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Réaliser un suivi de population
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Buxbaumie verte (Buxbaumia viridis), espèce patrimoniale de bryophyte © L. Martin-Dhermont / Parc national du Mercantour
Objectifs de la séquence
Il s’agit d’appréhender les différentes méthodes de suivi d’une population, de comprendre l’intérêt de ce suivi et aussi d’initier les élèves aux techniques pouvant être utilisées pour cela.
Disciplines impliquées
En SVT, on aborde les thèmes de la mise en relation de différents faits et de l’établissement des relations de causalité pour expliquer notamment la nutrition des organismes, la dynamique des populations, la classification du vivant, etc.
Indicateurs de réussite
- L’élève a su garder la trace de ses relevés de manière claire, complète et amendable (D1, D4, D5).
- Il a su présenter un comptage d’espèce sous forme graphique (D1, D2).
Outils numériques mobilisés
Il est possible d’utiliser des applications d’identification même s’il reste capital d’initier les élèves à la lecture de clé de détermination.
Présentation de l’activité
La séquence proposée se déroule pendant une durée de sept heures (dont trois heures à prévoir pour la sortie).
La problématique est simple, il s’agit de s’interroger sur le suivi d’une espèce.
Il peut être intéressant de se rapprocher des associations de protection de la nature locales ou encore des fédérations de pêches ou de chasse qui effectuent régulièrement des suivis. Il pourra ainsi être possible de participer à une réelle opération de suivi.
Il sera également possible d’aller un peu plus loin dans la réflexion afin de tenter d’identifier les causes de l’évolution observée en se basant sur les données d’un suivi effectué par les parcs nationaux. Sauf cas particulier cette réflexion sera difficile à mener sur le suivi effectué localement qui est plus une introduction à la méthodologie de la mise en place d’un suivi.
Déroulé possible
Il est difficile de mettre en place avec les élèves une méthode de suivi d’une espèce animale pour de multiples raisons (difficulté d’observation, législation…). Il est donc judicieux de travailler sur des espèces végétales présentes dans l’établissement ou à proximité. De plus, l’étude des végétaux est intéressante pour s’intéresser à leur nutrition et leur reproduction.
Étape préliminaire
Au préalable, l’étude des ressources documentaires (vidéos, textes) en ligne sur le site des parcs nationaux peut permettre d’atteindre une partie des objectifs. Il est ainsi possible d’étudier cinq cas de suivi :
- le bouquetin des Alpes ;
- le desman des Pyrénées (ce cas permettra d’aborder des notions de génétiques) ;
- les chiroptères ;
- les espèces marines ;
- ou encore les végétaux.
Si on dispose de suffisamment de temps, il peut être intéressant d’envisager deux cas différents comme le bouquetin des Alpes et le desman des Pyrénées et de mettre en évidence les spécificités de chacun de ces suivis. On peut demander aux élèves de relever les points communs et les différences dans les méthodes utilisées, chaque méthode étant spécifique à l’être vivant étudié.
Il peut ensuite être intéressant pour clôturer cela de comprendre que le suivi peut aboutir à un classement des espèces menacées qui est acté par l’International Union For Conservation of Nature (IUCN). Cette première approche peut être rapide si l’on dispose de peu de temps. Toutefois, après une première phase d’acquisition de connaissances, il est possible de mettre en œuvre les connaissances acquises afin de réaliser un suivi d’une espèce locale.
Étape 1
L’enseignant demande aux élèves d’expliquer l’intérêt de mettre en place un suivi. On peut alors faire le lien avec la disparation rapide de certaines espèces, de leurs causes et de leurs conséquences possibles.
On peut illustrer cela avec un cas de disparition sur le territoire Français. Exemple : la lycose de la Vésubie est une espèce endémique menacée par le réchauffement climatique ; une récente évaluation du statut de l’espèce, réalisée par des chercheurs italiens, les a amenés à demander son classement comme espèce menacée dans la liste rouge internationale de l'IUCN.

Vesubia jugorum © Yoan Braud / Parc national du Mercantour
Dans un second temps, l’enseignant initie les élèves à l’utilisation d’une clé de détermination classique « flore ». Dans ce cas, il faut se limiter à des espèces simples à identifier. On peut aussi utiliser des applications gratuites comme Pl@ntNet disponibles sur smartphone ou tablette qui permettent facilement d’identifier une espèce.
Étape 2
Lors de cette phase, les élèves se rendent sur le terrain.
On délimite des carrés de deux mètres de côté et on affecte un groupe d’élèves à chaque carré afin qu’ils puissent identifier l’espèce étudiée. On peut se concentrer sur une seule espèce pour être dans le cadre d’un suivi de population ; mais si cela est compliqué en fonction des contraintes (rareté de l’espèce en question) on pourra également travailler sur plusieurs espèces.
Pour plus de facilité, il est possible de se limiter aux plantes pour lesquelles des fleurs sont présentes au moment de la mise en œuvre de l’activité.
Étape 3
L’ensemble des résultats sont réunis afin d’avoir un échantillon fiable.
L’enseignant demande aux élèves de produire une communication de leurs résultats à l’aide de l’outil informatique sous forme graphique.
Bien entendu, un suivi ne présente un réel intérêt que s’il est réalisé plusieurs années de suite. Il est important d’en discuter avec les élèves. L’idéal serait de reconduire ce suivi plusieurs années de suite avec différentes cohortes en affichant les résultats dans la classe afin que les élèves voient l’évolution de ce suivi au cours de leur scolarité.
Auteur
Frédéric Delavière, professeur de SVT