Accompagnement des enseignants remplaçants

PRENDRE EN COMPTE LA DIVERSITÉ DES ÉLÈVES

Bienveillance et sécurité sont les priorités lors d’un remplacement. Il convient de ne pas rester isolé face à d’éventuelles difficultés ou interrogations. Vous pouvez vous rapprocher de votre chef d’établissement, directeur d'école, de ses collègues, de l’infirmier scolaire, des AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap).

Prendre connaissance des informations qui concernent la santé des élèves est primordiale. Les étapes suivantes peuvent vous aider :

Pour le 1er degré

  • Consulter les affichages de la classe
  • Consulter la liste des élèves concernés par un PAI
  • Consulter les emplois du temps des prises en charge des élèves : prise en charge au sein de l’école (Rased), scolarisation à temps partiel, accompagnement par un AESH, soins médicaux extérieurs (dans certains cas, l’élève est autorisé à quitter l’école avec un conducteur de taxi-ambulance)

Pour le 2nd degré

  • Consulter les personnes ressources qui connaissent les élèves concernés par un PAI :
    ⇒ Infirmier scolaire
    ⇒ Accompagnant d’élèves en situation de handicap (AESH)
    ⇒ Professeur principal
    ⇒ Chef d’établissement
    ⇒ Personnels de la vie scolaire : conseiller principal d’éducation (CPE), assistant d’éducation (AED)

Pour le 1er degré

Les documents de suivi de vos élèves doivent être adossés aux fiches de renseignements des élèves. Le directeur d’école possède aussi ces documents, il peut vous aider à les retrouver et à en prendre connaissance.

Pour le 2nd degré

Les documents de suivi de vos élèves doivent être adossés aux fiches de renseignement des élèves. Le professeur principal connaît aussi ces documents, il peut vous aider à les retrouver et à en prendre connaissance.

Le livret de parcours inclusif (LPI) a pu également être mis en place pour l’élève suivi mais cet outil est apparu cette année seulement et n’est peut-être pas mis en œuvre complètement pour l’élève en question.

Lors d’un remplacement, vous pouvez être confronté à une classe présentée comme difficile. Il est important d’anticiper le premier contact avec la classe et de réfléchir à votre posture. Les comportements perturbateurs et les oppositions peuvent être des manifestations secondaires de craintes, de difficultés ou de méfiance. Certaines attitudes de l’enseignant peuvent les renforcer.

Adopter une attitude d’opposition, ou présenter un cadre rigide avec des sanctions prédéterminées, risque d’accentuer la méfiance et de renforcer les oppositions, ce qui provoquera une escalade et un climat délétère. Certaines attitudes à l’inverse vont inspirer la confiance du groupe et provoquer un cercle vertueux d’apaisement.

  • Un comportement stable et constant basé sur le dialogue.
  • Se montrer « transparent » et exprimer ses intentions : exprimer les conditions de sa venue, ses intentions et sa volonté d’avoir un climat de classe agréable.
  • Responsabiliser le groupe en cherchant avec les élèves le fonctionnement qui peut permettre de travailler ensemble sereinement.
  • Désamorcer les comportements d’opposition en demandant l’avis du groupe, en affirmant sa volonté de ne pas entrer en conflit.

Pour approfondir cette question, nous vous conseillons l’ouvrage de Marie Beretti : L’Autorité par la confiance.

Le projet d'accueil individualisé (PAI) est un document écrit qui précise les adaptations à apporter à la vie de l'enfant ou de l'adolescent en collectivité (crèche, école, collège, lycée, centre de loisirs). Il concerne les enfants et adolescents atteints de troubles de la santé comme une pathologie chronique (par exemple, l'asthme), une allergie, une intolérance alimentaire. Les enfants et adolescents atteints d'une maladie de longue durée (par exemple, un cancer) sont aussi concernés.

Le PAI peut concerner le temps scolaire, mais aussi le temps périscolaire, c’est-à-dire les heures qui se déroulent avant et après la classe, et durant lesquelles un encadrement est proposé aux enfants scolarisés. Il se nomme ainsi parfois PAIP (pour « projet d'accueil individualisé périscolaire »). Le directeur d’école ou chef d’établissement peut vous fournir le PAI de vos élèves.

Un accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH) est une aide humaine pour un ou plusieurs élèves en situation de handicap, en fonction de son contrat. Cette personne est là pour aider ces élèves dans les tâches quotidiennes, qu’elles soient scolaires (prise de notes, aide à l’organisation et à la mise au travail, lecture des consignes, manipulation des objets) ou non (déplacements, aide sur les temps méridiens et de pause). Ces missions sont définies dans le projet personnel de l’élève. L’AESH n’est pas responsable de la pédagogie et ne peut donc pas proposer de lui-même des activités pédagogiques ou adapter pédagogiquement les contenus. L’AESH intervient auprès des élèves qui lui sont assignés et pas des autres élèves de la classe. Il est placé sous la responsabilité de l’enseignant. ​​​​​

Un élève dys peut présenter différentes difficultés dans la réalisation de tâches scolaires ou quotidiennes, notamment en ce qui concerne le langage oral ou écrit et la mémorisation. Il existe différents types de troubles dys : dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dyspraxie, dysphasie, troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA ou TDAH). L’élève peut cumuler différents troubles « dys ». Ces troubles ont un impact au niveau de l’attention, la mémoire de travail et à long terme, la distractibilité, le temps de traitement des informations et l’estime de soi. La fatigabilité de ces élèves est à prendre en compte. La double tâche est difficile à réaliser pour eux, quel que soit le trouble dys.

Vous trouverez ici des éléments plus précis quant à ces différents troubles.

Lorsque l'on parle d'élève allophone nouvellement arrivé (EANA), on parle de tout élève entré sur le territoire national depuis moins d'un an maîtrisant une ou plusieurs langues autres que le français, langue de scolarisation.

L'élève non scolarisé antérieurement (NSA) n'a pas les codes de l'école. Il est non-lecteur dans sa langue maternelle. Il a des compétences dans sa ou ses langues, sa culture. Il est important de savoir que l'adaptation d'un EANA/NSA prend du temps car l'élève découvre à la fois l'école et le système scolaire français.

Le français langue de scolarisation (FLSco) est pour ces élèves la langue utilisée pour la construction de savoirs.

Le plan d’accompagnement personnalisé (PAP) est un dispositif qui contractualise les aménagements et adaptations nécessaires dans le parcours scolaire pour des élèves qui rencontrent des difficultés liées à un ou des troubles de l’apprentissage (entre autres les dys). Il concerne aussi bien les élèves du primaire que du secondaire.

Le plan personnalisé de réussite éducative (PPRE) est différent car il s’agit d’un dispositif d’accompagnement de courte durée pour tous les élèves rencontrant des difficultés de maîtrise des connaissances et compétences scolaires.

Il est important :

  • de rester bienveillant, en demandant par exemple à l’élève ce qu’il est capable de faire et en lui proposant de réaliser ce qu’il peut ;
  • de proposer différentes modalités de réponses : l’écrit, à l’oral ;
  • d'avoir recours à des aides numériques (synthèses vocales par exemple).

Enfin, il peut être nécessaire de se rapprocher de ses collègues, du directeur, du professeur principal pour être conseillé.

Il peut être important de :

  • dialoguer avec l’éducateur qui conduit l’enfant à l’école, le coordinateur de la structure d’accompagnement (IME, ITEP, ULIS) et l’enseignant référent ;
  • consulter les comptes-rendus de réunions de suivi (à demander au directeur) ;
  • demander l’emploi du temps de l’élève sur la semaine.

Il peut être important de :

  • dialoguer avec l’élève, les collègues, les CPE, le directeur, la vie scolaire ;
  • référencer par écrit les difficultés remarquées pour faire du lien avec l’enseignant titulaire ;
  • se présenter aux parents, en présence d’autres collègues, après discussion avec la hiérarchie.

Il est primordial de ne pas poser de diagnostic.

  • Rythmer les temps de la séance, éviter des temps trop longs.
  • Concernant les évaluations, penser une graduation du temps de l’évaluation (réduire le temps et les augmenter petit à petit).
  • Voir si des PAP et des PPS sont mis en place : revenir vers le principal ou proviseur adjoint et le PP.
  • Adapter les documents, utiliser la synthèse vocale.
  • S’appuyer sur du concret, des événements du collège ou du lycée.
  • Privilégier la pédagogie de projet. Exemples :
    ⇒ Intégrer un travail régulier dans les séances axé sur le projet afin de rendre concret les notions abordées.
    ⇒ Mettre en valeur de travaux d’élèves en lien avec le projet via un Bookcreator qui se complète au fur et à mesure en mettant un groupe d’élèves responsables de ce travail chaque semaine.
    ⇒ Faire construire par les élèves des jeux de révision pour leurs camarades ou les élèves des autres classes.
  • Mettre en place des défis, des challenges.
  • Mettre en place des activités rituelles de lancement de séance (ex : un mot de lexique de la dernière séance à deviner grâce à sa définition. Ce mot sert de mot de passe pour entrer dans la salle, …).
  • Varier les supports. Exemples :
    ⇒ S'inspirer des propositions proposées sur le site M@ths et tiques
    ⇒ Utilisation du jeu (Imagine, Kosmopoli:t, Maths en scène)
  • Utiliser un fond d’écran interactif permettant de recueillir les éléments du cours, d’avoir des outils de gestion de classe.
  • Réaliser des synthèses de fin de cours pour savoir ce que l’on doit retenir pour s’y appuyer dans la séance suivante et préparer l’évaluation.
  • Mettre en place des feuilles de route (si remplacement court) ou plans de travail (si remplacement long).
  • Proposer des supports de synthèses qui permettent à l’élève de se repérer dans ce qui est essentiel et automatise une démarche (sert de “matrice” pour s’approprier une démarche ou comprendre l’essentiel du cours).
  • Travailler sur l’enrichissement du vocabulaire à travers des activités permettant de proposer aux élèves une meilleure mémorisation (ex : utilisation de l’application “Leximage +”de flashcards numériques).