Introduction

Origine du projet

Conformément aux textes réglementaires, tout élève allophone arrivant doit bénéficier d’une évaluation à son entrée dans l’école française. Le présent outil contribuera à l’accueil initial et à une première appréhension des besoins linguistiques et scolaires de l’élève allophone nouvellement arrivé (EANA). La plupart des EANA étant plurilingues à leur arrivée sur le territoire, l’éventail des langues retenues est suffisamment large pour que chaque élève puisse avoir accès, au moins en intercompréhension, à l’une de ses langues familiales ou langues de scolarisation premières.

Contextes

L’évaluation de positionnement des élèves allophones s’inscrit dans une histoire relativement récente mettant la focale sur les compétences acquises par les élèves dans leur cursus scolaire antérieur. Il faut dans ce cadre porter une attention particulière à la question de la « langue d’origine » des élèves.

    Élèves allophones : de qui parle-t-on ?
    Au fil des époques, des contextes historiques et des enjeux politiques, les instructions officielles ont défini de façon diverse les élèves allophones nouvellement arrivés (EANA) en mettant en avant, le plus souvent, la dimension de l’altérité de ces enfants. En effet, la dénomination a pour objectif de construire la catégorie afin que les élèves qui en relèveraient forment un groupe homogène (à l’intérieur de la catégorie), mais par démarcation altéritaire par rapport aux élèves dits « ordinaires » et au cursus dit « normal ». Stéphanie Galligani montre que, selon les époques et les textes, cette altérité a été envisagée sous divers angles, mettant en avant alternativement ou simultanément les critères de nationalité avec « élèves de nationalité étrangère » (circulaire de 2002) ; le parcours migratoire avec « primo-arrivants » et « enfants de migrants » (1986) puis « nouvellement arrivés » (2002 et 2012) ; la biographie langagière avec « non francophones » (1986) ou « allophones » (2012) et, enfin, l’écart par rapport à l’appropriation de la norme du français comme langue de scolarisation : « sans maîtrise suffisante de la langue française ou des apprentissages » (2002 et 2012).

    Avec le texte d’octobre 2012, la définition « élèves allophones » s’efforce de prendre en compte à la fois le parcours migratoire des enfants (« élèves nouveaux arrivants ») et les dimensions langagières et linguistiques en jeu dans les dynamiques scolaires. Apparaît ainsi un terme nouveau : « allophone ». Cette appellation est largement usitée en sciences du langage ou en didactique des langues comme dans le champ de l’éducation ou celui des contextes migratoires. C’est un néologisme récent, peu utilisé en dehors des champs cités et qu’on ne trouve pas encore dans les dictionnaires de sens commun. Comme tout néologisme, « allophone » signe une nouvelle façon de penser et – réciproquement – induit une nouvelle façon de penser. Là où l’appellation « non-francophone » envisageait avec un préfixe privatif l’élève nouvellement arrivé sous l’angle de la lacune, du manque à combler, voire du handicap, l’appellation « allophone » met en avant le préfixe « allo » en référence à la notion d’alter. Il s’agit donc de considérer l’élève allophone comme celui (ou celle) qui parle une autre langue ou qui parle d’autres langues.

    Il y a ainsi un renversement de considération, car cette nomination présuppose des compétences dans des langues autres que le français. Ce faisant, elle reconnaît implicitement la valeur accordée ou à accorder à ces langues et implique que les compétences ou acquis de l’élève allophone sont une ressource (et non un frein) sur laquelle les élèves et les enseignants vont pouvoir s’appuyer en vue de l’appropriation de la langue de scolarisation. Le terme « EANA » invite donc à considérer ces élèves comme des enfants potentiellement plurilingues, en reconnaissant leur parcours et leurs compétences antérieurs.
    Au-delà de cette nouvelle façon de catégoriser les élèves étrangers, l’esprit de la circulaire montre un objectif d’inclusion scolaire affiché, quand bien même des ambiguïtés se font jour dans son interprétation et sa mise en œuvre effective.

    Source : Cécile Goï, Des Élèves venus d’ailleurs, édition Réseau Canopé, 2015, page 27, chap. « des élèves allophones ».

    Objectif du projet

    L’outil éclairera l'enseignant sur les parcours scolaires antérieurs et facilitera la mise en place de stratégies pédagogiques adaptées.
     

    Évaluer les acquis et compétences
    La circulaire de 2012 souligne l’importance de l’évaluation des acquis et compétences de l’enfant dans une langue (ou des langues) qu’il connaît, à l’école élémentaire comme au collège : « Tout élève allophone arrivant bénéficie d’une évaluation menée [qui] met en évidence :

    • ses connaissances en langue française, afin de déterminer s’il est un débutant complet ou s’il maîtrise des éléments du français parlé ou écrit ;
    • ses compétences verbales et non verbales dans d’autres langues vivantes enseignées dans le système éducatif français, notamment en anglais ;
    • son degré de familiarisation avec l’écrit, quel que soit le système d’écriture ;
    • ses compétences scolaires construites dans sa langue de scolarisation antérieure, en mathématiques, par exemple.
    • On pourra s’appuyer sur des exercices en langue première de scolarisation » (Ibid., n.p.).

    Dans le premier degré, ce sont des enseignants qui mènent les évaluations ; dans le second degré, il est préconisé que les CIO soient associés aux évaluations diagnostiques. Celles-ci n’ont pas pour objectif premier de définir le niveau d’affectation de l’élève dans une division, puisqu’il est attendu qu’il soit au plus près de sa classe d’âge. Les éléments apportés par les évaluations doivent permettre d’élaborer un projet pédagogique adapté aux compétences et acquis antérieurs de l’enfant ou du jeune : « Ses compétences dans différents domaines, ainsi que ses centres d’intérêts peuvent constituer des points d’appui pédagogiques importants. Les résultats de ces évaluations permettront d’élaborer les réponses pédagogiques les mieux adaptées.

    La circulaire préconise d’inscrire le nouvel élève dans sa classe d’âge et cela doit demeurer le cas de figure le plus fréquent. Il existe toutefois une certaine latitude en fonction du profil de l’élève : il est possible de proposer l’inscription dans la classe d’âge immédiatement inférieure, voire – dans certains cas exceptionnels – deux années au-dessous (au collège seulement). En aucun cas il n’est envisagé d’inscrire au CP un enfant de dix ans au prétexte qu’il ne saurait pas lire. Le développement cognitif d’un EANA est équivalent à celui des enfants de son âge. Par ailleurs, en dehors de la dimension symbolique et affective d’un décalage d’âge important, ce n’est qu’avec des enfants de son âge que le nouvel élève se trouvera dans des situations de communication où il aura envie de comprendre et de se faire comprendre de ses pairs, et donc de s’approprier le français.

    Source : Cécile Goï, Des Élèves venus d’ailleurs, édition Réseau Canopé, 2015, pp. 47-50.

    Positionner. Le premier objectif est de positionner l’élève allophone nouvellement arrivé (EANA) dans un niveau de classe à partir de ses compétences réellement constatées. Sur la forme, nous avons souhaité que ce test soit simple, rapide et précis, en limitant autant que possible les biais culturels et les ambiguïtés interlinguistiques.

    Construire une progression personnalisée. Il fournit également aux enseignants des éléments pour construire une progression personnalisée pour chaque EANA, en fonction des compétences déjà maîtrisées et des éventuelles lacunes constatées.
    Enfin, il est conforme aux derniers programmes scolaires en vigueur en France à partir de septembre 2016.

    Objectifs des tests

    L’évaluation de positionnement, diagnostique et non formative, permet d’évaluer les compétences de manière précise et de positionner l’élève par rapport aux attentes du système scolaire français. C’est également un élément indispensable pour construire un projet pédagogique adapté aux élèves.

      Cinq niveaux

      Les cinq niveaux de tests couvrent les compétences attendues pour la totalité de la scolarité obligatoire en fin de cycle : fin de cycle 2, fin de cycle 3, fin de cycle 4.
      Pour chaque niveau de cycle, les exercices sont groupés par domaine de compétences et sont classés de manière chronologique de la 1re à la 3e classe du cycle.
      Nous avons fait le choix, pour le cycle 4 de décliner trois niveaux de tests qui correspondent aux trois niveaux de classe pour faciliter le positionnement des élèves au collège.

      Les différents documents des tests

      Chaque niveau comprend trois documents distincts :

      • le test pour l’élève (traduit dans sa langue de scolarisation antérieure),
      • la correction,
      • et la grille de résultats.

      24 langues

      Les tests sont traduits dans 24 langues : albanais, allemand, anglais, arabe, arménien, bulgare, chinois simplifié, espagnol, géorgien, italien, macédonien, monténégrin, pachto, polonais, portugais, roumain, russe, serbe cyrillique, serbe latin, tamoul, tchétchène, thaï, turc et ukrainien.

      Un outil collaboratif

      Nous restons à l’écoute de toutes vos remarques ou propositions de nouvelles traductions dans des langues que nous ne proposerions pas encore. Le principe collaboratif de cet outil doit permettre de mutualiser toute ressource locale au profit de l’ensemble des utilisateurs.