Deux écoles, deux classes, deux solutions de baladodiffusion Ecoles Jean-Baptiste Charcot de Maule et Anatole France de Beynes (78)

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Baladodiffusion en anglais pour favoriser la compréhension orale et le parler en continu dans une classe de CM1.

Sophie Bouet et Christelle Walton ont expérimenté, en janvier 2017 dans leurs classes de CM1, l’utilisation de solutions de baladodiffusion.

Nous vous proposons ci-dessous leur retour d’usage.

 
Enseignantes en CM1 dans deux circonscriptions différentes (académie de Versailles), nous avons mené conjointement, ma collègue et moi, un travail sur un album en anglais avec l’utilisation de matériel de baladodiffusion. L’objectif de ce travail réalisé en période 3 avec nos élèves (28 dans une classe, 30 dans l’autre) était de favoriser la compréhension orale et le parler en continu, compétences langagières parfois difficiles à développer et à évaluer en groupe classe.
Cette expérience s’est révélée très positive et l’utilisation de baladeurs a été un vrai plus pour les élèves. Nous avons pu constater de réels progrès, aussi bien en réception qu’en production orale. Si la lourdeur de la gestion du matériel, le temps de préparation en amont ainsi que le temps de récupération des fichiers après les séances sont des réalités à ne pas sous-estimer, l’apport de l’outil et les progrès des élèves surpassent cependant ces obstacles.

Bilan technique

Avantages

  • Le logiciel permettant de gérer la flotte de baladeurs est simple d’utilisation. Il possède peu de fonctionnalités et la fonction de diffusion des contenus sur tous les baladeurs en une seule opération est très pratique.
  • Les baladeurs sont protégés par des coques plastiques souples, maniables et très utiles, en particulier lorsque les baladeurs sont entre les mains des enfants…
  • Les baladeurs sont simples à utiliser, les enfants se les sont appropriés très rapidement, aussi bien pour des écoutes de fichiers audio, que pour des visionnages de vidéos ou des enregistrements.
  • La mallette et le sac pour ranger les baladeurs sont eux aussi très pratiques, permettant de transporter facilement le matériel d’un endroit à un autre.

Inconvénients (classés du moins important au plus important)

  • Lorsqu’on diffusait des contenus sur les baladeurs via le logiciel, ce dernier n’affichait pas de message indiquant que les contenus étaient chargés. Il m’est ainsi arrivé plusieurs fois de débrancher des appareils alors que le chargement n’était pas terminé, ce qui m’a conduit à devoir renouveler l’opération de chargement.
  • Pour ce qui est des élèves, ils n’avaient pas la possibilité d’effacer leurs enregistrements sur le baladeur, ce qui a pu apporter une certaine frustration parfois.
  • Connectique : les baladeurs n’étaient pas reconnus de façon systématique lorsqu’on les branchait sur la mallette. Il fallait donc les enlever et les rebrancher un par un sur d’autres ports USB.
  • Comme on pouvait s’y attendre, le temps de manipulation était assez long : pour brancher les appareils tout d’abord, pour récupérer les fichiers audio ensuite (et les renommer de façon organisée et cohérente), et pour y diffuser les contenus enfin.
  • Lorsqu’on supprimait des fichiers, les fichiers n’étaient pas définitivement supprimés mais allaient dans la poubelle. Cela a constitué un vrai problème car les élèves pouvaient y avoir accès malgré tout sur les baladeurs (j’ai dû supprimer, de ce fait, les fichiers manuellement dans l’explorateur afin d’être certaine que les élèves n’y auraient pas accès). De la même façon, les élèves pouvaient écouter la radio sur les baladeurs, il serait intéressant de pouvoir bloquer l’accès à cette fonctionnalité si besoin.

Usages pédagogiques

Nous avons travaillé sur l’album We’re Going on a Bear Hunt de Michael Rosen. Les séances se déroulaient généralement de la façon suivante : dans un premier temps, nous travaillions en groupe classe sur des notions en lien avec l’album (les prépositions/lieux, can/can’t, lexique de la famille ou des sentiments, etc). Nous procédions alors à des exercices (individuels, binômes ou groupe classe selon les objectifs) ou à des activités ludiques (jeu de memory, domino, etc). Puis nous passions dans un deuxième temps sur des exercices avec utilisation des baladeurs, des exercices à la fois de compréhension orale et de parler en continu, que nous avons créés ma collègue et moi « sur mesure ». A noter également qu’en amont de ce projet, nous avions « séquencé » l’album afin de travailler la compréhension de l’histoire de façon progressive.

Apports pour les élèves

  • L’utilisation de baladeurs a été une vraie source de motivation. Les élèves ont été enthousiastes dès l’annonce du projet et le sont restés jusqu’à la fin de la période. La manipulation des appareils, qui intervenait en deuxième partie de séance, a apporté un aspect un peu plus ludique et léger à l’organisation habituelle des séances.
  • Les élèves les plus timides ou les plus « réfractaires » à l’apprentissage de la langue ont pu progresser à leur rythme, sans le regard et le jugement de leurs pairs. Nous avons constaté des progrès chez tous nos élèves et ceux qui n’avaient enregistré qu’une seule phrase voire aucune phrase en début de séquence en ont enregistré plusieurs lors de la dernière séance.
  • Lors des exercices de compréhension orale, les élèves pouvaient écouter les enregistrements autant de fois que nécessaire. Le temps d’exposition à la langue était donc démultiplié et la possibilité de plusieurs écoutes était rassurante pour les élèves les plus en difficulté.
  • De la même façon, les élèves pouvaient s’enregistrer, écouter leur enregistrement et procéder à un nouvel enregistrement s’ils n’étaient pas satisfaits de leur travail ou s’ils souhaitaient l’améliorer. Au-delà de l’aspect rassurant que nous évoquions, cela a également conduit les élèves à plus d’autonomie, ainsi qu’à une prise de recul sur leur travail.

Apports pour l’enseignant

  • L’utilisation de ce type de matériel numérique favorise, nous l’avons dit, la motivation des élèves et leur investissement dans les activités. De ce fait, il est donc plus facile, pour l’enseignant, d’aborder certaines notions ou certains apprentissages.
  • La multiplicité des formats et sources (audio, vidéos, enregistrements) permet à l’enseignant de varier son enseignement et les types d’activités.
  • Un apport majeur, à mon sens, est la possibilité pour l’enseignant, comme pour l’élève, d’utiliser le matériel à son rythme et d’évaluer les élèves de façon plus précise. En effet, l’enseignant peut lui aussi écouter les productions des élèves plusieurs fois si nécessaire, ce qui n’est bien sûr pas possible en groupe classe.
  • Enfin, il faut noter la possibilité de créer des contenus adaptés à chaque élève (ce que nous n’avons pas fait par manque de temps). Autrement dit, cet outil permet de favoriser une pédagogie différenciée.

Le projet ayant été mené sur la dernière période et s’étant terminé juste avant les vacances, nous n’avons pas de retour, à l’heure où nous écrivonsce texte, de la part des parents. Pour en avoir reçu certains en rendez-vous peu avant les vacances, nous savons néanmoins qu’ils ont fait part de leur satisfaction quant à la progression de leur enfant en anglais.

Conclusion

L’expérience menée avec le matériel de baladodiffusion a été très positive et profitable à tous, aux élèves comme à nous, enseignantes. Source de motivation importante pour les élèves, les baladeurs nous ont permis d’atteindre nos objectifs sur la période, à savoir favoriser la compréhension orale et le parler en continu. Si l’utilisation d’une solution de baladodiffusion constitue une charge de travail supplémentaire non négligeable pour l’enseignant, le jeu en vaut cependant la chandelle pour reprendre une expression populaire.

 
Sophie Bouet, professeure des écoles à l’école Jean-Baptiste Charcot de Maule
Christelle Walton, professeure des écoles à l’école Anatole France de Beynes
Emprunt réalisé dans le cadre de Créatice