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Représenter le paysage à travers les arts
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Enfant peignant son paysage des Hauts de La Réunion © Parc national de La Réunion
Objectifs de la séquence
Il s'agit de découvrir les pratiques artistiques contemporaines qui questionnent la représentation du paysage aujourd'hui. Les élèves, par des temps de pratique, comprendront dans un premier temps qu'il existe plusieurs modes de représentation de l'espace (ce qui se voit).
Dans un second temps, les élèves seront amenés à réfléchir sur leur expérience sensible de cet espace. Un temps de discussion permettra de lister leurs ressentis pendant le temps d'observation du paysage.
Ce travail leur permettra ensuite, lors de temps de verbalisation avec les enseignants de plusieurs disciplines, de prendre conscience de la place des activités humaines (agricoles, industrielles, artistiques, etc.) dans la formation des paysages qui les entourent.
Enfin, les élèves pourront enrichir leur pratique d'observation et de représentation du paysage dans une pratique artistique qui fera apparaître des éléments invisibles du paysage, comme des activités passées qui ont modelé le paysage d'aujourd'hui ou bien leur ressenti personnel face au paysage (ce qui ne se voit pas).
Ce travail se trouverait particulièrement bien complété par la séquence « Rêver le paysage ».
Disciplines impliquées
En arts plastiques, nous aborderons les questions de la représentation et les dispositifs de représentation des images, et leur relation avec la réalité et la fiction, la question de la ressemblance, que nous pouvons retrouver dans les programmes du cycle 4.
En SVT, l’étude de la flore locale, de la géologie du site permettra d’aborder plusieurs points du programme par exemple avec l’interaction entre les activités humaines et la biodiversité, ou encore l’étude des relations de parenté entre les êtres vivants. En SVT, comme en histoire-géographie, cette activité s’inscrit dans l’éducation au développement durable
Indicateurs de réussite
- L’élève a réalisé une représentation du paysage observé qui rend compte des détails observables (D1).
- La représentation fait ressortir les différents plans observés (D1, D5).
- L'élève est capable de décrire avec le vocabulaire adapté sa production et de nommer le mode de représentation choisi (D1, D5).
- Les ressentis exprimés font intervenir au moins deux des 5 sens (D1, D3).
- L’œuvre permet de rendre manifeste une composante invisible du paysage (D1, D3).
Outils numériques mobilisés
Des outils de retouche d'images tels que Gimp peuvent être utilisés si le travail d'observation se fait en partie avec des TICE. Une photographie du lieu pourrait alors être réalisée et retouchée numériquement pour montrer ce qui ne se voit pas.
Il est également possible de réaliser un Padlet pour garder traces des différentes étapes du projet, et exposer les productions.
Présentation de l’activité
Cette séquence propose aux élèves d’observer le paysage autour d’eux, et de retranscrire leurs observations dans un travail plastique à l’intention d’un spectateur.
Ce travail est réalisé en extérieur (en tout cas, la phase d’observation), dans le territoire choisi pour le projet qui peut aussi bien être l’environnement du collège ou un espace naturel, voire un espace découvert lors d’un voyage scolaire.
Déroulé possible
Étape 1 : ce qui se voit
Lors de cette première phase de travail individuel qui dure une heure, chaque élève choisit un espace et prend le temps de le représenter en deux dimensions avec des outils graphiques. Il porte une attention particulière aux détails. En cas de mauvais temps, on pourra séparer la phase d’observation et la phase de représentation en s’appuyant sur la mémoire ou sur des photos prises lors de la phase d’observation.
Les questionnements qui entrent en jeu sont les suivants :
- Comment garder trace d'un paysage observé ?
- Comment représenter un espace ?
Les notions abordées et le vocabulaire utilisé ont un lien avec : paysage, point de vue, représentation, croquis, dessin, écriture, perspective (atmosphérique, linéaire), impression de profondeur, plans, carte, espace, etc.
En fin de séance, il est possible d'aborder des questionnements autour de la notion d'espace ressenti : qu’ai-je ressenti lors du travail en extérieur ? qu'est-ce que cet espace m'évoque ? Les élèves peuvent noter leurs sensations (les cinq sens peuvent être ici interrogés, comment garder trace des sons, des odeurs…) et émotions sur le travail de croquis.
Pour préparer l’étape 2, on invite les élèves à fermer les yeux quelques minutes, puis à écrire individuellement trois choses provenant de l’extérieur qu’ils ont perçues alors qu’ils avaient les yeux fermés.
Étape 2 : ce que j’interprète
Il s’agit, à ce moment de la séquence, d’interpréter ce qui a été observé. On étudie donc le territoire à partir du paysage observé à l’étape 1.
C’est ici que peuvent prendre place les études des séquences « Observer et analyser un paysage » ou bien « Déterminer les causes de l’évolution d’un paysage ». Il est en tout cas intéressant d’amener les élèves à identifier les éléments naturels du paysage (nature du sol et du sous-sol, faune, flore, relief) et les facteurs de modelage du paysage (climat, agriculture, industrie, habitat, etc.). Ce travail peut être mené en lien avec les enseignants d’histoire-géographie et de SVT.

Tableau d’Émile Loubon, musée Granet, Aix-en-Provence © DR
Étape 3 : ce qui ne se voit pas
Les élèves sont dans le même lieu que lors de l'étape 1. Ils auront déjà travaillé sur ce paysage avec les croquis d'observation et avec les temps d'étude en histoire-géographie et en SVT. Ces connaissances pourraient alors être exploitées dans cette partie du travail.
La consigne fournie aux élèves est la suivante : Montrez ce qui ne se voit pas !
Leur travail plastique doit montrer, à l’intention d’un spectateur, un ou plusieurs constituants du paysage qui ne se voit pas.
Leur travail doit être visuel et, au choix, sonore, olfactif ou tactile.
Individuellement ou en groupe, pendant deux ou trois séances, ils utilisent une technique libre : travail bidimensionnel, outils graphiques, outils numériques (tablette, appareil photo, enregistreur sonore), travail tridimensionnel possible.
Si les élèves se trouvent en difficulté, on peut leur proposer de choisir des mots dans « ce qui ne se voit pas » parmi une liste de mots réalisée lors d'une verbalisation avec tous les élèves : les sons, les odeurs, le toucher, l'air, le temps qu'il fait, le temps qui passe sur ce paysage, l'histoire du lieu, la géologie, etc.
Les questionnements des élèves sont alors les suivants :
- Qu'est-ce qui ne se voit pas, mais qui fait partie du paysage ?
- Comment une œuvre plastique peut-elle rendre visible l'invisible, le sonore, l'olfactif, les sensations ?
- Comment articuler plusieurs représentations d'un lieu ?
- Comment la représentation d’un lieu peut-elle donner à voir plusieurs points de vue ? Comment peut-elle montrer la place de l'être humain dans le paysage ? Comment peut-elle articuler plusieurs temps ?
Il est possible de travailler dans une séance ultérieure avec les TICE : les élèves peuvent réaliser une photographie du paysage et poursuivre le travail avec une tablette numérique, ou bien un logiciel de retouche d'image afin de réaliser une production infographique qui donne à voir les éléments qui ne se voient pas.
Références
On pourra se reporter aux quelques références artistiques suivantes :
- Groupe Rado, Exposition « Ce qui ne se voit pas », Centre International d'Art et du Paysage de Vassivière, notamment l’œuvre Forêt-machine de Madeleine Bernardin Sabri, qui questionne l'état des forêts en Limousin.
- Richard McGuire, Ici, Gallimard, 2015 : entre la bande dessinée et le roman graphique, un lieu représenté avec le même point de vue à travers le temps.
- Laurie Anne Estaque
Auteure
Alexandra Jean, professeure d’arts plastiques