Des tablettes numériques en cours de mathématiques Collège Jean-François-Champollion, Voisins-le-Bretonneux (78)

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Des tablettes pour un travail au quotidien en cours de maths, dans un projet "Des sciences pour aborder l’avenir".

Retour d’usage sur des tablettes numériques Samsung Galaxy note 9 et un visualiseur Epson, suite au prêt demandé par Karine Tomassini, professeure de mathématiques au collège Jean-François-Champollion à Voisins-le-Bretonneux (78).

Le prêt a été sollicité dans le cadre d’un projet scientifique de 4ème nommé « Des sciences pour aborder l’avenir », monté en partenariat avec la maison de l’environnement de Magny les Hameaux. Une des thématiques forte de ce projet est la découverte et l’appropriation des objets technologiques, s’appuyant sur une réelle réflexion sur leur usage raisonné.
Les tablettes ont donc été utilisées durant toute la période lors des cours de mathématiques des deux classes de 4eme participant au projet.

L’utilisation de la tablette dans les usages pédagogiques 

La tablette au fil des jours est devenue un outil parmi les autres et à ce titre a été absolument banalisées. La plupart des séances n’ont pas été dédiées entièrement à une activité avec les tablettes, celle-ci en occupant une partie seulement. En revanche l’usage a été quasi quotidien.
Chaque tablette portait le nom de 2 élèves de chacune des classes. Les classes se suivant généralement, les tablettes étaient distribuées en début de séance avec l’une et récupérées en fin de séance avec l’autre. Les élèves les avaient donc à leur disposition et pouvaient s’en servir, si nécessaire, au moment opportun. C’est cette disponibilité qui a permis la banalisation de l’usage et la justesse de leur utilisation. Je n’ai pas été confrontée à des tentatives d’usage intempestif en dehors des moments dédiés. Seul un élève n’a pas su résister au désir de se prendre en photo lors d’une activité avec tablette, photo qu’il a spontanément effacée par la suite.
La tablette a donc pris sa place sur les bureaux au même titre que les manuels, les calculatrices, les ardoises blanches.
Il est à noter une grande implication des élèves dans la distribution et le ramassage, ainsi que leur mise en charge. Le matériel a été extrêmement bien respecté. Chaque élève se sentant responsable d’un matériel qu’il appréciait d’utiliser.

Les principaux usages de l’outil 

  • La réalisation de cartes mentales (copie d’écran ci-dessous) sur simple mind free : chaque binôme d’élève a réalisé une carte mentale sur les opérations avec les nombres relatifs. Cette carte a été réalisée et complétée sur plusieurs séances. L’outil a permis aux élèves de produire des compositions d’une très grande qualité, permettant ensuite d’être repris en cours d’arts plastiques et rendu sous forme d’affiches.
    Carte mentale de Ryan et Timothée
  • Le calcul mental en ligne sur automaths.com
    Cette activité a permis une plus grande différentiation des exercices proposés aux élèves en fonction de leurs besoins. L’intérêt par rapport à une séance en salle informatique a été que le travail a pu se faire par petite touches (environ 10/15 minutes) réparties sur plusieurs séances, rendant cet exercice plus digeste pour les élèves, et permettant d’obtenir ainsi une concentration maximale durant toute la durée de l’exercice, et donc une meilleure appropriation des notions.
  • Les QCM en ligne à l’aide de ToReply 
    La souplesse de l’application a permis de répondre aisément aux QCM du manuel voire de répondre de manière impromptue à des questions posées à la volée et d’en exploiter les résultats. Cela a été l’occasion de tester à plusieurs reprises l’apprentissage et la compréhension de notions de cours.
  • La lecture de vidéos 
    Les élèves ont apporté leurs propres écouteurs. Ils ont travaillé en groupe sur un problème ouvert présenté par une vidéo du site « mathix ». Cette activité est habituellement proposée en classe avec double visionnage sur le TNI. Le plus apporté par la tablette a été que les élèves ont pu visionner la vidéo autant de fois que désiré, comme ils peuvent le faire sur un énoncé écrit.
  • La recherche documentaire sur Internet : à l’occasion de questions précises. Vie de Pythagore, taille d’un terrain de foot, vocabulaire… Certains s’en sont également emparés lors de la séance de travail sur le problème ouvert.

L’utilisation du visualiseur pour accompagner la prise en main des tablettes a été un réel plus.

Les usages non abordés par manque de temps

Une séance d’initiation pour les collègues.
L’usage du tableur.
L’usage du visualiseur pour l’étude de copies/cahiers d’élèves.

Les limitations rencontrées 

Les applications utilisées, pour intéressantes qu’elles soient, se sont parfois heurtées à quelques limites qui ont pu s’avérer plus ou moins gênantes.
De même, la qualité du réseau de l’établissement est problématique.
Dans la version gratuite de l’application de cartes mentales, il manque la possibilité d’export du travail.
Pour la partie calcul mental en ligne, l’application utilisée ne permet pas, sans inscription avec une adresse mail, d’enregistrer les résultats. Il donc fallu les reporter manuellement dans un fichier excel. Elle ne permet pas non plus de centraliser les performances.
Dans l’application qui permet de traiter les réponses en ligne à un QCM, l’anonymat des réponses et la possibilité de répondre plusieurs fois à la même question peuvent être problématiques.
Enfin, du fait de la faiblesse de la connexion s’est posé le problème de la dépose de documents. Il a fallu brancher un câble USB et déposer individuellement le fichier voulu sur chaque tablette et faire de même pour récupérer les documents.

Ce qui n’a pas été possible

L’usage de l’appareil photo lors de la sortie au village des sciences (je n’ai pas osé faire sortir les tablettes)
L’utilisation pour l’alimentation du blog des classes à projet sciences (problèmes de connectivité dans l’établissement)
L’échange de fichiers de travail (rédaction sous word, fichiers excels, pdf…). Faire répondre directement les élèves sur ces outils.

Propositions et axes d’amélioration possibles 

Le matériel est de très bonne facture et est simple d’utilisation. La borne wifi est tout à fait suffisante, Internet sur les tablettes est fonctionnel pour un usage ne demandant pas de gros affichages, malgré le faible débit disponible au collège (2 Mo pour tout l’établissement), la mise en place est facile (borne, paramétrage du réseau, visualiseur…).
Cependant :
La valise est d’utilisation aisée mais à l’usage, elle se révèle lourde et encombrante, et donc difficile à déplacer. Ce n’est pas un instrument nomade, surtout s’il faut rebrancher la borne wifi à chaque utilisation.
Pour compléter l’ensemble, il serait utile de rajouter un switch 4/5 ports pour pouvoir brancher l’ordinateur de la classe et la borne wifi sur une seule prise rj45, un câble usb/micro usb pour le transfert des données entre un ordinateur et les tablettes, et une carte mémoire pour le visualiseur pour donner la possibilité de prendre des photos.

Les tablettes en particulier ont été d’une prise en main aisée pour les élèves. Au niveau de la configuration, quelques modifications sont toutefois souhaitables.
Le prérequis Adobe Air permettant le fonctionnement de l’application sésamaths n’était pas présent. La version d’Android proposée ne permet pas l’installation d’une version correcte de Géogébra : pas de tableur, pas de version fluide. (cf point dédié)
De nombreuses fenêtres indiquant la nécessité d’accepter des clauses s’ouvrent, ce qui est déstabilisant pour les élèves.
Il est regrettable qu’on ne puisse pas accéder à Google sur certaines tablettes. L’accès y est très étonnamment refusé.
Dans notre configuration actuelle, je n’ai pas pu « relier » les tablettes à un espace de stockage/échange avec les élèves ce qui a impliqué une lourdeur des déposes de documents et une difficulté de récupération des travaux pour exploitation
 
Les activités sur Géogébra se sont révélées impossibles pour plusieurs raisons.
Pas de tableur intégré dans la version disponible pour cette version d’Android ce qui a empêché la réalisation d’une activité de découverte du théorème de Pythagore.
La fluidité : la version installée n’est pas du tout fluide et beaucoup moins ergonomique que celle sur PC voire celle disponible pour d’autres versions d’Android.
La version proposée est également plus réduite en ce qui concerne la construction en elle-même.
La séance sur Géogébra a été totalement ratée, les élèves ayant d’extrêmes difficultés de manipulation (lenteur, plantage) et même de prise en main (manque d’ergonomie par rapport à la version PC). Ce logiciel étant un incontournable en usage mathématique des outils numériques, c’est un point à ne pas négliger lors du choix de ce type d’équipement.

Conclusion 

Cette expérience a été très enrichissante et a permis de confirmer que les tablettes s’adaptent parfaitement à un usage au quotidien dans le cours de mathématiques. Les élèves les utilisent avec plaisir et apprennent à le faire avec discernement. Certains ont même été plus loin qu’attendu, s’emparant d’outils tels des applications de dessin, de prise de note etc lors de séances de recherche ou sur des problèmes ouverts. La fin du prêt a été très difficile pour eux (et pour moi !) tant cet outil s’est inscrit dans notre pratique.

L’idéal serait vraiment une tablette individuelle fonctionnant dans un environnement avec un bon débit Internet et une possibilité d’accès au réseau local, s’appuyant à la fois sur un corpus d’applications pensées et développées pour nos besoins spécifiques (centralisation des résultats, suivi du travail…) et utilisant la richesse des ressources sur le web.

Karine Tomassini, professeure de mathématiques
Collège Jean-François-Champollion, Voisins-le-Bretonneux (78)

Matériel prêté dans le cadre de Créatice