Éducation prioritaire




Education prioritaire


  • Education prioritaire
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Notre école ne donne pas les mêmes chances de réussite à tous les élèves. La France est le pays européen le plus affecté par le poids des origines sociales sur le devenir scolaire des élèves.

La loi de refondation de l’école de la République du 8 juillet 2013 répond explicitement à ce constat. Elle stipule, en effet, dans l’article L.111.1 du Code de l’éducation, que le service public de l’éducation « reconnaît que tous les enfants partagent la capacité d’apprendre et de progresser. Il veille à l’inclusion scolaire de tous les enfants, sans aucune distinction… »

L’éducation prioritaire est donc au cœur de cette question centrale posée à l’ensemble du système éducatif. Or, pour atteindre l’objectif qui lui a été fixé – réduire à moins de 10 % l’écart de maîtrise des compétences en fin de CM2 entre les élèves de l’éducation prioritaire et ceux scolarisés hors éducation prioritaire –, il est apparu la nécessité de conduire une refondation profonde de cette politique.

Pourquoi fallait-il repenser la politique d’éducation prioritaire ?

  • La politique d’éducation prioritaire n’a pas donné jusqu’ici les résultats espérés. Les écarts entre les élèves scolarisés en collèges ÉCLAIR et les élèves scolarisés hors de l’éducation prioritaire étaient, en 2013, de l’ordre de 35 % dans la maîtrise des compétences de base en français en troisième (note d’information du 7 mai 2013).
  • Dans certains réseaux, écoles, collèges, des réussites existaient mais elles peinaient à s’étendre, à s’inscrire dans la durée.
  • La carte des réseaux d’éducation prioritaire, qui s’était étendue au fil du temps, était devenue de plus en plus complexe, mal ciblée et injuste.

Quelle méthodologie de changement pour cette nouvelle politique d’éducation prioritaire ?

Une politique de l’éducation prioritaire évaluée
En janvier 2013, Vincent Peillon, ministre de l’Éducation nationale, et George Pau-Langevin, ministre déléguée chargée de la Réussite éducative ont décidé la mise en place, dans le cadre de la modernisation de l’action publique, d’une évaluation de la politique d’éducation prioritaire. Un diagnostic et des leviers d’évolution ont été identifiés et rendus public dans le rapport de diagnostic publié en juillet 2013.

Une politique de l’éducation prioritaire repensée à partir de la contribution de tous ses acteurs
L’ensemble des acteurs engagés dans l’éducation prioritaire ont été sollicités pour réagir à ces éléments de réflexion et propositions. Leurs contributions ont été rassemblées dans la synthèse des Assises académiques et interacadémiques qui se sont tenues à l’automne 2013.

L’expertise des personnels a donc largement contribué à nourrir le référentiel de l’éducation prioritaire, ainsi que les orientations qui, présentées le jeudi 16 janvier 2014, ont été exposées dans la circulaire du 4 juin 2014.

Quatorze mesures clés ont été définies autour de trois axes :

  • des élèves accompagnés dans leurs apprentissages et dans la construction de leur parcours scolaire ;
  • des équipes éducatives formées, stables et soutenues ;
  • un cadre propice aux apprentissages.

Une carte de l’éducation prioritaire révisée dans le dialogue

  • L’ensemble des collèges a été analysé à partir de quatre paramètres de difficulté sociale dont on sait qu’ils impactent la réussite scolaire : les taux de PCS défavorisées, taux de boursiers, taux d’élèves résidant en zone urbaine sensible, taux d’élèves en retard à l’entrée en 6e.
  • À partir de ces données, les recteurs ont conduit, d’octobre à décembre 2014, le dialogue local afin d’identifier, dans le cadre de la nouvelle répartition académique, les futurs collèges et écoles de l’éducation prioritaire.

> En savoir plus sur la révision de la carte


Une phase de préfiguration à la rentrée 2014

La nouvelle politique prioritaire a été préfigurée durant l’année scolaire 2014-2015 dans une centaine de REP+ avant d’être généralisée à l’ensemble de la nouvelle cartographie à la rentrée 2015.

 

Sur quels principes la nouvelle politique d’éducation prioritaire s’est-elle refondée ?

  • L’action des équipes pédagogiques et éducatives appuyée sur un référentiel commun. Le savoir acquis par l’expérience et l’expertise des personnels, les apports de la recherche, les analyses des inspections générales sur les nombreux facteurs qui concourent à la réussite des élèves ont été rassemblés et organisés de manière systémique dans le référentiel de l’éducation prioritaire. Il constitue un ensemble de repères fiables et validés pour l’ensemble des acteurs du réseau.

Le présent site est organisé autour des 6 priorités et 63 items du référentiel pour offrir des ressources utiles et développer la mutualisation des pratiques.

Télécharger le référentiel (pdf – 93 ko)

  • Une action centrée sur le cœur de la classe, dans le quotidien des enseignements. La refondation de l’éducation prioritaire est avant tout pédagogique. Le référentiel identifie quatre entrées décisives :
    • Enseigner plus explicitement les compétences nécessaires aux apprentissages, rendre explicite aux élèves ce qu’il s’agit d’apprendre, de comprendre et comment.
    • Encourager, motiver les élèves dans une approche bienveillante et exigeante qui veille à des modalités d’évaluation, qui marquent l’investissement et les progrès des élèves, et au développement des potentialités de tous.
    • Développer des organisations pédagogiques qui prennent en compte les besoins des élèves au cœur de classes composées de façon hétérogène.
    • Accompagner les élèves dans leurs apprentissages et dans la construction de leur parcours scolaire, favoriser leur scolarité dès l’âge de deux ans et les accompagner dans la durée, notamment pour leur autonomie dans la prise en charge du travail personnel.
  • La formation et le travail collectif des personnels développés et organisés au sein des réseaux. Les pratiques professionnelles se construisent et se réfléchissent collectivement pour mieux répondre aux besoins des élèves et des personnels. L’organisation du temps de travail des enseignants évolue dans les REP+. 18 demi-journées libérées remplacées dans le premier degré, la pondération des heures d’enseignement dans le second degré permettent des temps réguliers et formalisés/institués de travail et de formation, notamment interdegrés.

    Des formateurs sont formés nationalement pour être aux côtés des équipes et accompagner ces temps qui favorisent le développement d’organisations professionnelles apprenantes.

    Le dispositif « Plus de maîtres que de classes » contribue au développement de ces nouvelles formes de travail. Le travail collectif qu’il induit, la coprésence enseignante en classe qu’il permet favorisent autant par la co-action que par l’observation une meilleure compréhension des difficultés rencontrées par les élèves et une analyse partagée des effets des démarches d’enseignement pour répondre à leurs besoins.

  • La politique d’éducation prioritaire fortement pilotée aux niveaux national, académique et local.

    Le comité de pilotage national veille à l’accompagnement de cette politique dans la durée (liens réguliers avec les académies, organisation nationale de séminaires académiques, production et mutualisation de ressources, formation de formateurs).

    Les académies organisent le pilotage de la formation et de l’accompagnement des personnels de l’éducation prioritaire, la mise en œuvre et le suivi de dispositifs prioritairement dédiés aux REP+ et REP (scolarisation des moins de trois ans, plus de maîtres que de classes, accompagnement éducatif, etc.), l’établissement de lettres de mission spécifiques (formateurs éducation prioritaire, coordonnateurs de réseau, IA-IPR référent).
  • L’école n’agit pas seule et organise des coopérations utiles avec les parents et les partenaires

    Une connaissance et une compréhension mutuelles doivent se construire avec les parents d’élèves. L’enfant doit pouvoir compter sur cette relation de confiance entre sa famille et l’école qui participent toutes deux à son éducation, pour devenir un être singulier, protégé de conflits de loyauté douloureux.

    Avec les partenaires, l’école développe les coopérations nécessaires à une complémentarité des actions autour des besoins identifiés de l’enfant.

Agir autour des six priorités du référentiel