Des baladeurs en anglais au cycle 3
Ecole Roland Garros de Toussus-le-Noble (78)

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Utilisation d’une mallette de baladodiffusion pour travailler la compréhension et l’expression orales en langue vivante.

Monique Parpaillon a expérimenté, dans des classes de CE2 et CM2 du 2 mars au 13 avril 2015, l’utilisation d’une mallette de baladodiffusion Apple. Ces élèves ont notamment travaillé la compréhension et l’expression orales.

Nous vous proposons ci-dessous son retour d’usage.

Aspects techniques

  • La classe est composée de 13 élèves de CM2 et 6 élèves de CE2. Les élèves de CM2 ont leur séance d’anglais le vendredi de 13H30 à 14H30 pendant que les élèves de CE2 travaillent en mathématiques (géométrie). Les élèves de CE2 de la classe font anglais avec les élèves des autres CE2 de l’école, et avec un autre enseignant qui est présent à temps partiel à l’école, comme moi-même.
  • Le fait d’emprunter ce matériel m’a permis de laisser les élèves de CM2 en relative autonomie (compréhension de texte, répétition de mots, de structures et langage oral), le travail était plus cadré avec les élèves de CE2.
  • Prise en main par les élèves
    En une séance, les élèves ont acquis l’usage des iPods : écouter un enregistrement, s’enregistrer dans le menu « mémos vocaux », visualiser une vidéo.
  • Problèmes rencontrés dans la gestion de classe
    • Obtenir que les élèves de CM2 utilisent au maximum la langue anglaise lors de leurs enregistrements, ce qui a été le cas pour les exercices de répétition de sons, de mots et d’expressions mais plus rarement lors des enregistrements à 2 ou 3 où parfois se sont mêlés des mots en français.
    • La préparation des séances est très importante : recherche de documents sonores correspondant aux compétences à acquérir et à la programmation prévue, adaptation de ces documents (découpage en plusieurs parties par exemple), création de supports écrits.
    • Enfin l’écoute et l’analyse (rechercher les points de prononciation à corriger par exemple) des enregistrements d’une séance prennent aussi beaucoup de temps.

Aspect humain

  • Les élèves ont apprécié d’avoir des séances d’anglais franchement différentes, et surtout d’avancer à leur rythme. Voici quelques témoignages.
    • « C’était super cool car on écoutait de la musique et on regardait des vidéos et on fait tout ça soi-même. »
    • « Je pense ou espère qu’on refera du travail sur baladeurs. »
    • « C’est très bien car on peut s’écouter. J’aime plus l’anglais qu’avant. »
    • « J’ai bien aimé car on pouvait écouter beaucoup de fois sans déranger les autres et écouter ses erreurs. »
    • « Je pense que c’est une très bonne idée car la maîtresse peut nous évaluer un par un sans perdre de temps et les CE2 ont la maîtresse pour plus d’explications. »
    • « J’adore car on n’entend pas ce que disent les autres et j’aime bien m’enregistrer. »
    • « J’ai bien aimé car j’ai jamais eu d’iPod ni d’écouteurs. J’ai adoré, c’est une vraie expérience. C’est juste dommage qu’on ne pouvait pas filmer. » (Remarque de l’enseignante : je n’avais pas prévu de filmer les dialogues, ce qu’ont regretté plusieurs élèves.)
    • « C’était plutôt cool même si les exercices qu’on devait faire étaient plutôt durs et que je n’arrivais pas très bien à prononcer. Mais c’était vraiment très bien et ce serait mieux si la maîtresse les empruntait à nouveau. »
  • Les élèves, certains plutôt passifs habituellement, se sont lancés dans les exercices sans appréhension. Leurs progrès ont été importants. Ils n’ont pas considéré le baladeur comme un outil scolaire et se sont beaucoup plus impliqués dans leurs apprentissages.

Apport du matériel dans la pratique du cours, démarche pédagogique, apport des TICE

  • Les 13 élèves ont des niveaux très différents en anglais, certains s’investissent bien, d’autres ont « peur », de parler devant les autres. Les IPods ont permis de lever ce frein.
  • J’ai réalisé la plupart des séquences selon le schéma suivant (sur 2 ou 3 séances) :
    • préparation du vocabulaire nécessaire (collectif)
    • écoute individuelle d’un court texte (1 à 2 min), autant de fois que nécessaire
    • expliquer en français (voire en anglais pour les plus performants), par écrit, ce qu’ils ont compris ; pour les premières séances, confrontation collective de la compréhension
    • compléter un texte à trous (vocabulaire ou expression connus) en réécoutant l’enregistrement ; correction (soit collective, au début, soit en autocorrection par la suite)
    • texte repris ensuite collectivement
    • lecture enregistrée du texte : si dialogue, lecture et enregistrement en binômes ; création d’un petit texte sur le modèle écouté (seul ou à 2) puis enregistrement de ce texte
    • visionnage d’une petite histoire en vidéo, assez difficile, (dessin animé) : compréhension, repérage des structures répétitives, après préparation du vocabulaire (The three billy goat gruffs)
  • J’ai réalisé une deuxième étape en lien avec des histoires à raconter : préparation du vocabulaire en « vivant » les actions et en découvrant le vocabulaire et les expressions par des exercices physiques dans la cour de récréation, en utilisant aussi des flash-cards pour donner le contexte de l’histoire (We’re going on a bear hunt).
  • L’apport pédagogique de ce matériel est immense ; les progrès réalisés par les élèves sont très importants : prononciation, intonation dans les phrases, réinvestissement en écrivant des petits textes puis en s’enregistrant, travail à deux sur des dialogues.
  • Il faudrait pouvoir bénéficier d’une solution de baladodiffusion à l’année de façon à varier les modes d’enseignement de la langue vivante. En effet, la période d’emprunt étant courte (6 semaines), j’ai utilisé au maximum le matériel pendant les séances d’anglais. Et je me suis limitée à l’anglais pour des questions de temps de préparation, et du fait de mon temps partiel à l’école. Ce serait intéressant de l’utiliser aussi dans d’autres disciplines (par exemple en orthographe pour aider des élèves en difficulté ou pour stimuler d’autres élèves à la recherche de plus de complexité ; en histoire pour proposer des documents sonores différents, …).

Monique Parpaillon, professeure des écoles à l’école Roland Garros de Toussus-le-Noble
Emprunt réalisé dans le cadre de Créatice