La classe, l'œuvre!

La classe, l'œuvre !

Valoriser les projets éducatifs artistiques et culturels

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A la découverte de l'Afrique sub-saharienne

  • 2016 -
  • MUSÉE DU QUAI BRANLY - JACQUES CHIRAC -
  • Collège Pablo Picasso
Les élèves de 5ème du collège Pablo Picasso de Montfermeil sont devenus « des Chercheurs d’Art au musée du quai Branly » pour une année scolaire.

A la découverte des arts et civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques, les élèves percent les secrets du musée grâce à un parcours mêlant la rencontre des œuvres et de professionnels (personnels du musée, chercheurs, anthropologues ou historiens de l’art).

Riches de leurs pratiques muséales et d'un regard critique, les « chercheurs d’art » via divers supports (outil numérique en ligne, exposition dans leur établissement) ou de temps forts (Nuits des Musées, journée des Arts et de la Culture) se transforment en passeurs de culture

Œuvre étudiée

Statuette magique nkisi

Kongo (culture), Loango, Congo, Afrique centrale
Datation : XIXe siècle (avant 1892) Matériaux : Bois, verre, plumes, pigment dont ocre et kaolin, fibres végétales Dimensions et poids : 45,5 x 13 x 17,5 cm ; 437 g Description Personnage intriguant, avec son toupet sur la tête, cette statuette a l’apparence d’un singe. Sculpté dans le bois, il est représenté debout, posé sur un socle*. Sa tête est surmontée d’un bouquet de plumes noires. Bras repliés, il est en train de porter un objet à sa bouche : un fruit. Entre ses avant-bras, au niveau du ventre, un empâtement résineux forme une cavité circulaire fermée par un miroir, dont le petit singe semble être à la fois maître et gardien. Il s’agit d’un réceptacle destiné à contenir diverses matières organiques. À l’arrière du personnage, entre ses omoplates, se trouve un second petit réceptacle. Au bas de la statuette, les pattes de l’animal sont entravées par une cordelette. Des pigments noirs, blancs et rouges colorent la figurine. Le haut du corps est recouvert de blanc, couleur des morts. Au-dessus de la bouche, le visage et le crâne sont noircis. Les yeux sont entourés de rouge et se détachent d’autant plus qu’ils sont aussi recouverts d’éclats de verre. Usage Ce type de statuette magique, utilisé à des fins de protection et de divination, est très répandu chez les Kongo, le peuple dont elle provient. Elle est appelée nkisi qui se prononce nkishi. Nkisi, au pluriel minkisi, signifie esprit et désigne par extension l’objet qui est en lien avec l’esprit. Un nkisi peut revêtir des formes très variées, humaines ou animales, et sa surface est parfois recouverte de clous. Il peut même être constitué d’un simple objet en forme de panier ou d’un contenant informe. Cet instrument permet d’invoquer les puissances du monde invisible afin d’agir sur les événements du monde visible. Il ne peut être activé que par le nganga – à la fois guide spirituel, psychologue, médecin, pharmacien et médiateur des forces occultes. Ainsi, lorsqu’une personne rencontre un problème, elle va voir le nganga. Celui-ci rassemble différents ingrédients organiques – des feuilles, du sang, de la terre… Le mélange préparé – appelé bilongo – constitue une charge magique que le nganga place dans les cavités aménagées sur la statuette. Le nkisi acquiert de cette façon un pouvoir magique et permet au nganga de jouer son rôle d’intermédiaire entre le monde visible et invisible. Lors de cette cérémonie divinatoire, parfois accompagnée de danses et chants rituels, le nkisi aide alors à découvrir la cause d’événements malheureux, à soigner une maladie, à protéger une personne, à résoudre une querelle amoureuse… Les minkisi peuvent avoir une spécialité, celui ici présenté aide en particulier à assurer une protection contre les sorciers. Rien n’est laissé au hasard dans la création d’un nkisi, tous les éléments qui le constituent sont évocateurs ou participent de son utilisation rituelle par le nganga. Les plumes évoquent le monde aérien et les esprits de la nature, on les retrouve également sur les costumes des nganga. Les liens qui entravent les pieds du singe, évoquent la maîtrise de la statuette, au service du nganga. Culture La population Kongo se retrouve sur un large territoire qui va du sud du Gabon jusqu’au nord de l’Angola, le long de la côte Atlantique centrale. Les statuettes magiques produites chez les Kongo furent longtemps considérées par les Européens comme des fétiches maléfiques.

Établissements

  • Collège Pablo Picasso 59 RUE DU LAVOIR 103 93370 Montfermeil 01 43 88 32 00

Compte rendu du projet et médiation