bernet (éducateur au Foyer mutualiste), Emmanuelle Vernhet (médiatrice culturelle du Musée & Parc Buffon).

 

Objectif :

-découvrir le kamishibaï : art du théâtre d’images japonais

 

Bilan :

Les élèves ont manifesté beaucoup d’intérêt tout au long des deux heures. Trois histoires ont été racontées avec le kamishibaï et les élèves ont participé joyeusement au conte et à la mise en musique de la dernière histoire. Les participants ont aussi mieux compris la production concrète attendue : imaginer une histoire, l’écrire, l’illustrer et la raconter, celle d’une curiosité du cabinet.

 

Un mot sur la formation kamishibaï : un temps d’échange et de pratique entre accompagnateurs du projet personnalisé, permettant notamment d’avoir conscience des points clés pour guider les élèves dans leurs réalisations : comment structurer la création de l’histoire, sa mise en image, la mise en scène.

 

 

SEANCE 3 : au Musée mercredi 20/03 – choix des objets, création des groupes de travail et premières esquisses des contes

 

Objectifs :

-          coopérer pour choisir un objet de curiosité

-          créer le storyboard de l’histoire

Fiche de préparation de cette séance en PJ.

 

Bilan :

Une séance qui a demandé un effort d’expression et de coopération assez important pour les élèves des deux structures. D’abord s’entendre pour choisir un objet ; le consensus a été assez vite trouvé pour les 4 groupes constitués de 6 élèves chacun. Quatre curiosités ont été « élues » en fonction d’un critère tiré au sort : la curiosité la plus RARE (ensemble de 3 cristaux), la plus ETRANGE (défense d’éléphant), la plus EXTRAVAGANTE( poisson diodon naturalisé), la plus MERVEILLEUSE (tête de loup naturalisée). Avec fierté et beaucoup de précautions, les élèves ont déplacé les 4 objets du cabinet de curiosités à la salle d’atelier. La deuxième partie de la séance a été plus difficile avec notamment la nécessaire confrontation des idées pour construire l’histoire. Cette phase a été plus longue que prévue et les storyboards (outils pour structurer en séquences le texte et les images de l’histoire) ne sont pas achevés.

 

SEANCE 4 : au collège mardi 2/04 matin – poursuite du travail en groupe sur le storyboard

 

Objectif :

-finaliser les storyboard (textes et dessins)

 

Bilan :

Les groupes ont finalisé la rédaction des textes du storyboard. Les membres de chaque groupe ont dessiné leur vision du personnage principal de l’histoire selon les caractères qu’ils avaient défini ensemble par écrit sur le storyboard. Les dessins ont ensuite été observés par l’ensemble du groupe. Cette mise en commun a renforcé les liens entre les membres du groupe et permis de cerner l’importance d’une cohérence entre les illustrations.

Chaque groupe avance à son rythme : à la fin de la séance certains groupes ont terminé les brouillons des illustrations et ont réécrit leurs textes alors que d’autres travaillent encore sur le dessin du personnage principal.

Globalement, le bilan est positif. Les élèves coopèrent de plus en plus, les réalisations sont valorisantes car chacun apprend à estimer son travail et celui des autres pour une production commune. L’exercice le plus complexe était l’écriture des idées ; le dessin a facilité le travail.

 

SEANCE 5 : au collège mercredi 3/04 – travaux de groupes, mise au propre des illustrations

 

Objectif :

-          réaliser les planches définitives

 

Bilan :

En début de séance, un groupe a présenté son histoire avec les brouillons glissés dans le butaï. Cette toute première présentation a permis à tous de prendre conscience des points à améliorer et pièges à éviter : prévoir l’espace du cadre du butaï sur les dessins, donner vie à son histoire en s’appropriant les séquences et les personnages…

Les groupes ont ensuite illustré les premières séquences sur le papier épais définitif. Toutes les séquences de texte ont été réécrites au propre.

La synergie dans les groupes et les réalisations sont prometteuses.

En tant qu’accompagnateurs du projet, nous avons décidé d’insérer une 7e séance consacrée pleinement à la mise en scène, au rapport au public et à la manière de raconter le voyage de la curiosité, de son origine à son arrivée dans le cabinet de curiosités.

 

SEANCE 6 : au Foyer mercredi 10/04 matin – finalisation des illustrations au propre et entraînement au « racontage »

 

Objectifs :

-          Assembler les textes et les illustrations

-          S’exercer à la prise en main du butaï

-          S’exprimer à l’oral face à un public « connu »

 

Bilan :

L’illustration des planches au propre n’a posé aucune difficulté, du fait de la réalisation assez précise de deux brouillons au préalable dont un au format définitif (A3).

Trois groupes sur quatre ont raconté leurs histoires avec le butaï sous le regard bienveillant des autres élèves. Pour un groupe, certains collégiens sont plus individualistes et perfectionnistes, attitudes ayant tendance à ralentir l’avancée de leur création commune. Il faut régulièrement intervenir pour inciter les élèves à accepter les propositions des autres membres du groupe et les aider à trouver un consensus.

 

 

SEANCE 7 : ajout d'une séance supplémentaire  au Foyer – travail sur la voix et la mise en scène des histoires

 

Restitution entre collégiens-résidents au Foyer : mercredi 15 mai matin

Restitution au grand public et aux parents : samedi 18 mai soirée

 

Les acteurs du projet :

 

Portage du projet pédagogique : Emmanuelle Vernhet, médiatrice culturelle (Musée Buffon)

Animation du projet pédagogique : Emmanuelle Vernhet, Chiraz Hamed (Professeur principal de la classe de 6e), Pascal Bernet (Educateur du Foyer), Virginie (Surveillante au collège)

Intervenante extérieure : Gwladys Pissot, artiste conteuse kamishibaï.

Participation matérielle : Florence Comparot (Relais d’Assistantes Maternelles de Montbard - prêt du butaï), Professeur de musique du collège (prêt d’instruments et aide apportée à la mise en musique des histoires).