Guide pour la scolarisation des EANA
I1. Inclusion et accompagnement des EANA dans les écoles primaires
L’arrivée d’un élève allophone dans une école nécessite l’élaboration et la mise en oeuvre d’un projet individualisé. Quel travail spécifique l’enseignant de la classe peut-il envisager en fonction des compétences déjà développées par l’élève ?
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Accueillir le nouvel élève et favoriser son inclusion
L’enseignant prépare la classe à accueillir l’élève : pour cela, il convient de s’intéresser à l’endroit d’où il vient et aux raisons éventuelles de son arrivée (exploitation possible en histoire-géographie).
► A6. Accueillir. Profil scolaire et linguistique des EANA
Il travaillera ensuite sur les notions d’accueil, d’hospitalité, d’entraide, par des mises en situation avec les autres élèves en essayant d’imaginer les difficultés auxquelles il est confronté (éducation à la citoyenneté). Il est judicieux d’installer l’élève parmi les premiers rangs, de lui laisser le temps de « poser ses valises » et de s’assurer qu’il dispose du matériel de base pour la classe (cahiers, classeurs, matériel…). Il sera important de le solliciter à l’oral, particulièrement lors des activités en EPS, musique, arts plastiques, manipulations et expérimentations dans les disciplines scientifiques…
La mise en place d’un tutorat est recommandée : un ou plusieurs élèves se proposent pour être tuteurs. Leur candidature est validée par les enseignants qui doivent :
- effectuer l’accompagnement en classe mais aussi en interclasse ;
- réserver une place libre au(x) tuteur(s) près de l’élève ;
- veiller à la rotation des tuteurs (une semaine par élève) ;
- favoriser le plurilinguisme et la réciprocité des apprentissages en valorisant la langue et la culture d’origine.
Pour les élèves NSA, il est nécessaire de prévoir des aménagements supplémentaires :
⇒ visite de l’école et lieux usuels ;
⇒ présentation des référents (équipe enseignante, intervenants, personnels de l’école
) ;
⇒ présentation des outils et supports utilisés en classe, tenue(s) pour le sport, la piscine ;
⇒ présentation du métier d’élève et des attentes de l’institution scolaire.
Privilégier la compréhension
L’enseignant adopte une attitude linguistique empathique et altruiste visant à faciliter la compréhension :
- veiller au débit, à l’articulation, à la clarté linguistique et soigner l’écriture au tableau ;
- privilégier l’usage de consignes simples en français standard ;
- généraliser l’usage de pictogrammes et de référents visuels (affichage ou porte-vues) ;
- automatiser l’usage de structures syntaxiques par la mémorisation et la répétition.
Enseigner le français dans toutes les disciplines
Le cours disciplinaire est pensé comme un cours de français (« Dans un premier temps, je n’enseigne pas l’histoire, mais le français de la discipline histoire ») :
- autoriser un temps d’observation pour les premières séances pendant lesquelles l’élève ne notera que quelques éléments ;
- écrire lisiblement au tableau la discipline et le sujet du cours ;
- noter sur le côté droit du tableau le plan, des mots-clés, une formule, une phrase de synthèse (puis plusieurs) afin qu’il acquière progressivement la langue scolaire des disciplines ;
- faire répéter ce qui est écrit au tableau lorsque cela est possible ;
- permettre l’usage d’un dictionnaire multilingue (des dictionnaires sont téléchargeables gratuitement) puis unilingue lorsque l’élève est capable de comprendre les définitions en français (plutôt pour les élèves de cycle 3) ;
- lui consacrer un temps individuel pendant la séance.
Pour les élèves NSA :
⇒ consacrer un temps à la découverte des différentes disciplines ;
⇒ privilégier les interactions orales ;
⇒ privilégier le travail en groupe ou en tutorat ;
⇒ systématiser l’usage des pictogrammes pour toutes les activités ;
⇒ proposer des situations d’apprentissage variées qui permettent de travailler les consignes.
Favoriser les apprentissages disciplinaires
Les traces écrites comme les textes à trous, les amorces de phrases, les schémas sont des facilitateurs d’apprentissage. Il faut bien veiller à la bonne compréhension en cours de séance et, si nécessaire, différencier l’exercice proposé, le décomposer en plusieurs étapes (degrés de difficulté).
Pour cela, des aides sont proposées ou apportées :
- renvoi au dictionnaire, au cahier, au manuel ;
- aide permanente (affichage, sous-main…) ;
- utilisation d’outils (calculatrice…) ;
- manipulation ;
- trace écrite adaptée : copie de la leçon, texte à trous, schéma, dessin…
Ne pas oublier l’aide directe par un pair habilité (parrainage, tutorat).
Pour les élèves NSA :
⇒ illustrer les supports avec une ou des images ;
⇒ proposer une mise en page claire et aérée qui permette à l’élève d’identifier les différentes parties d’un document ;
⇒ utiliser des schémas annotés pour peu à peu privilégier le texte.
Proposer des activités d’apprentissage en autonomie
Il est possible de proposer aux EANA des activités en autonomie qui permettent, par exemple, de réinvestir les notions vues en classe, notamment le français langue de scolarisation :
- fabrication d’un imagier ;
- fabrication d’un répertoire par thème ou par ordre alphabétique à partir de revues ou catalogues pour illustrer un corpus de mots connus (lexique) ;
- constitution d’un stock libre d’images qui seront triées, classées et répertoriées dans un lexique lors des interventions spécifiques ;
- fichiers autocorrectifs, logiciels ;
- activités d’écoute…
Les élèves NSA se fatiguent très vite. Il ne faut pas hésiter à leur proposer de décompresser avec une activité ludique, un jeu sur ordinateur, un temps au coin lecture, un coloriage magique, une ancienne activité en révision…
Adapter les évaluations au niveau en langue française
Le Livret scolaire unique (LSU) constitue le seul document de référence pour l’évaluation. Les progrès et évaluations peuvent être consignés dans la partie « commentaires » du livret.
Le cahier de réussite peut être un autre moyen de consigner les évaluations menées et les progrès de l’élève. Il rend l’élève acteur de ses apprentissages.
N’évaluer que les activités pour lesquelles la maîtrise insuffisante du français ne constitue pas un handicap : techniques opératoires en mathématiques, langue vivante, expérimentation et manipulation en sciences, arts plastiques, EPS, éducation musicale…
Pratiquer une évaluation différenciée en proposant des activités adaptées aux compétences linguistiques de l’élève. Par exemple, ne proposer que des exercices déjà réalisés et corrigés en classe.
Proposer ponctuellement à l’élève une évaluation normative (sans la prendre en compte sur le bulletin) qui lui permette de se situer par rapport aux autres élèves de la classe et au niveau attendu. Au fur et à mesure des progrès effectués en langue française, l’évaluation normative s’étend à toutes les disciplines et activités. Les notes sont prises en compte dans le LSU lorsque l’enseignant l’estime légitime.
Pour les élèves NSA :
⇒ privilégier l’évaluation orale.
Scolariser des enfants allophones en maternelle
Bien que les capacités d’adaptation des élèves allophones à l’école maternelle leur permettent de développer certaines compétences en langage oral, cette simple immersion n’est pas suffisante et la maîtrise de la langue nécessite un enseignement spécifique.
Le site Bilem (Bilinguisme en maternelle) est exclusivement consacré à la scolarisation des enfants allophones en maternelle. Ce site institutionnel s’organise en trois grandes rubriques :
- accueillir l’élève et sa famille ;
- faire classe ;
- approfondir et se former.
On y trouve des fiches-actions, des captations, des ressources pour la classe, des exemples de pratiques mais aussi des références théoriques utiles.
Le Casnav de Paris a réalisé un vade-mecum à l’usage des écoles maternelles pour l’accueil des élèves et des familles allophones plurilingues.
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À CONSULTER