Guide pour la scolarisation des EANA

A6. Profil scolaire et linguistique des EANA

Un EANA est un élève qui, à l’origine, parle une autre langue que celle du pays d’accueil et du système éducatif dans lequel il se trouve. Le fait de parler une langue maternelle autre que le français n’est pas un obstacle mais constitue un socle sur lequel l’élève peut construire la maîtrise de la langue française. À l’arrivée des élèves allophones, il est nécessaire de connaître et de tenir compte de leur répertoire langagier.

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Profils linguistiques

Le sigle EANA recouvre des profils très hétérogènes. Les EANA maîtrisent parfois une ou plusieurs langues (langue maternelle, langue véhiculaire, langue[s] de scolarisation…). Certains jeunes sont issus de familles dont la culture orale est prédominante, d’autres sont originaires de pays dont les langues vernaculaires ne sont pas écrites (arabes dialectaux, langues africaines, etc.). Pour chacune des langues, le niveau de maîtrise et de compétences peut donc être très variable.

Pour identifier ces acquis et définir le profil linguistique d’un élève, les EANA sont évalués durant les premières semaines de leur scolarisation.

E1. Évaluer. Modalités d’évaluation scolaire et linguistique des EANA

Des tests en langue d’origine servent à mesurer le degré de familiarisation avec l’écrit et à évaluer les acquis en compréhension écrite (explicite, implicite). Lorsqu’un support est disponible, l’élève sera évalué à l’écrit (voir un exemple de test accessible sur le site de Réseau Canopé). Le fait de connaître les propriétés phonologiques et grammaticales des langues d’origine permettra d’anticiper les difficultés propres à chaque EANA.

Il est nécessaire de prendre en compte les compétences des EANA dans leur langue maternelle pour les réutiliser dans l’apprentissage du français.

Voir les fiches-langues disponibles sur le site Langues et grammaires en (Île-de)France, projet soutenu, entre autres, par la Délégation générale de la langue française et des langues de France. Chaque fiche présente une langue, ses caractéristiques externes et quelques propriétés phonologiques et grammaticales saillantes, dans une optique contrastive avec le français.

Quelques interférences à prendre en considération

Le passage de la langue maternelle ou première au français langue seconde se fait de manière transitoire. Le terme « interlangue » permet de désigner la phase de structuration pendant laquelle l’élève va tâtonner. La langue maternelle va influencer la production en langue française sur les plans syntaxique, morphologique et lexical, entre autres. Les erreurs commises pendant cette phase sont fréquentes et font partie du processus d’apprentissage.

La plupart des EANA partiellement scolarisés ou normalement scolarisés arrivent lecteurs, dans une écriture alphabétique ou non alphabétique. L’élève allophone lecteur/scripteur ne va donc pas réapprendre à lire. Il va découvrir un nouveau système d’écriture (pour le français : écriture alphabétique à caractères latins), dont la relation aux sons de la langue obéit à des conventions particulières qu’il s’agira d’acquérir.

Ces interférences culturelles affectent la linguistique mais également la sémantique (la gestuelle, l’interprétation des contacts…). Certains EANA devront se familiariser avec ces nouveaux codes comme les modalités de prise de parole en classe.
 

Situation des EANA-NSA

De plus en plus d’élèves allophones n’ont pas pu suivre une scolarité régulière dans leur pays d’origine et intègrent l’école sans avoir été scolarisés antérieurement. Certains ne disposent pas des prérequis culturels et linguistiques indispensables à l’entrée dans la langue écrite.

« L’inclusion de ces enfants et adolescents en classe ordinaire est particulièrement délicate en raison du décalage culturel, linguistique et scolaire, notamment lorsque les conditions de vie en France entraînent un absentéisme important (familles sans ressources vivant en habitat précaire, jeunes mineurs isolés en attente d’hébergement, etc.). »

Beaugrand Céline, Lecocq Bertrand,
Écrire en FLS et FLSco : apprendre à écrire en français aux élèves allophones,
Réseau Canopé, univers « Agir », 2018.

Les élèves NSA doivent se familiariser avec l’univers de l’école et celui de la langue écrite afin de pouvoir engager un processus initial d’apprentissage de la lecture-écriture en français. Un travail d’analyse phonologique régulier, préalable à l’entrée dans l’écrit, permettra aux EANA-NSA de s’imprégner des caractéristiques sonores du français.
 

Valoriser les savoirs des EANA

La culture d’origine des EANA peut être valorisée lors de séances de classe. En cours de français ou de lecture, par exemple, on pourra étudier un conte ou une poésie du pays de l’EANA, ou présenter deux variantes d’un même texte. Le cours de découverte du monde ou d’histoire sera l’occasion de s’intéresser aux caractéristiques physiques du pays de l’EANA.

Les connaissances linguistiques des EANA peuvent également être mises en valeur. De nombreuses activités peuvent être proposées en classe pour développer une compétence plurilingue pour tous les élèves.

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À CONSULTER

A5. Accueillir. Accueil des élèves et de leurs parents nouvellement arrivés en France
I1. Inclure. Inclusion et accompagnement des EANA dans les écoles primaires
I2. Inclure. Inclusion et accompagnement des EANA dans les collèges et les lycées
I3. Inclure. Valorisation du plurilinguisme et mise à profit de la diversité culturelle